Une petite molécule nuisible mais essentielle à la santé du corps et de l'esprit

Nouvelles

Conférence publique d’un chercheur renommé à l’Université McGill

Monoxyde d’azote et respiration cellulaire : physiologie et pathophysiologie*
par le docteur Salvador Moncada
Mardi 17 avril 2001, 16 h
Amphithéâtre Meakins
5e étage, pavillon McIntyre des sciences médicales
3655, Promenade Sir-William-Osler

* La conférence sera prononcé en anglais.

Lorsque le prix Nobel de médecine a été décerné en 1998 à trois chercheurs, nombreux sont ceux qui ont été peinés de ce que Salvador Moncada ne soit pas du nombre. C’est pourtant lui qui a révolutionné notre connaissance de la physiologie humaine fondamentale. La révolution en question a été en tout point spectaculaire. Le monoxyde d’azote (NO), molécule extrêmement simple formée des deux éléments les plus communs de l’air, est un polluant bien connu et l’une des principales émissions toxiques des moteurs automobiles. Jusqu’en 1987, personne ne savait que cette molécule jouait un rôle essentiel dans un vaste éventail de processus physiologiques sains. C’est alors que Salvador Moncada a démontré que les vaisseaux sanguins en sécrétaient et qu‚il a élucidé le processus correspondant. Il a ensuite démontré que le monoxyde d’azote était l’agent qui provoquait la relaxation des vaisseaux sanguins et partant, régulait la pression artérielle.

Les recherches sur l’action du monoxyde d’azote ont depuis lors connu un développement phénoménal et fructueux, auquel le docteur Moncada a apporté d’importantes contributions puisqu’il est devenu le chercheur britannique le plus cité dans le domaine de la biomédecine ces dernières années. Outre ses fonctions dans la régulation de la pression artérielle, le monoxyde d’azote permet les érections péniennes (c’est d’ailleurs ainsi que le Viagra exerce son action); c’est le monoxyde d’azote que les macrophages du système immunitaire sécrètent pour détruire les microbes qui l’envahissent. Le cerveau l’exploite pour sa part comme principal transmetteur de signal et il intervient directement dans la formation de la mémoire. D’autre part, il semble que le monoxyde d’azote est étroitement associé à plusieurs maladies comme l’arthrite, l’asthme, le diabète, l’hypertension, le cancer, la pharmacodépendance, les accidents vasculaires cérébraux, les troubles de la mémoire et de l’apprentissage, le choc septique, les coups de soleil, l’anorexie et la tuberculose.

« Le docteur Salvador Moncada a apporté des contributions fondamentales et avant-gardistes en identifiant le monoxyde d’azote et son rôle de modulateur dans l’activité des vaisseaux sanguins et des neurones. Ses recherches ont ouvert des champs de recherche et thérapeutiques entièrement nouveaux. Nous nous félicitons de ce qu’il ait accepté de venir prononcer une conférence à McGill », a déclaré le docteur Claudio Cuello, ancien directeur du département de pharmacologie et de thérapeutique qui organise la conférence.

Salvador Moncada est né au Honduras en 1944. Il a obtenu son diplôme de médecine à l’Université d’El Salvador en 1970 et son Ph.D. de pharmacologie à l’Université de Londres en 1973. Après plusieurs années d’enseignement et de recherche au Honduras et en Angleterre, il est devenu en 1986 directeur des recherches des Laboratoires Wellcome. Depuis 1995, il dirige l’Institut Wolfson de recherche biomédicale du University College of London.

La conférence du docteur Moncada est parrainée par le Fonds Burroughs Wellcome et organisée par le département de pharmacologie et de thérapeutique de l’Université McGill (Montréal) dans le cadre de son cycle de séminaires 2000-2001. Pour tout complément d’information sur ce cycle, veuillez visiter le site Web du département à ou contacter le docteur accuello [at] pharma.mcgill.ca (Claudio Cuello) au 514-398-3621.