La lutte contre la pauvreté, changement évolutif et une coupe au laser

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Les Relations avec les médias de McGill vous offrent ci-dessous un aperçu des travaux de recherche en cours à l’Université:
Publié: 30juin2022

 H. Borchers et al.

Pac-Man par une coupe au laser. Image : H. Borchers  et coll.

Une coupe au laser ultraprécise et sans chaleur intense

Habituellement, la coupe au laser s’effectue à l’aide de faisceaux à haute énergie suffisamment chauds pour faire fondre la plupart des matériaux. Des scientifiques de l’Université McGill ont élaboré une technique plus précise et sans chaleur intense où l’on fait appel à un faisceau de lumière visible à faible puissance.

Le nouveau procédé de coupe « à froid » nécessite une fraction de l’énergie requise dans les techniques conventionnelles de coupe au laser. « Nous avons mis au point des blocs de cristal que l’on peut couper avec une précision étonnante à l’aide d’une lumière à faible énergie. Contrairement aux méthodes conventionnelles de coupe faisant appel à la chaleur, notre approche permet de sculpter la matière à l’échelle nanométrique, puisque la lumière peut être concentrée avec une plus grande précision que la chaleur », explique le Pr Tomislav Friščić, du Département de chimie.

Les chercheurs estiment que la nouvelle technique pourrait aussi servir à graver des motifs d’une grande complexité. « Imaginez si on prenait les célèbres géoglyphes du désert de Nazca, au Pérou, et qu’on gravait ces motifs sur une surface donnée à un millionième de leur taille originale », dit le Pr Friščić. Les chercheurs espèrent qu’à force de perfectionnement, leur approche novatrice mènera un jour à la création de nouveaux matériaux, comme des métaux ou des céramiques faciles à modeler ou à couper à l’aide d’une lumière à faible puissance. Ils étudient également de potentielles applications dans le domaine des piles photovoltaïques.

L’article « Cold photo-carving of halogen-bonded co-crystals of a dye and a volatile co-former using visible light », par T. H. Borchers et coll., a été publié dans la revue Nature Chemistry.

 Getty Images

La pandémie remet la lutte contre la pauvreté à l’ordre du jour

Les personnes à faible revenu ont été les plus touchées par les conséquences économiques de la pandémie de COVID-19. Pour contrer cette situation, des mesures ont été prises au Canada et aux États-Unis pour réduire la pauvreté. Mais comment les partis politiques ont-t-ils influencé l’intervention des gouvernements? Une équipe de chercheurs notamment formée de Daniel Béland, professeur à l’Université McGill, s’est intéressée aux dynamiques politiques en jeu et a étudié l’adoption et l’évolution des mesures de lutte contre la pauvreté dans les deux pays.

« La crise de la COVID-19 a entraîné un changement politique aux États-Unis, changement qui a permis aux démocrates de reprendre le contrôle de la Maison-Blanche et du Sénat après de nombreuses années d’administration républicaine. Ce changement a donné lieu à l’adoption et à la mise en œuvre de mesures de lutte contre la pauvreté pour la première fois depuis une dizaine d’années », explique le professeur Daniel Béland du Département de science politique, qui dirige également l’Institut d’études canadiennes de McGill. « Depuis 2011, le contrôle d’au moins une des deux chambres du Congrès par les républicains ainsi que les quatre années de la présidence Trump ont empêché l’adoption de politiques ambitieuses capables de réduire considérablement la pauvreté », ajoute Philip Rocco de l’Université Marquette, coauteur de l’étude.

Les États-Unis ont un système bipartisan. Selon les chercheurs, comme il n’y a pas de troisième parti social-démocrate, ce sont les mouvements sociaux et les groupes au sein même du parti démocrate qui doivent exercer des pressions pour instaurer des politiques progressistes. Au cours des dix dernières années, la montée de l’aile progressiste du parti démocrate, combinée à la mise en candidature et à l’élection de candidats plus progressistes au Sénat a joué un rôle déterminant dans la récente adoption de politiques de diminution de la pauvreté.

« Cette situation tranche avec celle que l’on observe au Canada, où le Nouveau Parti démocratique (NPD) peut pousser les libéraux à adopter des politiques plus redistributives, particulièrement parce que la stratégie électorale du Parti libéral est demeurée la même, soit dérober des votes au NPD, un parti social-démocrate, pour battre les conservateurs », indique Shannon Dinan de l’Université Laval, coauteure de l’étude. Selon les chercheurs, cette stratégie expliquerait en partie pourquoi certaines des politiques du gouvernement libéral tendent vers la lutte contre la pauvreté.

« L’étude de ces dynamiques nous permettra de mieux comprendre la politique de la réduction de la pauvreté et nous aidera à prévoir ce qui pourrait se produire lors d’une prochaine crise », indique Alex Waddan de l’Université de Leicester, coauteur de l’étude.

L’article « COVID-19, poverty reduction, and partisanship in Canada and the United States », par Daniel Béland et coll., a été publié dans Policy and Society.

 Tadas Razmas

La reine l’emporte sur le fou du roi. Photo : Tadas Razmas

La vie ou le climat : Quelle est la véritable cause des changements évolutifs?

Selon les données fossiles du dernier demi-milliard d’années, la biodiversité fluctue sans cesse au gré des apparitions de nouvelles espèces et des extinctions. Depuis des décennies, les scientifiques cherchent à comprendre quel facteur exerce la plus grande influence sur l’évolution : la vie ou l’environnement. Pour expliquer cette macroévolution, les scientifiques utilisent deux théories qui s’opposent : celle de la « reine rouge » et celle du « fou du roi », dont les noms sont inspirés des contes de Lewis Carroll. Dans le cadre d’une étude récente, des scientifiques de l’Université McGill et de l’Université de Vilnius ont mis ces deux théories à l’épreuve.

« Selon l’hypothèse de la reine rouge, le plus important moteur du changement évolutif est l’interaction entre les espèces, comme la compétition, tandis que l’hypothèse du fou du roi postule que les perturbations environnementales, comme les changements climatiques, sont les principaux déclencheurs du processus évolutif », explique Shaun Lovejoy, professeur au Département de physique de l’Université McGill.

L’analyse des fluctuations de la biodiversité chez les animaux marins et des conditions climatiques au cours du dernier demi-milliard d’années a révélé que sur un horizon temporel plus court, la diversité, suivant l’hypothèse du fou du roi, est déterminée par l’environnement, et qu’elle fluctue de plus en plus jusqu’à la barre des 40 millions d’années. Au-delà de cet horizon, les fluctuations sont soumises aux forces stabilisatrices de la reine rouge, et l’évolution est alors déterminée par la compétition et l’innovation.

« Si on regarde au-delà de 40 millions d’années, on constate que la diversité des animaux marins est de moins en moins influencée par le climat. On peut donc dire qu’à de plus grandes échelles temporelles, la vie devient autonome et n’a plus besoin de stabilisation par l’environnement physique », avance Andrej Spiridonov, de l’Université de Vilnius.

L’article « Life rather than climate influences diversity at scales greater than 40 million years » a été publié dans la revue Nature.


L’Université McGill

Fondée en 1821, à Montréal, au Québec, l’Université McGill figure au premier rang des universités canadiennes offrant des programmes de médecine et de doctorat et se classe parmi les meilleures universités au Canada et dans le monde. Institution d’enseignement supérieur de renommée mondiale, l’Université McGill exerce ses activités de recherche dans trois campus, 11 facultés et 13 écoles professionnelles; elle compte 300 programmes d’études et au-delà de 39 000 étudiants, dont plus de 10 400 aux cycles supérieurs. Elle accueille des étudiants originaires de plus de 150 pays, ses 12 000 étudiants internationaux représentant 30 % de sa population étudiante. Au-delà de la moitié des étudiants de l’Université McGill ont une langue maternelle autre que l’anglais, et environ 20 % sont francophones.

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