Les nouvelles frontières de la recherche sur la SP

L’amélioration des traitements passe inexorablement par les patients et les essais cliniques

Les patients sont au cœur de deux nouveaux projets entrepris au Neuro pour aider à comprendre la cause de la sclérose en plaques (SP) et à traiter la maladie. Le premier projet s’articule autour de patients et de nouveaux traitements, tandis que le second porte sur la collecte et l’analyse de données de patients versées dans une nouvelle base de données exhaustive.

Appelée Data Extraction in Multiple Sclerosis To Inform Future Interventions (extraction de données relatives à la SP pour orienter les interventions futures), ou DEMySTIFI, cette nouvelle base de données fera partie du référentiel C-BIG du Neuro, une imposante collection d’échantillons biologiques et de données radiologiques et génétiques provenant de patients atteints de troubles neurologiques et de sujets témoins en santé. Conformément à la politique sur la science ouverte du Neuro, ces données seront mises sans frais à la disposition du milieu scientifique mondial.

« L’empreinte de la SP au Neuro est considérable : environ 4 000 patients fréquentent notre clinique de SP et approximativement 50 membres du personnel y font des études cliniques et de laboratoire », explique le directeur de la clinique, le Dr Paul Giacomini, qui dirige le projet DEMySTIFI. « Nous pouvons faire progresser considérablement le secteur en colligeant les données cliniques des patients et en utilisant le nouveau référentiel de données biologiques pour mieux analyser et comprendre les nuances de la maladie ».

La SP évolue différemment selon qu’un patient a la forme cyclique ou la forme progressive de la maladie.

« Certains patients ont une forme légère de SP et peuvent vivre des années sans rechute. D’autres font de nombreuses rechutes malgré un traitement agressif. Selon nous, la collecte du plus grand nombre de données possible et leur analyse à l’aide des nouveaux moyens que procure la science des données, dont l’apprentissage machine et l’intelligence artificielle, offrent les meilleures chances de comprendre la raison de ce phénomène. En appliquant nos nouvelles connaissances aux nuances dégagées de cet ensemble de données, nous espérons être en mesure de mieux prédire qui réagira bien ou mal aux différents traitements. »

Le Dr Giacomini et ses collègues, dont les Drs Douglas Arnold et Louis Collins, s’attendent à ce que DEMySTIFI leur permette éventuellement d’adapter le choix des traitements aux patients individuels.

« L’oncologie fait déjà appel à la médecine personnalisée pour soigner les tumeurs de patients en fonction de marqueurs et de récepteurs spécifiques », explique-t-il. « Nous avons espoir que DEMySTIFI nous donnera les outils requis pour traiter la SP de la même façon, afin d’administrer à chaque patient le traitement le plus sécuritaire et efficace possible, compte tenu de sa situation. »

DEMySTIFI inclura des données recueillies lors des plus récents essais cliniques sur la SP.

« L’utilisation d’inhibiteurs de BTK figure parmi les nouveaux développements prometteurs du domaine », affirme le Dr Alexander Saveriano, un des neurologues qui supervise les essais cliniques sur la SP au Neuro. « Les inhibiteurs de BTK agissent sur l’effet des cellules B dans le système nerveux central. Les cellules B jouent un rôle important dans le processus inflammatoire de la SP. »

Les cellules B ne contribuent pas toutes à l’inflammation cependant, et certaines parties de ces cellules pourraient même avoir un effet anti-inflammatoire.

« Certaines thérapies dont le but est de tuer les cellules B ont déjà été approuvées », poursuit le Dr Saveriano. « Les inhibiteurs de BTK nuisent au fonctionnement des cellules B en prévenant leur activation. Ils ont également des effets sur les macrophages, un type de cellules du système immunitaire qui intervient de plusieurs façons dans la sclérose en plaques. Les inhibiteurs de BTK ont également pour avantage de pénétrer plus facilement dans le système nerveux central que les anticorps de plus grande taille utilisés pour traiter la maladie. »

L’ofatumumab, qui cible les cellules B, est le plus récent médicament approuvé au Canada pour traiter les patients atteints de la forme cyclique de la SP.

« L’ofatumumab s’est avéré très efficace lors d’essais cliniques, dont certains auxquels a participé le Neuro. Le médicament peut être administré de façon sous-cutanée à la maison, ce qui constitue un avantage par rapport à un autre produit d’efficacité semblable, l’ocrélizumab, qui doit être administré de façon intraveineuse en milieu clinique. »

Aucune thérapie basée sur l’utilisation d’inhibiteurs de BTK n’a encore été autorisée pour le traitement de la SP. Le Dr Saveriano veut recruter des patients atteints de SP prêts à participer à des essais cliniques sur les inhibiteurs de BTK.

« Nous espérons recruter de 10 à 15 personnes environ. Certains patients ne seront pas admissibles cependant, parce qu’ils ont déjà été traités de façon efficace au moyen d’une thérapie approuvée. »

Les patients atteints de SP qui souhaiteraient participer aux essais cliniques peuvent obtenir des renseignements supplémentaires à l’adresse https://cru.mcgill.ca/fr/sp/ ou auprès de Sean Carlin, à sean.carlin [at] mcgill.ca

Le Neuro 

Le Neuro est un institut de recherche et d’enseignement de McGill, qui offre des soins de haut calibre aux patients, est la pierre angulaire de la Mission en neurosciences du Centre universitaire de santé McGill. Nous sommes fiers d’être une institution Killam, soutenue par les fiducies Killam.

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