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Nouvelles

Une carte interactive montre l’apport de la nature à l’humanité

Le constat : la capacité de la nature à satisfaire les besoins de l’humain dégringole
Publié: 10 October 2019

La nature aide l’humain à bien des égards, souvent à très petite échelle. C’est l’abeille sauvage qui traverse une ferme et pollinise au passage quelques plants de légumes. C’est encore, tout près, le marécage qui filtre les produits chimiques ruisselant de la ferme pour protéger la source d’eau potable d’une localité voisine. Dans les milieux habités du monde entier, la nature procure sans cesse des bienfaits aux populations. Une équipe de recherche internationale comptant des scientifiques de l’Université McGill cartographie déjà ces apports à l’échelle locale depuis des années, mais une nouvelle étude de l’Université Stanford vient répondre à une question critique, à savoir comment utiliser cette information pour faire avancer les politiques et le développement mondiaux.

Pour l’étude, publiée dans la revue Science, des données satellites à haute résolution ont été converties en cartes interactives qui font la synthèse d’analyses locales à l’échelle planétaire. L’article se base sur ces recherches mondiales pour mettre en évidence l’affaiblissement de la capacité de la nature à protéger les populations humaines contre la pollution de l’eau, les tempêtes côtières et la sous-pollinisation des cultures.

« Grâce aux rapides avancées technologiques, on peut désormais faire état de l’apport de la nature à différents endroits dans le monde de façon détaillée et accessible, explique Becky Chaplin-Kramer, chercheuse responsable du projet de l’Université Stanford pour le capital naturel (Natural Capital Project) et auteure principale de l’étude. L’urgence et le rythme des changements mondiaux appellent des modèles complets et détaillés. Cette nouvelle technologie nous permet de voir clairement où les humains bénéficient de l’apport de la nature dans le monde. Nous pouvons aussi voir dans quels cas les populations risquent de perdre cet apport vital au fil de la dégradation des écosystèmes. »


Risque accru pour cinq milliards de personnes

Dans l’ensemble, l’équipe a constaté que là où les humains ont le plus besoin de la nature, la capacité des écosystèmes à subvenir à ces besoins s’affaiblit. Ainsi, il appert que d’ici 2050, cinq milliards de personnes pourraient être exposées à un risque accru de pollution de l’eau, de tempêtes côtières et de sous-pollinisation des cultures.

Fait inquiétant, les résultats montrent une distribution inéquitable des répercussions; dans tous les scénarios, les pays en développement subissent une part démesurée des conséquences. Unai Pascual, coprésident de la récente évaluation mondiale de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), sonne l’alarme : « Si nous poursuivons notre trajectoire actuelle, les écosystèmes ne pourront plus fournir de protection naturelle contre les effets des changements climatiques sur l’agriculture, l’eau et les infrastructures. »

 

Au service des politiques d’investissement pour l’environnement

Dans un contexte de mondialisation croissante, cette nouvelle technologie utilisant des données intégrées à haute résolution nous donne l’occasion de faire une place à la nature dans les décisions politiques du monde entier. Dans une optique d’accessibilité, l’une des priorités de l’étude consistait à produire des cartes interactives à haute résolution consultables dans un visualiseur Web. Ainsi présentées en ligne, les données mondiales complexes seront davantage à la portée des décideurs.

L’étude, tout comme les projets à venir qui se baseront sur cette nouvelle méthode, a pour objectif de contribuer à la mise en place de politiques et à la prise de décisions éclairées au sujet des investissements en matière d’environnement. « Il est crucial de savoir où et quand la nature joue son rôle le plus important si l’on souhaite procurer aux populations les meilleurs moyens de subsistance et la plus grande qualité de vie possible », soutient Stephen Polasky, coauteur de l’étude et professeur d’économie de l’environnement à l’Université du Minnesota.

« Notre nouvelle capacité à cartographier les contributions de la nature au bien-être des humains, partout sur la planète, est une avancée extraordinaire. Au Canada, nous avons mis sur pied un réseau qui vise à faire le pont entre les observations des bienfaits de la nature à petite échelle et le contrôle de la situation environnementale dans tout le pays. C’est un privilège pour moi de diriger ResNet, un nouveau réseau stratégique du CRSNG qui nous aide à mieux comprendre et gérer les apports de la nature au bien-être des humains ici même, chez nous », renchérit Elena Bennett, professeure de sciences des ressources naturelles à l’École d’environnement de McGill.

L’étude est publiée sous le titre « Global modeling of nature’s contributions to people » dans la revue Science : https://science.sciencemag.org/lookup/doi/10.1126/science.aaw3372.


Ces travaux ont été financés par la Fondation Marianne-et-Marcus-Wallenberg et par les contributions de P. et H. Bing ainsi que de R. et V. Sant au Natural Capital Project.


Natural Capital Project : https://naturalcapitalproject.stanford.edu/
Université McGill : https://www.mcgill.ca/fr

RENSEIGNEMENTS
Becky Chaplin-Kramer, Natural Capital Project : 831 331-6015, bchaplin [at] stanford.edu
Anne Guerry, Natural Capital Project : 206 713-4163, anne.guerry [at] stanford.edu
Elena Bennett, Université McGill : 514 803-3474, elena.bennett [at] mcgill.ca
Cynthia Lee, Service des relations avec les médias de l’Université McGill : 514 398-6754, cynthia.lee [at] mcgill.ca
 

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