Dissémination de la bactérie E. coli entre les humains et les chimpanzés dans un parc faunique d’Ouganda

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La résistance aux antibiotiques chez les primates permet de constater la transmission de la bactérie

La toute nouvelle découverte de la transmission de la bactérie E. coli entre les chimpanzés et les humains dans une réserve d’espèces sauvages protégée pousse les chercheurs à se pencher sur les répercussions possibles sur la santé des populations locales, surtout depuis qu’on a découvert que certaines souches de la bactérie résistent aux antibiotiques humains. On peut lire leurs conclusions à ce sujet dans le numéro d’avril de la revue Biological Conservation.

Le Dr Colin Chapman, qui travaille en Ouganda depuis 1989 et qui est titulaire d’une chaire de recherche du Canada sur l’écologie et la conservation des primates à McGill, fait partie d’une équipe de scientifiques formée, entre autres, de chercheurs de l’Université de l’Illinois et de l’Université Makerere à Kampala, en Ouganda. Ils ont comparé les souches de la bactérie E. coli chez les chimpanzés du parc national de Kibale par rapport à des souches chez les humains travaillant au parc.

On a découvert au moins une bactérie E. coli isolée résistante à un antibiotique chez plus de 81 % des humains et 4,4 % des chimpanzés étudiés. Étant donné que les antibiotiques n’ont jamais été utilisés chez les espèces sauvages de la région, ces résultats indiquent clairement que la bactérie a été transmise par les humains.

« Nous ne savons pas encore si la bactérie se transmet directement par le contact entre les humains et les primates ou si celle-ci provient de la même source » affirme le Dr Chapman. Il ajoute que la réponse à cette question sera le principal centre d’intérêt de la prochaine étape de la recherche.

La transmission entre les espèces n’est pas un fait nouveau. On croit que le virus de l’immunodéficience humaine (VIH/sida) et le virus d’Ebola proviennent des primates. Cependant, c’est la toute première fois qu’on découvre une bactérie résistante aux antibiotiques chez les chimpanzés d’Afrique.

« Ce virus constitue une autre menace pour les espèces gravement menacées d'extinction » affirme le Dr Chapman. « Nous devons donc en faire plus pour protéger les chimpanzés et autres primates ». Le risque de contracter une maladie des espèces sauvages demeure « très faible, bien qu’il ne soit pas aussi faible que nous le pensions ».

Internet : Biological Conservation

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