Experts : Premier anniversaire de l'émeute du 6 janvier au Capitole des États-Unis

Nouvelles

Publié: 5janv.2022

Un an après le violent assaut sur le Capitole, les Américains restent préoccupés pour leur démocratie, et près d'un tiers considèrent que l'usage de la force peut parfois être justifié pour défendre ses idées. L'attaque menée par des partisans de Donald Trump contre le siège du Congrès, le 6 janvier 2021, était le signe d'une violence politique croissante et la démocratie américaine est aujourd'hui toujours menacée, estiment deux tiers des personnes sondées par la chaîne CBS News. (Radio-Canada)

Voici des experts de l’Université McGill qui peuvent s’exprimer à ce sujet :

Wendell Nii Laryea Adjetey, professeur adjoint, Département d'histoire et d'études classiques

« Ces dernières années, les experts ont déploré le déclin de la démocratie aux États-Unis. On peut se demander : La démocratie pour qui? Les signes distinctifs de l'agitation civile et des conflits aux États-Unis ne sont pas le résultat d'une démocratie ou d'institutions démocratiques en déclin, mais plutôt d'une classe dirigeante qui tente de maintenir l'apparence de l'ordre et de la civilité alors que les masses continuent de connaître le désespoir social et l'insécurité matérielle ».

Wendell Nii Laryea Adjetey est professeur adjoint au Département d'histoire et d'études classiques et historien des États-Unis post-reconstruction, spécialisé dans l'expérience afro-américaine. Ses recherches se concentrent sur les intersections des États-Unis, du Canada et de la diaspora africaine.

wendell.adjetey [at] mcgill.ca (anglais)

Barry Eidlin, professeur adjoint, Département de sociologie

« Bien que beaucoup considèrent les efforts de Trump pour renverser l'élection de 2020 comme une érosion dangereuse des normes démocratiques américaines, ils mettent en évidence à quel point les institutions politiques américaines existantes sont antidémocratiques. Aussi délirants qu'aient été ses efforts pour "trouver" des votes fictivement manquants, le récit "Stop the steal" que ses partisans ont tissé au lendemain de l'élection ne pouvait sembler que vaguement plausible dans un contexte où un collège électoral non représentatif et des règles électorales obscures donnant un pouvoir démesuré aux législatures des États ont transformé la majorité de sept millions de voix populaires de Biden en une situation où quelques milliers de voix dans quelques États clés pouvaient changer le résultat de l'élection. Le Parti républicain moderne a doublé sa stratégie minoritaire qui est très éloignée de la majorité des électeurs américains, mais il ne peut le faire que grâce à l'infrastructure politique non démocratique dans laquelle il opère ».

Barry Eidlin est professeur adjoint au Département de sociologie. Ses recherches explorent l’évolution des relations entre la mobilisation sociale, les processus politiques et l’idéologie dans les démocraties capitalistes les plus avancées.

barry.eidlin [at] mcgill.ca (anglais, français)

Mugambi Jouet, professeur adjoint, Faculté de droit

« L’attaque du Capitol cristallise l’intensification de la polarisation des États-Unis autour de maintes questions sociales, politiques, légales, religieuses et raciales. Cette polarisation trouve ses origines dans diverses dimensions singulières de la société américaine et de son histoire, quoiqu’elle se soit remarquablement accrue durant les présidences Bush, Obama, Trump et Biden ».

Mugambi Jouet est professeur adjoint à la Faculté de droit. Ses recherches portent sur la justice pénale et le droit comparé dans une optique pluridisciplinaire. Il est un expert sur l’évolution singulière du droit, des institutions et de la culture sociopolitique des États-Unis en comparaison aux autres démocraties occidentales : le Canada, les pays européens, l’Australie et la Nouvelle Zélande.

mugambi.jouet [at] mcgill.ca (anglais, français)

Jason Opal, professeur agrégé, Département d'histoire et d'études classiques

« De tous les facteurs qui peuvent expliquer la crise politique actuelle de l'Amérique, deux ressortent comme les plus saillants. Premièrement, de nombreux groupes d'extrême droite qui rejettent explicitement la politique en faveur de la violence (par exemple, les Proud Boys, les Boogaloo Boys, les Three Percenters, les Oath Keepers, etc.) se sont fusionnés avec des éléments centraux du Parti républicain institutionnel, souvent au niveau local, du comté ou de l'État ; et deuxièmement, le chef du Parti, Donald Trump, n'a absolument aucune considération pour le strict minimum constitutionnel de la démocratie, c'est-à-dire les règles de base établies en 1787 pour la séparation des pouvoirs, la primauté du droit et les transitions pacifiques de l'autorité. C'est ce qui a conduit à l'attaque du Capitole le 6 janvier 2021 et ce qui empêche que les responsables, dont Trump lui-même, soient dûment jugés ».

Jason Opal est professeur agrégé au Département d'histoire et d'études classiques, où il enseigne et écrit sur la Constitution américaine à différentes périodes de l'histoire américaine. Son travail tente d'intégrer l'histoire sociale, culturelle et intellectuelle et de faire la lumière sur des sujets aussi vastes que le nationalisme, le capitalisme, la démocratie et les relations canado-américaines.

jason.opal [at] mcgill.ca (anglais, français)

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