Des chercheurs étudient l'effet de médicaments anticancéreux sur l'appareil reproducteur de l'homme

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On a des craintes sur l'impact possible de certains médicaments ou de substances chimiques environnementales sur l'appareil reproducteur en général et sur les cellules germinales en particulier. On pense en effet que les associations de médicaments utilisés pour traiter le cancer des testicules et les lymphomes ont des effets très nocifs sur la quantité et la qualité des gonocytes de l'homme.

En outre, les lésions que subissent ces gonocytes peuvent aboutir à la mort du fœtus et à des tares congénitales chez les enfants ou à une multiplication des risques de transmission de lésions génomiques aux générations futures.

Grâce à une subvention de 2,4 millions de dollars échelonnée sur cinq ans accordée par les Instituts de recherche en santé du Canada, les chercheurs de la faculté de médecine de l'Université McGill, du Centre universitaire de santé McGill, de l'Hôpital général juif Sir Mortimer B. Davis, avec la collaboration de chercheurs de l'Université de Calgary, de l'Université Ottawa et de l'Université de Montréal, axeront leurs recherches sur un programme à trois volets. Dans un premier temps, ils détermineront les effets de traitements anticancéreux administrés à des hommes en âge de procréer sur leur fertilité et l'intégrité génétique des gonocytes. Dans un deuxième temps, ils s'emploieront à déterminer les données sur les risques qui sont fournies à ces hommes et si le fait de fournir ces données à temps et de manière utile atténue leur stress psychosocial. Et dans un troisième temps, l'utilisation de modèles animaux pour déterminer les mécanismes par lesquels ces traitements anticancéreux endommagent les cellules somatiques ou les cellules souches dans les testicules afin d'en établir les résultats finaux, contribuera à évaluer la qualité des cellules reproductives chez l'être humain.

Cette importante étude, dirigée par le chercheur principal, le docteur Bernard Robaire, professeur de pharmacologie et de thérapeutique ainsi que d'obstétrique et de gynécologie à l'Université McGill, et intéressant 14 chercheurs de toute une variété de disciplines dont la pharmacologie, l'urologie, la psychologie, l'oncologie, la génétique, la pédiatrie, la tératologie et l'épidémiologie, s'inscrit dans une initiative stratégique de l'Institut du développement et de la santé des enfants et des adolescents des IRSC dont l'objectif est d'améliorer le sperme, les ovules et les embryons afin de mieux soigner la stérilité. Le projet de McGill est l'un de trois projets subventionnés au Canada.

« Les données que ces projets permettront de glaner permettront de formuler des recommandations afin de modifier les lignes directrices cliniques actuelles pour le traitement des cancéreux quant à la nécessité et au moment d'assurer la cryoconservation des gamètes », explique le docteur Robaire. « De plus, les données résultant de ces études permettront d'améliorer la qualité des conseils génétiques et de fertilité pour les couples. Enfin, ces projets permettront de créer un cadre unique pour la formation des générations futures de chercheurs sur l'approche pluridisciplinaire cruciale pour ce domaine », conclut M. Robaire.

« La faculté de médecine de McGill a à son actif près de 200 ans d'expérience et une renommée mondiale pour ses recherches avant-gardistes. L'étude de la santé de l'appareil reproducteur revêt une importance névralgique et ce projet représente une étape importante dans ce domaine », déclare le docteur Abraham Fuks, doyen de la faculté de médecine de l'Université McGill.

Les 600 étudiants en médecine et en sciences infirmières de la faculté de médecine de l'Université McGill de même que les internes des professions de la santé connexes et les 800 résidents et stagiaires suivent une formation dans plusieurs hôpitaux affiliés.

Le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) reçoit la visite de plus d'un million de patients chaque année, dont près de 40 000 patients sont hospitalisés. L'Institut de recherche du CUSM compte plus de 500 chercheurs et environ 650 étudiants en médecine inscrits à des programmes de doctorat et postdoctoraux. C'est le plus vaste institut de recherche de son genre au Canada.