Deux chercheuses de McGill démontrent que la baisse de l'œstrogène altère la mémoire de travail chez les jeunes femmes

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Dans le cadre de la première étude destinée à explorer le rôle de l'œstrogène dans la mémoire de travail chez les femmes préménopausées, deux chercheuses de l'Université McGill ont constaté une baisse considérable de la mémoire de travail chez les femmes dont le niveau d'œstrogène avait été supprimé par voie chimique.

Les chercheuses responsables de l'étude prospective, dont les résultats seront publiés dans le journal Psychoneuroendocrinology, ont étudié le taux d'œstrogène et la mémoire de travail de 25 femmes âgées entre 25 et 40 ans et soumises à un traitement visant à régler un problème gynécologique bénin (fibromyome, polype utérin, endométriose) au Département d'obstétrique et de gynécologie du Centre universitaire de santé McGill.

Dans le cadre du traitement régulier qui leur était administré, les sujets ont reçu un dépôt d'acétate de leuprolide (Lupron), un médicament qui supprime chimiquement la fonction ovarienne et le niveau d'œstrogène, produisant temporairement une ménopause prématurée. De plus, 25 femmes en santé ont été soumises à des examens à deux reprises afin de vérifier si la pratique peut influencer le score établi lors des tests.

Sous la supervision de Barbara Sherwin, professeure au Département de psychologie de l'Université McGill, Miglena Grigorova, diplômée de l'Université McGill, a étudié les effets de la réduction du taux d'œstrogène chez les jeunes femmes ayant une mémoire de travail normale non altérée par le vieillissement. Toutes les études menées à ce jour ont porté sur l'incidence de l'hormonothérapie auprès de femmes postménopausées, et n'ont donc pas permis de distinguer vieillissement cérébral et effet hormonal. Les chercheuses sont parvenues, pour la toute première fois, à isoler le lien œstrogène-mémoire au sein d'une population plus jeune. Après avoir été soumises à un traitement suppresseur de l'œstrogène pendant quatre semaines, les sujets ont présenté une baisse marquée de la performance lors de tests sur la mémoire de travail.

« Nos résultats indiquent que la mémoire de travail est affectée par le taux d'œstrogène, et ce, peut importe l'âge. L'un des moyens de préserver la mémoire de travail est de prendre de l'œstrogène dès lors que les signes de la ménopause commencent à ses manifester », a mentionné la Pre Sherwin, précisant toutefois que ces résultats doivent être pris en compte avec d'autres facteurs au moment de la décision de prescrire une œstrogénothérapie. « Cette étude nous a permis de distinguer les pertes de mémoire de travail liées à l'âge et celles liées aux hormones. Cependant, cela ne signifie pas pour autant que nous ayons répondu à l'ensemble des questions sur les risques et les bienfaits de l'hormonothérapie », a-t-elle souligné.

Cette étude a été réalisée grâce au soutien financier des Instituts de recherche en santé du Canada.

Site web : http://dx.doi.org/doi:10.1016/j.psyneuen.2006.05.004

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