Pleins feux sur nos nouveaux professeurs : Jo Anne Stratton

« J’ai eu l’idée de devenir chercheuse durant mon baccalauréat, en voyant mon père cloué à un fauteuil roulant par la sclérose en plaques (SP). »

 

Jo Anne Stratton, professeure adjointe au Département de neurologie et neurochirurgie de l’Université McGill, a intégré le Neuro en 2019. Ses domaines de spécialisation sont la neuroimmunologie et la régénération des neurones.

Parlez-nous de vos travaux. Quel en est l’objectif?

Je cherche à comprendre ce qui détermine les processus neurodégénératifs dans la sclérose en plaques (SP), surtout aux stades avancés. Les médicaments répandus qui ciblent l’inflammation de la maladie n’en freinent pas la progression. Par quoi cette progression est-elle catalysée? D’autres cibles thérapeutiques pourraient-elles être exploitées pour arrêter la progression? Ma recherche s’attache à comprendre de quelle façon le système circulatoire du cerveau, dont le liquide céphalorachidien (LCR), est affecté dans la neurodégénérescence et l’inflammation. Je m’intéresse en particulier à un type mal connu de cellule gliale, l’épendymocyte, qui tapisse la grande majorité du système de LCR dans le cerveau.

Qu’est-ce qui motive vos travaux?

J’ai eu l’idée de devenir chercheuse durant mon baccalauréat, en voyant mon père cloué à un fauteuil roulant par la sclérose en plaques (SP). Le fonctionnement du corps me fascine depuis le secondaire, d’où mon choix de cours qui me donnaient une compréhension générale de la physiologie et de la biologie humaines. Or, c’était loin de contenter mon esprit curieux et ma ferme détermination à combattre la SP. Je me suis donc inscrite à des cours spécialisés liés aux neurosciences et j’ai entrepris un programme de premier cycle à fort coefficient de recherche à l’Université de Melbourne. L’étincelle était allumée et je poursuis depuis une carrière universitaire. Ce qui m’anime, c’est d’arriver à comprendre les interactions du système immunitaire et des cellules du cerveau dans des maladies comme la SP, mais également les effets bénéfiques du système immunitaire. L’espoir de voir un jour ce savoir aider les gens atteints d’une maladie est une source de motivation au quotidien.

Comment vos travaux feront-ils progresser la recherche et toucheront-ils les patients?

Le liquide céphalorachidien est renouvelé 2-3 fois par jour dans le cerveau, c’est-à-dire que sa production, son écoulement et son élimination s’effectuent assez rapidement. Aux ions, hormones et vitamines qui le composent s’ajoutent de nombreux sous-produits issus des cellules du cerveau. Si l’efficience de la circulation du LCR (pour entrer dans le cerveau, s’y déplacer ou en sortir) est compromise, le cerveau baignerait dans des composants du LCR, dont des sous-produits qui pourraient nuire à la santé du cerveau. Les conséquences qui s’ensuivent pour la santé du cerveau sont mal comprises, surtout dans des maladies complexes comme la SP. Quelles qu’elles soient, les tirer au clair sera très important pour comprendre, voire prévenir, les mécanismes pathologiques auxquels ces processus donnent lieu.

Confiez-nous quelque chose à votre sujet

Mon conjoint et moi sommes les auteurs de livres pour enfants. Nous rédigeons et illustrons l’histoire réelle de personnes invalides (comme mon père atteint de SP) qui peuvent malgré tout décrocher la lune et accomplir de grandes choses. Cette année, nous avons publié trois livres. Dites-le-moi si vous voulez en savoir plus!

 

Le Neuro est un institut de recherche et d’enseignement de McGill. L’Hôpital neurologique de Montréal, qui offre des soins de haut calibre aux patients, est la pierre angulaire de la Mission en neurosciences du Centre universitaire de santé McGill. Nous sommes fiers d’être une institution Killam, soutenue par les fiducies Killam.