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La cécité des rivières : résistance au médicament causée par altération génétique

Nouvelles

Publié: 30 Aoû 2007

La nouvelle étude du parasitologue Roger Prichard révèle que l’ivermectine, seul médicament disponible pour traiter la cécité des rivières (onchocercose), est à l’origine des changements génétiques entraînant la résistance aux médicaments chez le parasite qui cause la maladie.

La nouvelle étude du parasitologue Roger Prichard révèle que l’ivermectine, seul médicament disponible pour traiter la cécité des rivières (onchocercose), est à l’origine des changements génétiques entraînant la résistance aux médicaments chez le parasite qui cause la maladie. Cette étude, qui fera partie du tout premier numéro de la nouvelle revue de parasitologie, PloS Neglected Tropical Diseases, peut être lue en ligne à compter du 30 août.

Le Dr Prichard, professeur James McGill à l’Institut de parasitologie de l’université, signalait en juin dernier, dans la revue The Lancet, la résistance croissante à l’ivermectine pour traiter l’onchocercose volvulus dans des villages d’Afrique occidentale, notamment au Ghana. Sa plus récente étude, effectuée au Cameroun, confirme la cause génétique de cette résistance. Des échantillons du parasite ont été prélevés chez des personnes vivant dans des régions où l’ivermectine n’avait jamais été administrée. Trois ans plus tard, de nouveaux échantillons ont été prélevés sur ces mêmes personnes après qu’elles eurent suivi un traitement intensif.

« Nous avons donc pu comparer les parasites après traitement avec les parasites avant traitement », explique le Dr Prichard. « Cela nous a permis de constater des changements significatifs dans un gène qui entraîne la résistance chez d’autres espèces de parasites. »

La cécité des rivières, seconde cause de cécité infectieuse au monde après le trachome, est provoquée par les microfilaires d’un nématode transmis par la piqûre de la mouche noire. Il entraîne des troubles de vision, la cécité, voire des déformations pathologiques de la peau. Le ver adulte, qui peut survivre 10 et même 15 ans dans l’hôte humain, produit chaque année des millions de larves microscopiques (microfilaires). On estime à 37 millions le nombre des personnes infectées dans le monde, principalement en Afrique subsaharienne, dans certaines régions d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud et, à un degré moindre, au Moyen-Orient.

L’ivermectine – d’abord utilisée par les vétérinaires sur le bétail – sert depuis bientôt vingt ans à traiter la cécité des rivières. C’est le seul médicament sûr qui soit disponible à l’heure actuelle pour traiter massivement les millions de personnes infectées par le parasite. La dernière étude du Dr Prichard décrit le processus qui mène à la résistance et fournit un marqueur génétique bien identifiable qui va permettre aux chercheurs de surveiller la propagation de cette résistance d’une population à l’autre.

Selon le Dr Prichard, l’ivermectine n’est pas à la veille de devenir complètement inefficace, mais il existe des solutions de rechange, quoique moins pratiques, telles que la chirurgie et les arrosages. Il souligne l’importance de s’engager dans de nouvelles recherches et de mettre au point de nouveaux traitements, en l’occurrence des médicaments ou un vaccin.

« Comme il n’y a malheureusement aucun motif d’ordre économique pour inciter les compagnies pharmaceutiques à poursuivre les recherches, on ne peut pas s’attendre à voir un nouveau médicament dans un proche avenir », déplore-t-il.

Dans un article commentant les résultats de l’étude, Sara Lustigman, du New York Blood Center, et James McCarter, de l’école de médecine de l’Université de Washington, affirment qu’elle est « un rappel à l’ordre pour les responsables des programmes de contrôle de l’onchocercose, qui devront faire preuve de vigilance dans le choix de leurs schémas posologiques et s’efforcer de détecter la résistance à l’ivermectine et les marqueurs génétiques qui l’accompagnent ».

Ces deux articles sont les premiers à paraître dans la nouvelle revue de la Public Library of Science. Cette revue constitue pour sa part la première publication scientifique électronique à accès libre entièrement consacrée à des maladies tropicales négligées comme l’éléphantiasis, la maladie de Chagas, la lèpre, l’ankylostome, la bilharziose et la maladie africaine du sommeil. Les articles dans PLoS Neglected Tropical Diseases, accessibles gratuitement en ligne, sont publiés en vertu d’une licence qui permet aux lecteurs d’en faire la distribution gratuite, de les traduire ou de s’en servir pour poursuivre leurs travaux.

Veuillez prendre note : L’étude est disponible en ligne.

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Contact: Mark Shainblum
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