Sur la voie de la sécurité publique et environnementale

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La gestion des risques dans le transport des matières dangereuses

Le transport et l’enfouissement des matières dangereuses provenant du Québec et de l’Ontario sont actuellement étudiés par M. Vedat Verter, spécialiste de la modélisation des risques à la faculté de gestion de McGill. Ses recherches ont pour objet de fournir une aide et des renseignements utiles aux décideurs qui cherchent à établir des lignes directrices en vue d’améliorer la sécurité publique et environnementale. De récents accidents ferroviaires ont soulevé des préoccupations sur les risques qu’il y a à transporter certains types de produits au Canada.

Les matières dangereuses comme les substances chimiques toxiques, les matières radioactives et les matières inflammables peuvent être extrêmement nocives pour l’environnement et à la santé humaine. étant donné qu’une part importante des marchandises transportées au Canada sont en fait des marchandises dangereuses, la population et l’environnement courent de sérieux risques en cas de déversement accidentel. Au Québec et en Ontario, le professeur Verter estime que jusqu’à 10 millions de tonnes de matières dangereuses sont transportées chaque année. Or environ 40 accidents surviennent au cours d’une année.

M. Verter utilise des modèles soigneusement construits d’évaluation des risques liés au transport pour trouver le "juste itinéraire" que doivent suivre les marchandises, afin de réduire au maximum les chances d’un accident et par là même les risques que courent les êtres humains et l’environnement. Un élément important de ces modèles réside dans les coûts d’assurance. Pour un transporteur, les pertes économiques en cas d’accident peuvent être énormes. Même si c’est l’assureur qui assume les coûts directs de l’accident, les primes d’assurance du transporteur augmentent de manière draconienne après un accident. C’est ce qui a amené M. Verter à penser que les conditions des polices d’assurance pourraient être utilisées par les organismes gouvernementaux comme instrument utile de réglementation des principaux protagonistes du secteur du transport des matières dangereuses.

Les recherches de Vedat Verter consistent également à trouver les emplacements qui conviennent le mieux pour l’élimination et le stockage des matières dangereuses. Même si peu de collectivités souhaitent avoir des sites de ce type dans leur voisinage, il est sans doute préférable d’avoir un certain nombre de sites de stockage sans danger au Canada au lieu de faire transporter les matières dangereuses à travers le pays. "Une récente étude sur l’élimination des PCB provenant des Territoires du Nord-Ouest révèle que la sécurité publique et environnementale a été maximisée lorsque les déchets ont été envoyés au Centre de traitement des déchets spéciaux de l’Alberta au lieu d’être transportés à travers la province jusqu’au états-Unis", affirme M. Verter.

Considéré comme un expert de l’emplacement des installations, M. Verter travaille dans le domaine de la gestion intégrée production-distribution axée sur la demande client, et il conçoit des instruments pour aider l’industrie à établir la meilleure configuration de son système de production-distribution et trouver l’emplacement stratégique optimal des installations. Il est membre du Centre de recherche sur les transports (CRT) et codirecteur de la maîtrise en gestion de la fabrication de McGill, programme universitaire canadien unique en son genre qui s’articule autour de stages dans l’entreprise afin de former les gestionnaires de la fabrication de demain et de les préparer à la mondialisation des marchés.