La thermographie dissipe le mythe du fossé homme-femme quant à l'excitation sexuelle

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Une étude de McGill démontre que le temps de réponse à la stimulation est le même chez l'homme et la femme

Pour la toute première fois, une étude de l'Université McGill a mesuré le taux d'excitation sexuelle en employant la technologie de l'imagerie thermique. Les données recueillies ont renversé l'idée reçue selon laquelle la femme parvient plus lentement que l'homme à l'excitation sexuelle.

« En comparant l'excitation sexuelle chez l'homme et la femme, nous constatons qu'il n'y a aucune différence entre le temps nécessaire aux jeunes hommes et femmes en santé pour atteindre le seuil optimal d'excitation », a indiqué Irv Binik, professeur de psychologie et fondateur et directeur du Service de thérapie sexuelle et de thérapie de couple de l'Hôpital Royal Victoria, rattaché au Centre universitaire de santé McGill.

La thermographie, ou imagerie thermique, est une imagerie infrarouge obtenue à l'aide de caméras thermographiques qui détectent, en fonction de leur température, la radiation émise par les objets. En raison de son utilisation dans le repérage d'objets chauds dans le noir, l'imagerie thermique est reconnue comme la technologie employée dans la fabrication de lunettes de vision de nuit utilisées lors d'opérations militaires.

Auparavant, les chercheurs dans le domaine de la sexualité mesuraient le niveau d'excitation à l'aide d'instruments nécessitant le toucher et la manipulation des organes génitaux. Les recherches menées par le Pr Binik sont réalisées à l'aide caméras thermographiques fixées sur les organes génitaux des sujets, alors que ces derniers visionnent un montage d'images formant une base de données de contrôle. Ce montage comporte des scènes pornographiques, des séquences de films d'horreur, les meilleurs sketches de Mr. Bean ainsi que des récits de voyage au Canada. Au cours de l'expérience, les sujets ont visionné séparément des films contenant des scènes de sexualité explicite distinctes, selon qu'elles étaient présentées aux hommes ou aux femmes. Fournies par l'Institut Kinsey, les scènes étaient destinées à produire l'excitation sexuelle en fonction du sexe du sujet. Afin de minimiser les distractions, les participants portaient des lunettes vidéo à coques lors du visionnement des images.

À l'aide d'un ordinateur situé dans une autre pièce, le chercheur a surveillé la réponse physiologique du sujet, ou l'absence de celle‑ci, en mesurant les changements de température corporelle, et ce, jusqu'à un centième de degré près. Trente secondes après le début du visionnement des images, les hommes et les femmes ont montré des premiers signes d'excitation. Le seuil optimal d'excitation a été atteint en 664,6 secondes (environ dix minutes) chez l'homme, et en 743 secondes chez la femme – une différence négligeable sur le plan statistique.

« Dans toute expérience en laboratoire sur l'excitation sexuelle, les participants sont sujets à des distractions », soutient le Pr Binik. « Toutefois, comparativement à d'autres techniques utilisant des mesures effractives ou des électrodes, cette méthode est peu invasive, et les mêmes mesures sont employées chez l'homme et la femme. Une fois l'expérience conclue, les données recueillies se sont révélées les mêmes. »

« Cette méthode nous aidera à diagnostiquer et à traiter la dysfonction sexuelle chez la femme, notamment le trouble de l'excitation sexuelle, lequel demeure mal compris », a indiqué Tuuli Kukkonen, étudiante au doctorat, dont les travaux de recherche sont supervisés par le Pr Binik. Mme Kukkonen présentera un article sur les données de la recherche lors du Forum canadien sur la recherche en sexualité, qui se tiendra le 30 septembre à Ottawa. Le Journal of Sexual Medicine publiera l'article en janvier, dans son prochain numéro.

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