research and patient care at The Neuro

Kalyna Franko

Pour la plus récente vidéo de la série Neuro XXceptionnelle, nous avons dirigé nos projecteurs sur Kalyna Franko, un Orthophoniste au Neuro et médaillée d’or en aviron.

À quoi ressemble le travail d’un orthophoniste?

En qualité d’orthophoniste au Neuro, je vois les patients dans les 24 à 48 heures qui suivent un AVC ou l’ablation d’une tumeur au cerveau. Plus du tiers des personnes ayant fait un AVC est affecté par une forme quelconque de trouble de la communication. J’évalue les capacités langagières d’une personne, dont l’expression, la lecture et l’écriture et si elle éprouve des difficultés cognitives, par exemple des troubles d’attention ou de la mémoire, qui ont des incidences sur son habileté à communiquer.

«Plus du tiers des personnes ayant fait un AVC est affecté par une forme quelconque de trouble de la communication»

Les déficits de nos patients peuvent aussi être physiques, telle une hémiplégie, c'est-à-dire une paralysie de la moitié du corps. Une faiblesse du côté droit signifie que l’hémisphère gauche du cerveau a été touché, celui qui contrôle le langage. Non seulement une personne n’arrive-t-elle plus à écrire ou perd-elle l’usage de son côté droit, mais elle peut aussi chercher les mots pour traduire sa pensée et ne plus réussir à comprendre, à lire ou à épeler.

Mes collègues orthophonistes au Neuro travaillent aussi avec des personnes non hospitalisées atteintes de sclérose en plaques, de SLA et du parkinson. Lors de séances de thérapie, nous redoublons parfois d’ingéniosité pour communiquer avec les gens, selon le genre de trouble qu’ils éprouvent. Nous soutenons aussi leurs proches, en leur montrant des stratégies pour communiquer avec l’être cher aux prises avec cette nouvelle difficulté.

«Lors de séances de thérapie, nous redoublons parfois d’ingéniosité pour communiquer avec les gens, selon le genre de trouble qu’ils éprouvent»

Qu’est-ce qui vous a attirée vers cette profession? Y a-t-il eu des influenceurs dans votre vie?

Je croisque c’est ma fascination pour le langage, la psychologie et le cerveau qui m’y a attirée. Ma grand-mère, qui enseignait les langues slaves, est à l’origine de ma passion des langues. J’ai grandi au sein d’une famille qui communiquait en ukrainien et qui nous a inculqués à apprendre et à cultiver les langues et c’est devenu ma passion. Au secondaire, j’ai appris le français, l’allemand et l’espagnol, même du latin. Je reviens d’un séjour au Brésil et je me suis essayée à l’apprentissage du portugais.

À cela s’ajoute le fait que la langue me permet d’avoir un lien profond et durable avec ma communauté ukrainienne. Qu’il s’agisse de descendants d’une personne venue d’Ukraine il y a plus de cent ans, comme ma propre famille, ou qu’il s’agisse d’une personne qui vient d’immigrer d’Ukraine au Canada depuis peu – la langue rend possibles un lien culturel et un sentiment de communauté.

«J’ai grandi au sein d’une famille qui communiquait en ukrainien et qui nous a inculqués à apprendre et à cultiver les langues et c’est devenu ma passion»

Votre travail nécessite apparemment de la patience et peut être stressant. Quel est votre exutoire?

J’aime être très active et pratiquer des sports selon les saisons. J’ai fait partie de l’équipe d’aviron de McGill pendant que j’étais à l’université, une expérience vraiment agréable et valorisante. J’aime surtout le cyclotourisme. Mon partenaire et moi parcourons des centaines de kilomètres par jour, tentes et bagages bien fixés à nos vélos. Nous traversons des provinces et campons tout le long du voyage.

J’aime avoir le vent dans le dos et voir toutes les beautés en chemin qu’on raterait si on était en auto. Je dirais que ma place favorite est sur mon vélo, peu importe le temps qu’il fait!

 

Qu’avez-vous appris de vos expériences avec vos patients?

La résilience et l’incroyable motivation de mes patients me touchent beaucoup. La vue de ces patients qui perdent brusquement leurs moyens et qui se débattent vigoureusement pour rétablir la communication, si centrale dans notre vie, est remarquable.

«La résilience et l’incroyable motivation de mes patients me touchent beaucoup»

Le rôle de thérapeute auprès de ces personnes au moment où elles sont très vulnérables remet en perspective sa propre vie et accentue la fragilité de son bonheur. Je suis plus sensible aux liens tissés avec des gens et je crois que cela m’a rendue plus attentionnée et empathique.

J’admire beaucoup le travail des cliniciens du Neuro. Par exemple, les neuroradiologistes d’intervention effectuent de remarquables opérations chirurgicales. Ainsi, ils peuvent réaliser une thrombectomie afin d’enlever un caillot qui bloque la circulation dans le cerveau d’une personne qui a un AVC. Grâce à l’intervention, cette dernière retrouve son état antérieur après être devenue incapable de prononcer un mot. C’est miraculeux.

 

 

Le Neuro est un institut de recherche et d’enseignement de McGill. L’Hôpital neurologique de Montréal, qui offre des soins de haut calibre aux patients, est la pierre angulaire de la Mission en neurosciences du Centre universitaire de santé McGill. Nous sommes fiers d’être une institution Killam, soutenue par les fiducies Killam.