La dépression pourrait augmenter le risque de diabète

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Publié: 12avr2016

Par Fergus Grieve, McGill Salle de Presse

Selon une étude, dépression et facteurs métaboliques augmenteraient le risque de diabète de type 2

La dépression pourrait multiplier le risque de diabète de type 2 en présence de signes annonciateurs du syndrome métabolique tels que l’obésité, l’hypertension et des taux de cholestérol anormaux. C’est ce qu’ont observé des chercheurs de l’Université McGill, de l’Institut de recherches cliniques de Montréal, l'Université de Montréal, et de l’Université de Calgary.

D’autres études ont déjà évoqué la possibilité d’un lien entre la dépression et le diabète. Toutefois, la présente étude publiée dans Molecular Psychiatry donne à penser que lorsque la dépression côtoie des facteurs de risque métabolique, ces éléments se conjuguent pour multiplier le risque d’apparition du diabète.

 « Selon des données récentes, ce n’est pas la dépression en soi qui augmenterait le risque de diabète de type 2 et de problèmes cardiovasculaires, mais bien la dépression conjuguée à des facteurs de risque comportementaux et métaboliques », explique Norbert Schmitz, auteur principal de la nouvelle étude, professeur agrégé au Département de psychiatrie de l’Université McGill et chercheur à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, affilié à McGill. « En menant cette étude, nous souhaitions analyser les caractéristiques de sujets qui avaient à la fois des symptômes dépressifs et des facteurs de risque métabolique. »

Effectif de plus de 2 500 adultes

Réalisée au Québec, l’étude de quatre ans et demi a réuni 2 525 sujets de 40 à 69 ans répartis en quatre groupes selon leur tableau clinique : dépression accompagnée d’au moins trois facteurs de risque métabolique, dépression seule, facteurs de risque métabolique seuls et, enfin, témoins sains.

Les chercheurs ont constaté que le risque d’apparition du diabète n’était pas significativement plus élevé chez les participants atteints de dépression seule que chez les témoins sains, résultats qui vont à l’encontre des observations antérieures. Les participants qui avaient des symptômes de dérèglement métabolique, mais étaient exempts de dépression, étaient environ quatre fois plus susceptibles de souffrir de diabète. En revanche, chez les patients aux prises à la fois avec une dépression et des facteurs de risque métabolique, le risque d’apparition du diabète était multiplié par plus de six. De plus, l’analyse révèle que l’effet conjugué de la dépression et des symptômes métaboliques est plus marqué que la somme de ces effets pris individuellement.

Cercle vicieux?

Selon les chercheurs, les liens entre la dépression, les dérèglements métaboliques et le risque de diabète sont multiples. Dans certains cas, la dépression et les facteurs de risque métabolique peuvent s’aggraver mutuellement, enfermant le patient dans un cercle vicieux.

Les données le démontrent : les patients déprimés sont moins susceptibles de suivre les conseils de leur médecin pour la prise en charge du syndrome métabolique, qu’il s’agisse de prendre un médicament, d’arrêter de fumer, de faire plus d’exercice ou de manger plus sainement. Or, bien souvent, le syndrome métabolique s’aggrave en l’absence d’une prise en charge efficace, ce qui risque d’accentuer les symptômes dépressifs.

 Au‑delà de ces considérations comportementales, certaines formes de dépression altèrent le métabolisme et peuvent dès lors entraîner un gain de poids, de l’hypertension et une anomalie du métabolisme du glucose. Ajoutons à cela que certains antidépresseurs peuvent eux aussi provoquer un gain de poids.

Le traitement global, clé de la prévention

Les chercheurs font observer que les cas de dépression ne sont pas tous identiques. Seules quelques personnes déprimées présentent également des dérèglements métaboliques. Cependant, pour briser le cercle vicieux et améliorer véritablement l’état de ces patients, il est essentiel de les repérer et d’adopter chez eux une démarche thérapeutique globale.

« Si on ne traite que la dépression, on n’agit ni sur le mode de vie, ni sur les facteurs de risque métabolique. Le patient risque donc de voir son état de santé se dégrader, ce qui l’exposera davantage à une rechute de sa dépression », conclut le Pr Schmitz.


Cette étude a été financée par les Instituts de recherche en santé du Canada et le Fonds de recherche du Québec – Santé.

L’article « Depression and risk of type 2 diabetes: the potential role of metabolic factors », par Norbert Schmitz et coll., a été publié dans Molecular Psychiatry (http://www.nature.com/mp/journal/vaop/ncurrent/full/mp20167a.html).

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