Chasse et climat dans l’Arctique

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McGill Newsroom

Une température minimale de -3 °C est associée à une augmentation du nombre d’opérations de recherche et sauvetage au Nunavut, ce qui compromet les activités traditionnelles de chasse chez les Inuits

Le nombre d’opérations de recherche et sauvetage a plus que doublé au Nunavut au cours de la dernière décennie. Selon les habitants des communautés de ce vaste territoire du Nord canadien, les changements climatiques contribuent à faire de la chasse une activité plus risquée au printemps et à l’automne.

Les résultats d’une nouvelle étude montrent l’existence d’un lien étroit entre les conditions environnementales et le nombre d’opérations de recherche et sauvetage au Nunavut, ce qui pourrait permettre aux scientifiques de mieux comprendre l’impact des changements climatiques sur les populations inuites.

« La chasse et les déplacements terrestres et maritimes constituent des composantes essentielles de la sécurité alimentaire et de l’identité culturelle de nombreux habitants du Nunavut. Or, les changements climatiques menacent ce mode de vie pour les Inuits », affirme Dylan Clark, membre du Groupe de recherche sur le changement climatique dirigé par James Ford, professeur de géographie à l’Université McGill.

 

Essence et opérations de recherche

Pour réaliser cette étude, Dylan Clark a eu recours à des données du Secrétariat national Recherche et sauvetage sur les opérations de recherche effectuées en 2013 et 2014 au sein de diverses communautés du Nunavut, ainsi qu’à des enregistrements de phénomènes météorologiques d’Environnement Canada. Il a également analysé des données sur les ventes d’essence dans les communautés du Nunavut afin de répertorier les journées pendant lesquelles les habitants de ce territoire ont été les plus susceptibles de se déplacer en véhicule tout-terrain, en motoneige ou en bateau.

« Nous voulions être en mesure de dire qu’aucune mission de recherche n’a été nécessaire certains jours alors qu’il y avait beaucoup de monde à l’extérieur, tandis que d’autres jours, il a fallu déployer des équipes de secouristes alors qu’il y avait très peu de monde dehors », explique Dylan Clark. « Or, quel temps faisait-il ces jours-là? »

Les travaux de Dylan Clark lui ont permis de déterminer que le risque culmine lorsque la température avoisine les -3 °C, ce qui vient confirmer les affirmations des habitants des communautés locales.

« Cette étude nous permet de franchir une étape de plus vers la compréhension de l’impact des changements climatiques sur la sécurité terrestre », affirme Dylan Clark. « Les chasseurs devront sans doute prendre des précautions supplémentaires avant de s’aventurer à l’extérieur ces jours-là, et les équipes bénévoles de recherche et de sauvetage devront s’assurer d’être prêtes à intervenir. Maintenant que nous savons que le risque augmente en présence de certaines conditions environnementales, nous devrons replacer nos recherches dans un contexte plus large afin de comprendre comment les changements sociaux et environnementaux interagissent pour modifier le risque. »

L’article The role of environmental factors in search and rescue incidents in Nunavut, Canada, par D. G. Clark, J. D. Ford, L. Berrang-Ford, T. Pearce, S. Kowal et W. A. Gough a été publié dans la revue Public Health. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27423419

 

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