Points critiques

Points critiques 

Balado de théorie et de critique littéraires

À quoi nous servent théorie et critique littéraires? Que gagnons-nous à les étudier, à les pratiquer? Peuvent-elles éclairer nos lectures et nos vies? Peuvent-elles agir hors des lieux savants et nous aider à franchir les écueils qui se dressent devant nous dans le monde qui est le nôtre? Animé par Amine Baouche, Guillaume Ménard, Xavier Phaneuf-Jolicoeur, Alexandre Jutras et Myriam Thibault, et produit grâce au soutien du Département des littératures de langue française, de traduction et de création de l’Université McGill, Points critiques examine ces questions, de front ou de biais, dans le cadre d’entretiens individuels avec des chercheur·e·s qui nous éclairent sur des aspects ciblés de leurs champs d’intérêt et d’expertise.

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Épisode 11: « Mille secrets mille dangers : le remède et le mal » (Alain Farah)

 

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On connaît la voix d’Alain Farah, son timbre, ses riches inflexions et son aperture intellectuelle joyeuse, ses envolées impromptues (sa voix physique, donc), – et voici qu’en l’écoutant on comprend mieux les soubassements de son style d’écriture, de sa manière (sa voix de romancier, en somme). Comment sPhotographie d'Alain Farah lors de l'enregistrement’articule, chez Alain Farah, mais plus généralement aussi, le passage d’une volonté avant-gardiste à une œuvre qui chercherait « tout simplement » à raconter ? Quel est le rôle de l’enseignement universitaire dans le travail d’un écrivain, et vice versa? Quel usage créatif faire de la théorie littéraire; par exemple, du pharmakon pensé par Jacques Derrida, concept paradoxal qui ouvre vers ce qui peut être à la fois remède et source de mal – médicaments ou joies, drogues ou aventures? Dans ce dernier épisode de Points critiques, nous recevons l’écrivain et professeur qui nous parle, à travers son dernier roman Mille secrets mille dangers, d’écriture, de toponymie, de rap, de Derrida, du frère André, de Marguerite Yourcenar, mais aussi d’authenticité, de Joyce et de Pokémon, dans une fête où les hiérarchies tombent et les auditeur·trices sont invité·es à participer.

Afin de respecter les conditions d’utilisation de nos plateformes d’écoute, nous avons remplacé certains mots par un bruit de pages de livre tournées.

Pour lire l’article de William Pépin, publié dans Impact Campus, journal des étudiantes et étudiants de l’Université Laval, c'est ici !

Animation et conception de l'épisode : Antoine Bégin, Marjorie Benny, Alexandre Jutras, Salomé Landry Orvoine, Guillaume Ménard, Xavier Phaneuf-Jolicoeur et Mathilde Vallières.

 

Épisode 10 : « Comment lire la littérature médiévale ? »

 

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On s’imagine souvent la société et la littérature médiévales dépourvues de profondeur. La littérature du Moyen Âge, comme l’univers dont elle émerge – que l’on suppose plat et sans relief –, peut sembler sans intérêtPhotographie d'Isabelle Arseneau pendant l'enregistrementintrinsèque, ne devant par conséquent être envisagée que comme document, témoignage d’une époque disparue. Dans ce nouvel épisode de Points critiques, Isabelle Arseneau nous mène à passer outre ces préjugés tenaces pour pleinement saisir la valeur monumentale, c’est-à-dire artistique, de cette production littéraire. Comment lire la littérature médiévale? Comment éviter les simplifications qui nous masquent bien souvent son dynamisme? Il faut revenir aux manuscrits eux-mêmes, nous rappelle notre invitée, à leur réalité matérielle qui recèle parfois des composantes susceptibles de bouleverser notre point de vue sur les œuvres – par exemple, des portées musicales dans un texte conservé à Saint-Pétersbourg… En fin de compte, c’est ce qu’on pourrait appeler la modernité de cette littérature, ce qui l’approche du lectorat contemporain dont tout semblait l’éloigner, que nous raconte Isabelle Arseneau.

Animation et conception de l'épisode : Alexandre Jutras, Guillaume Ménard, Xavier Phaneuf-Jolicoeur et Myriam Thibault.

 

 

Épisode 9 : « Lire enfin les écrivains subsahariens » avec Léonora Miano

 

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Photographie de Mbaye Diouf pendant l'enregistrement L’écrivaine camerounaise Léonora Miano nous invite à nous écarter des ornières que creusent trop souvent les recours aux étiquettes (comme celle, fort critiquée, de « littérature africaine ») pour nous plonger dans les riches univers des écrivain-e-s que de telles appellations désignent. Et, comme nous l’explique Mbaye Diouf, lorsqu’on entre dans l’œuvre et la pensée de Léonora Miano, on apprend entre autres, selon une expression de l’écrivaine, à « habiter la frontière ». Cette dernière peut se manifester comme un « espace cicatriciel », une trace des violences et des souffrances de l’histoire – et particulièrement du colonialisme –, mais elle est aussi chez l’écrivaine un lieu de passage, de relation. Zone de tensions, de négociations et de contrastes (linguistiques, géographiques, historiques), elle devient ainsi sous sa plume espace de toutes les possibilités : espace poétique.

Animateurs-trices : Alexandre Jutras, Guillaume Ménard, Xavier Phaneuf-Jolicoeur et Myriam Thibault.

 

 

Épisode 8 : « Je fais une enquête à travers tout le pays » : parcours dans l’œuvre de Gabrielle Roy

 

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Photographie de Jane Everett pendant l'enregistrement De Gabrielle Roy, nous connaissons avant tout les romans, dont le célèbre Bonheur d’occasion, et les textes autobiographiques comme La détresse et l’enchantement, publié de manière posthume. Or l’écrivaine franco-manitobaine est aussi l’autrice de nouvelles, de « récits composites » (Ricard) et de nombreuses lettres, en plus d’avoir exercé le métier de journaliste. C’est en cherchant à dépasser les lieux communs sur Roy que Jane Everett, professeure et ancienne directrice du Groupe de recherche sur Gabrielle Roy, dresse un panorama de l’œuvre de cette écrivaine à la bougeotte, dont l’écriture fut tout entière tournée vers le « Canada et ses gens ». Et c’est peut-être justement cette empathie au cœur de l’œuvre royenne ― notamment envers le lecteur ou la lectrice ― qui explique la vastitude de son lectorat, ainsi que sa place importante dans la littérature francophone.

Animateurs.trices : Amine Baouche, Guillaume Ménard, Myriam Thibault et Xavier Phaneuf-Jolicoeur.

 

 

Épisode 7 : « "Mieulx est de ris que de larmes escrire" : Rabelais et l’hybridité »

 

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Photographie de Diane Desrosiers pendant l'enregistrement2020 nous aura donné bien des raisons de nous transformer en « agélastes », l’un des nombreux néologismes formés par Rabelais à partir du grec ancien, qui se dit de ceux et celles qui ne rient pas. Mais Diane Desrosiers nous redonne le sourire en nous renseignant sur la vie et l’œuvre fascinantes de François Rabelais, pour qui le rire peut être chose sérieuse, « le propre de l’homme », voire un remède à appliquer « au lieu de la douleur ». C’est entre autres par la notion d’hybridité que nous entrons chez l’auteur de Gargantua et de Pantagruel, dans un monde complexe, où coïncident et se mêlent les contraires, la vie et la mort, le savant et le populaire, le jeu et le sérieux.

Animateurs.trices : Amine Baouche, Raphaëlle Decloitre (lecture d’extraits), Guillaume Ménard, Myriam Thibault et Xavier Phaneuf-Jolicoeur.

 

 

Épisode 6 : « Entre pratique et théorie : la prison du langage ?  »


Photographie de Laurance Ouellet-Tremblay pendant l'enregistrementÉcouter sur Apple Podcasts | Soundcloud | Spreaker | Spotify

Le langage : espace de contrainte ou de liberté ? Laurance Ouellet Tremblay, écrivaine et professeure – de création littéraire, notamment –, nous parle de cette ambivalence qui participe de ce qu'elle appelle le « scandale de la langue ». Et c’est en abordant sa propre pratique d’écriture, une nouvelle de Borges, certains concepts de la théorie psychanalytique, de même que la Leçon de Roland Barthes, qu’on en arrive à mieux saisir ce qui fait du langage, simultanément, un vecteur d’aliénation et d’invention.

*Note : dans l’extrait de la Leçon de Barthes, vers 25m30s, on devrait entendre: « […] ce que je fais n'est QUE la conséquence et la consécution de ce que je suis […] ».

Animateurs : Amine Baouche et Xavier Phaneuf-Jolicoeur.

 

 

Épisode 5 : « Hector de Saint-Denys Garneau : une poétique de l’amitié  »


Photographie de Michel Biron pendant l'enregistrementÉcouter sur Apple Podcasts | Soundcloud | Spreaker | Spotify

Ayant marqué le paysage de la poésie québécoise malgré la brièveté de son parcours, l’auteur du recueil Regards et jeux dans l’espace (1937), de Saint-Denys Garneau, est devenu l’un des mythes de notre écosystème littéraire. Michel Biron, l’un des plus grands spécialistes de son œuvre, partage ses réflexions sur celle-ci, nous communiquant sa passion de ce poète célèbre, quoique souvent mal connu, poète qui semble d’ailleurs plus actuel que jamais si l’on en juge par les résonances de ses vers dans la poésie d’aujourd’hui. Et pour penser une poétique de l’œuvre garnélienne – qui, officiellement, n’est constituée que d’un seul recueil (et encore!) –, il semble que nous gagnions à parcourir les pages brillantes ou touchantes de sa correspondance, pour y découvrir le rôle vital des relations qu’entretenait avec ses amis celui qu’on a pu appeler notre premier poète moderne.

Animateurs : Amine Baouche, Guillaume Ménard et Xavier Phaneuf-Jolicoeur.

 

 

Épisode 4 : « Traduire, un geste d’ouverture  »


Photographie d'Audrey Coussy pendant l'enregistrementÉcouter sur Apple Podcasts | Soundcloud | Spreaker | Spotify

Le travail de la traductrice ou du traducteur littéraire est fréquemment, par avance, condamné à une invisibilité paradoxale : on considère que ce travail s’efface de lui-même s’il est accompli correctement – et a contrario qu’il ne devient apparent que s’il est raté. Pourquoi l’œuvre traduite demeure-t-elle méconnue, reléguée aux marges de la littérature? Peut-on critiquer le statut subordonné de la traduction, dépasser ce cliché qui masque en général les questions langagières, culturelles, éthiques et artistiques qu’elle nous pose? En nous initiant à la pensée et à la pratique d’Antoine Berman (1942-1991), Audrey Coussy rend sensibles certains des enjeux clés de la traduction – d’abord, la création d’un rapport entre autrui et soi – et elle nous ouvre ce vaste domaine trop souvent perçu selon une dichotomie réductrice : œuvres « véritables » et pis-aller.

Animateurs-trices : Xavier Phaneuf-Jolicoeur, Guillaume Ménard et Félycia Thibaudeau.

 

 

Épisode 3 : « Que cachent les astres ? Épistémologie, sciences et lettres chez Fontenelle et Fréret  »


Photographie de Frédéric Charbonneau pendant l'enregistrementÉcouter sur Apple Podcasts | Soundcloud | Spreaker | Spotify

L’imbrication de la philosophie, des sciences et des lettres, observable au tournant du XVIIIe siècle, a de quoi nous étonner, nous qui distinguons aujourd’hui plus nettement ces branches du savoir. Et notre surprise persiste lorsque l’on envisage les questions que cet entrelacement permettait à nos prédécesseurs de formuler. Les astres que nous apercevons toutes les nuits sont-ils habités ? Si oui, comment imaginer les êtres qui les peuplent ? Pourrait-on, quitte à retourner la lunette, se servir de l'astronomie pour mieux saisir notre histoire et notre place dans l'univers ? Ce sont ces avenues de réflexion, explorées à l’âge classique, que Frédéric Charbonneau nous fait découvrir en nous parlant des Entretiens sur la pluralité des mondes de Bernard de Fontenelle (1657-1757) et des travaux historiographiques de Nicolas Fréret (1688-1749).

Animateurs : Xavier Phaneuf-Jolicoeur et Guillaume Ménard.

 

 

Épisode 2 : « À quoi bon la théorie littéraire? État des lieux et actualité d’Henri Meschonnic »

 

Photographie d'Arnaud BernadetÉcouter sur Apple Podcasts | Soundcloud | Spreaker | Spotify

Proposant un panorama des rôles et des enjeux actuels de la théorie littéraire, Arnaud Bernadet en vient à nous présenter les travaux d’Henri Meschonnic, dont il a été l’étudiant. L’œuvre de ce penseur, située au carrefour de la théorie, de la traduction et de la poésie, peut sembler intimidante parce qu’elle se dérobe et résiste à la synthèse. Mais Arnaud Bernadet nous mène, notamment à partir des ouvrages fondamentaux Critique du rythme. Anthropologie historique du langage (1982) et Politique du rythme, politique du sujet (1995), dans une incursion au cœur de cette théorie exigeante, qui gagne à être découverte parce qu’elle interroge infatigablement l’interaction du poétique, de l’éthique et du politique, ainsi que les rapports entre langage, pensée et culture.

Animateurs : Xavier Phaneuf-Jolicoeur et Guillaume Ménard.

 

 

Épisode 1 : « La pensée du roman de Milan Kundera »

 

Photographie d'Isabelle Daunais pendant l'enregistrementÉcouter sur Apple Podcasts | Soundcloud | Spreaker | Spotify

Isabelle Daunais nous fait découvrir la pensée du romancier Milan Kundera sur son art. Nous discutons, à la lumière de trois de ses essais, L’art du roman (1986), Les testaments trahis (1993) et Le rideau (2005), de ce qui fait en sorte que le roman – contre les tendances à l’uniformisation et au kitsch –, rappelle inlassablement, d’une façon qui lui est propre, que les choses sont toujours plus complexes qu’elles en ont l’air.

Animateurs : Xavier Phaneuf-Jolicoeur et Guillaume Ménard.

Remerciements

Nous remercions Gros Mené et Fred Fortin, qui nous permettent d’utiliser leur excellente chanson « J’garde le fort » comme indicatif musical :

« J’garde le fort » (Agnus Dei, 2012)

Interprété par : Gros Méné

Auteur-compositeur : Fred Fortin

avec l’aimable collaboration de Grosse Boîte

Merci également à Gregory Fitzgerald et au Studio Sophronik pour l’enregistrement des épisodes et les extraits musicaux, ainsi qu'à Audray Fontaine pour la photographie utilisée dans le logo. Points critiques est financé par le Département des littératures de langue française, de traduction et de création de l’Université McGill.

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