Quick Links

9ème Institut d'été de jurilinguistique - La lexicographie juridique

Faculté de droit, Université McGill
Montréal, Québec, Canada, 10 juillet 2015

C’est avec grand plaisir que le Centre Paul-André Crépeau de droit privé et comparé, avec les autres membres du Réseau des centres de jurilinguistique, vous invite à prendre part à ce rendez-vous annuel incontournable.

Pour sa neuvième édition, l’Institut d’été de jurilinguistique se penchera sur le thème de la lexicographie juridique. Les inscriptions sont ouvertes!

Les dictionnaires recensent, traduisent et définissent, ils constituent les témoins privilégiés des évolutions du vocabulaire juridique. Les dictionnaires mettent en lumière les enjeux pratiques et théoriques quant à l’accessibilité et à la maîtrise des mots du droit. Ils sont également au cœur des réflexions relatives à la recherche d’un langage commun dans un contexte multilingue, voire plurijuridique. Ainsi, la place et le rôle des dictionnaires comme outil majeur de la connaissance juridique constitueront le fil conducteur des contributions de cette journée. Leur utilisation, la méthodologie ou encore les différents modèles empruntés seront ainsi abordés tant dans une perspective nationale qu’internationale.

Les contributions se répartiront entre des séances plénières et des ateliers parallèles. Le programme et les résumés des contributions sont disponibles ci-dessous.

L’évènement est accrédité comme formation continue obligatoire auprès du Barreau du Québec (5,5 heures).

8h45

Inscription

Atrium, Faculté de droit

Un déjeuner sera servi aux participants.

9h15

Mot de bienvenue du doyen de la Faculté de droit : Daniel Jutras

9h20

Séance plénière : REGARDS CROISÉS

Salle du Tribunal École

  • Olivier Moréteau (Université de Louisiane), Un nouveau dictionnaire du droit civil en anglais
  • José Lefebvre (Université de Picardie), Le projet Dicodex
  • Daniel Boyer (Université McGill), Regards comparés sur les dictionnaires européens et québécois

Modératrice : Yaëll Emerich (Université McGill)

11h00

PAUSE

11h25

Atelier parallèle 1A

Salle 101

  • Christian Després (Cour suprême du Canada), La traduction des arrêts de la Cour suprême du Canada – défis et contraintes sur le plan terminologique

Modératrice : Laurence Bich-Carrière (Lavery)

Atelier parallèle 1B

Salle 102

  • Patrick Forget (UQAM), De certaines retombées du traitement lexicographique de la combinatoire des termes juridiques

Modératrice : Vera Roy (SOQUIJ)

12h10

LUNCH

13h30

Atelier parallèle 2A

Salle 101

  • Sylvie Léger (Association des juristes d'expression française de l'Ontario), Découverte de la bibliothèque virtuelle Jurisource.ca

Modérateur : Jean-Paul Chapdelaine (Ministère fédéral de la Justice)

Atelier parallèle 2B

Salle 102

  • François Legoupil (Université de Sainte-Boniface), JUSTICE aux normes d’écriture!

Modératerice : Régine Tremblay (Université de Toronto)

14h15

PAUSE / DÉPLACEMENT DE SALLE

14h30

Atelier parallèle 3A

Salle 101

  • France Allard (Ministère fédéral de la Justice),
  • Alexandra Popovici (Université McGill),
  • Gérard Snow (Centre de traduction et de terminologie juridiques, Université de Moncton), Panel de discussion : Écrire un dictionnaire juridique

Modérateur : Shauna Van Praagh (Université McGill)

Atelier parallèle 3B

Salle 102

  • Olivier Charbonneau (Université Concordia), Les dictionnaires et le réseau

Modérateur : Anne-Sophie Hulin (McGill)

15h15

PAUSE

15h40

Séance plénière : LES MOTS DU DROIT

Salle du Tribunal École

  • Isabelle Pingel (Université Paris I), Les mots du droit dans l’Union européenne
  • Ethel Groffier (Centre Paul-André Crépeau), Le pouvoir des mots

Modérateur : Robert Leckey (Université McGill)

16h50

Mot de clôture du directeur du Centre Paul-André Crépeau: Robert Leckey

17h00

COCKTAIL

 

Résumés

Olivier Moreteau : Un nouveau dictionnaire du droit civil en anglais

Le Dictionary of the Civil Code, traduction en anglais de plus de 1600 entrées du Vocabulaire juridique de Gérard Cornu publié sous l’égide de l’Association Henri Capitant des amis de la culture juridique française, présente aux lecteurs, juristes et non juristes, les notions essentielles du Code civil français. Clef de la compréhension du droit civil à travers sa terminologie traduite et expliquée en anglais, les définitions sont enrichies par des références puisées dans le Code civil de Louisiane. Cet ouvrage de référence de la culture juridique française et civiliste est un outil essentiel pour les comparatistes, les civilistes, les jurilinguistes et les traducteurs.

José Lefebvre : Le projet DICODEX

Le projet DICODEX a consisté en l’exhumation des définitions adoptées par le codificateur français. Cette recherche était soutenue par l’Agence Nationale de la Recherche et par deux équipes de recherche de l’Université de Picardie – Jules Verne, l’une juridique (CEPRISCA) et l’autre linguistique et lexicologique (CERCLL–LESCLAP). Elle était menée par 25 enseignants chercheurs et professionnels du droit.

Un travail méthodologique a été mené quant à la détermination de la définition qui devait être recherchée dans les codes ainsi que sur les modalités de son exhumation. Le fruit de la recherche est important quantitativement et qualitativement. Plus de 6.700 définitions ont été dégagées. Un premier travail d’exploitation a permis de comprendre que la langue du codificateur français peut s’affronter à la langue commune aux fins de construction et d’organisation de la société. La forme et le fond des définitions dégagées conduisent également à s’interroger sur le sens même de la définition en droit, sa valeur et sa portée

Daniel Boyer : Regard comparé sur les dictionnaires européens et québécois

Les dictionnaires et les encyclopédies de droit : à quoi bon? Plusieurs soutiennent que les dictionnaires de droit sont devenus des objets pittoresques depuis la généralisation de l’informatique et que leur utilité se borne à des bouées de sauvetage pour les apprentis juristes. Or, rien n’est plus loin de la vérité. Ces outils fondamentaux ne sont rien de moins que des portes d’entrée dans la connaissance du droit puisqu’ils en révèlent la charpente structurale. Tour d’horizon du corpus juris à des travaux récents illustrant la pertinence de ces publications.

Patrick Forget : De certaines retombées du traitement lexicographique de la combinatoire des termes juridiques  

La mise en évidence de la combinatoire des termes juridiques, notamment dans la cadre de travaux lexicographiques, permet d’affiner notre connaissance de la langue du droit. Dans le cadre de cet atelier, nous montrerons que la mise en évidence de cette combinatoire des termes juridiques permet aussi d’offrir un regard privilégié sur les relations conceptuelles du droit ainsi que, parfois, sur des questions de régime que soulèvent ces relations conceptuelles.

Christian Després : La traduction des arrêts de la Cour suprême du Canada – défis et contraintes sur le plan terminologique

Cour générale d’appel pour l’ensemble du pays, la Cour suprême du Canada dit le droit en dernière instance simultanément dans les deux langues officielles, et ce, dans toutes les branches du droit – tant en common law qu’en droit civil québécois – et dans tous les secteurs de l’activité humaine. Tous ces facteurs et bien d’autres ne manquent pas de présenter  certains défis pour les jurilinguistes de la Cour, défis qui sans leur être propres sont parfois amplifiés par des contraintes particulières. La description du processus de préparation des arrêts de la Cour et de leur traduction, accompagnée de quelques exemples, permettra d’illustrer ces défis.

Sylvie Léger : Découverte de la bibliothèque virtuelle Jursisource.ca

Jurisource.ca est le portail pancanadien de ressources juridiques et terminologiques destiné à appuyer les professionnels de la justice dans leur travail au quotidien. Cette bibliothèque virtuelle, composée d’un puissant moteur de recherche, recense des milliers de ressources telles que des modèles d’actes, des lexiques, des listes de contrôle, des outils de formation professionnelle, des dossiers thématiques, des ressources terminologiques, des lois, de la jurisprudence, etc. Jurisource.ca s’adresse aux intervenants du milieu de la justice du Canada, comme les langagiers, les juristes, les juges, les parajuristes, les officiers de la cour, le personnel de soutien, ou les étudiants en droit.

François Legoupil : La consolidation du français juridique

Développé par la Division de l’éducation permanente pour le Centre de ressources en français juridique de l’Université de Saint-Boniface, avec le soutien du ministère de la Justice, le cours en ligne  « Consolidation du français juridique de correspondance » s’adresse au personnel de soutien juridique désireux de consolider ses connaissances linguistiques à l’écrit et à l’oral en français. Le cours comprend des activités interactives, des questionnaires, des fiches grammaticales claires et pratiques, des ressources en ligne et un forum, conçus pour donner l’occasion aux apprenants et apprenantes de revoir en autoapprentissage les conventions qui s’appliquent au protocole téléphonique et à des documents écrits qu’ils manipulent quotidiennement dans le domaine de la justice tels que la lettre, le courriel et le procès-verbal. Soucieuse de proposer un matériel au contenu riche en vocabulaire juridique, l’équipe d’élaboration a surtout mis l’accent sur les difficultés auxquelles font face les utilisateurs du français juridique en contexte minoritaire en proposant des stratégies et des ressources afin de relever ces défis.

France Allard, Alexandra Popovici, Gérard Snow : Écrire un dictionnaire juridique

Cet atelier prendra la forme d’un panel de discussion autour des enjeux relatifs à la constitution d’un dictionnaire juridique. À la lumière de leurs diverses expériences lexicographiques, les panélistes échangeront autour des thématiques suivantes: les genres de dictionnaire et l'influence du contexte canadien, les modèles de définition, la méthodologie des travaux lexicographiques, le rapport entre le vocabulaire juridique et les usages ou encore l'enjeu du format.

Olivier Charbonneau: Les dictionnaires et le réseau

Le comité technique du projet des dictionnaires a pour objectif d'aviser les chercheurs du Centre Paul-André Crépeau concernant les opportunités offertes par les outils numériques. Cette présentation se veut un survol des travaux effectués, avec une emphase sur l'articulation théorique du potentiel des nouvelles technologies dans un contexte de dictionnaires de droit civil. La première partie traitera des dictionnaires "dans" le réseau, c'est à dire Internet et les thèmes des données libres, les outils d'édition et les données liées (linked data). La seconde partie explorera les dictionnaires "en" réseau et vise à articuler un programme de recherche en lien avec le concept du réseau souvent associé aux humanités numériques.
Il est possible de suivre la réflexion sur le carnet de recherche de l'auteur suivant ce lien vers une série de billets:
http://www.culturelibre.ca/tag/dictionnaires/

Isabelle Pingel : Les mots du droit dans l’Union européenne

Avec 24 langues officielles, 552 combinaisons linguistiques, 30 systèmes juridiques, le besoin de définition(s) est patent dans l’Union européenne. Tous les procédés définitoires sont employés, avec des buts différents. Les « faiseurs » de définition étant nombreux (Commission, Conseil, Cour de justice pour ne citer que les principaux), les conflits et confusions sont potentiellement explosifs. Des moyens sont à l’œuvre pour les éviter, comme le partage des sources (avec la base IATE notamment).

Éthel Groffier : Le pouvoir des mots

On peut se demander si les mots en général et les mots du droit également servent simplement à désigner ou s’ils exercent une influence sur les locuteurs et, par suite, sur les réalités auxquelles ils se réfèrent. Cette question rejaillit sur la conception du  rôle du lexicographe. Doit-il adopter la prudence de ses précurseurs de l’Ancien Régime, tels que Boucher d’Argis ou Ferrière, qui se bornaient le plus souvent à constater l’usage ou doit-il, au contraire, adopter une attitude normative? Et si oui, celle-ci doit-elle dépasser la correction des emplois fautifs,  le néologisme ou la traduction créative pour atteindre un certain activisme – féminisation, définition critique… Et s’il en était ainsi, la nécessaire remarque à vocation encyclopédique ne tendrait-elle pas vers le mini traité?