Pollution de l’air : PM2,5, le tueur silencieux

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Plus de la moitié de la population mondiale n’est pas protégée par des normes adéquates de qualité de l’air
Publié: 17mars2021

Chaque année, des millions de personnes meurent prématurément de maladies et de cancers causés par la pollution atmosphérique. Notre première ligne de défense contre cette hécatombe est l’établissement de normes de qualité de l’air ambiant. Or, des chercheurs de l’Université McGill nous apprennent que plus de la moitié de la population mondiale est privée de la protection que confèrent ces normes.

La pollution de l’air varie grandement d’une partie du monde à l’autre. Mais qu’en est-il des principaux remparts à notre disposition? Pour répondre à cette question, des chercheurs de l’Université McGill se sont penchés sur les normes de qualité de l’air dans le monde; leur étude a été publiée dans Bulletin de l’Organisation mondiale de la Santé.

L’équipe a étudié la pollution de l’air causée par les particules fines, les PM2,5, responsables d’environ 4,2 millions de morts prématurées par année dans le monde. Plus précisément, on dénombre plus d’un million de morts en Chine, plus d’un demi-million en Inde, près de 200 000 en Europe et au-delà de 50 000 aux États-Unis.

« D’après Santé Canada, la pollution atmosphérique cause environ 5 900 décès par année au pays. Cela veut dire que tous les trois ans, la pollution de l’air tue presque autant de Canadiens que la COVID-19 en a tué jusqu’à maintenant », fait observer Parisa Ariya, coauteure de l’article et professeure aux Départements des sciences atmosphériques et océaniques et de chimie de l’Université McGill.

Petites, mais mortelles

Les PM2,5 sont les polluants atmosphériques les plus meurtriers dans le monde. Ces particules de moins de 2,5 microns sont si fines qu’un globule rouge peut en contenir des milliards.

« Nous avons pris des mesures exceptionnelles pour protéger les populations contre la COVID-19, mais nous n’en faisons pas assez contre les millions de morts évitables que provoque chaque année la pollution atmosphérique », constate Yevgen Nazarenko, associé de recherche à l’Université McGill, qui a mené l’étude en collaboration avec Devendra Pal, sous la direction de la Pre Parisa Ariya.

Les chercheurs constatent que là où des normes sont en vigueur, elles sont souvent bien inférieures au niveau jugé sécuritaire par l’Organisation mondiale de la Santé. Dans de nombreuses régions comptant parmi les plus polluées de la planète, par exemple le Moyen-Orient, on ne mesure même pas les PM2,5. En outre, ont-ils observé, les normes de qualité de l’air les plus laxistes sont souvent violées, en particulier dans des pays comme la Chine et l’Inde. Et inversement, les normes les plus strictes sont souvent respectées, comme c’est le cas au Canada et en Australie.

Fait étonnant, les chercheurs ont découvert qu’une forte densité de population ne nuisait pas forcément à la lutte contre la pollution atmosphérique. En effet, plusieurs pays comportant des zones densément peuplées réussissent à édicter et à faire respecter des normes strictes, notamment le Japon, Taïwan, Singapour, le Salvador, Trinité-et-Tobago et la République dominicaine.

« Notre étude montre qu’il faut instaurer de toute urgence, dans plus de la moitié du monde, des normes adéquates de concentration des PM2,5 dans l’air ambiant. La mise en place de normes de qualité de l’air partout dans le monde sauvera un nombre incalculable de vies. De plus, les normes doivent être uniformisées à l’échelle planétaire », affirme Yevgen Nazarenko.

« Quant aux pays développés, ils doivent faire mieux eux aussi pour purifier l’air ambiant afin de sauver des centaines de milliers de vies chaque année », ajoute-t-il.

 À propos de l'étude

L’article « Air quality standards for the concentration of particulate matter 2.5, global descriptive analysis », par Yevgen Nazarenko, Devendra Pal et Parisa A. Ariya, a été publié dans le Bulletin de l’Organisation mondiale de la Santé.

DOI : http://dx.doi.org/10.2471/BLT.19.245704


L’Université McGill

Fondée en 1821 à Montréal, au Québec, l’Université McGill figure au premier rang des universités canadiennes offrant des programmes de médecine et de doctorat. Année après année, elle se classe parmi les meilleures universités au Canada et dans le monde. Établissement d’enseignement supérieur renommé partout dans le monde, l’Université McGill exerce ses activités de recherche dans deux campus, 11 facultés et 13 écoles professionnelles; elle compte 300 programmes d’études et au-delà de 40 000 étudiants, dont plus de 10 200 aux cycles supérieurs. Elle accueille des étudiants originaires de plus de 150 pays, ses 12 800 étudiants internationaux représentant 31 % de sa population étudiante. Au-delà de la moitié des étudiants de l’Université McGill ont une langue maternelle autre que l’anglais, et environ 19 % sont francophones.

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