La prise de contraceptifs oraux peut réduire les blessures au genou

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Par le passé, les contraceptifs oraux ont eu mauvaise presse. Voici maintenant de bonnes nouvelles à leur sujet. Non seulement la prise de contraceptifs oraux contribue-t-elle à éviter la grossesse mais elle permettrait également d'empêcher les blessures au genou. C'est ce qu'ont constaté des chercheurs de l'Université McGill et du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

Ces nouvelles données, publiées récemment dans le Clinical Journal of Sports Medicine, indiquent que les articulations du genou d'athlètes féminines prenant des contraceptifs oraux sont probablement plus stables que celles n'en prenant pas. Il s'agit d'une bonne nouvelle pour les nageuses et les joueuses de soccer. Les résultats obtenus par les chercheurs de McGill portent à croire que les femmes prenant des contraceptifs oraux affichent une rigidité accrue au niveau des articulations du genou et qu'elles sont moins prédisposées aux déchirures ou lésions du ligament.

« Le taux de blessure grave du genou chez les femmes est de quatre à huit fois plus élevé que chez les hommes », a indiqué M. Paul Martineau, médecin résident en chef de la Division de chirurgie orthopédique et chercheur principal du CUSM.

« Sur une période d'un an, environ 30 000 athlètes féminines subiront une blessure grave du genou. Une telle situation peut avoir un effet dévastateur chez les jeunes athlètes et risquer de mettre un terme à leur carrière athlétique. Des recherches menées précédemment laissent entendre que les hormones femelles jouent probablement un rôle dans la modification de la composition des ligaments. En fondant nos recherches sur ces études, nous avons décidé d'évaluer l'incidence des contraceptifs oraux sur les ligaments du genou. Notre objectif à long terme consistait à trouver un traitement approprié pour les athlètes à risque. »

Aidé des membres de son équipe de recherche, M. Martineau a évalué la stabilité du genou chez 78 athlètes féminines, dont 42 prenaient des contraceptifs oraux, alors que 36 n'en prenaient pas. Un instrument spécial, l'athromètre, a été utilisé pour mesurer le taux de déplacement ou la laxité des articulations du genou des sujets de l'étude. Un taux de laxité largement inférieur a été relevé chez celles prenant un contraceptif oral comparativement à celles qui n'en prenaient pas.

« Certaines jeunes athlètes féminines peuvent retirer des bienfaits de la prise d'un contraceptif oral », a précisé M. Martineau. « Quelques-unes d'entre elles peuvent être hautement à risque de souffrir de blessures du ligament du genou. Dans de tels cas, les contraceptifs oraux peuvent contribuer à réduire ce risque et ainsi figurer parmi les options qui s'offrent à ces athlètes. »