Projets et équipes de recherche financés

Recherches individuelles subventionnées

Les romanciers et l'histoire du roman : XIXe-XXe siècles (CRSH, 2013-2019)

Chercheure : Isabelle Daunais (McGill)

Ce projet de recherche a pour but de définir les thèmes, les formes et les enjeux d'une histoire du roman telle qu'elle peut-être pensée et racontée depuis la conscience qu'en ont les romanciers. Alors que l'histoire du roman est traditionnellement abordée comme un sous-ensemble de l'histoire littéraire générale -- et par là soumise à un récit évolutif «commun» --, nous nous proposons de voir comment il est possible, à partir des réflexions que les romanciers ont eux-mêmes livrées, depuis le milieu du XIXe siècle à nos jours, sur la continuité et la transmission de la forme romanesque, de penser l'histoire du roman comme celle d'un art distinct, dont l'évolution suit une logique, un rythme et des modes de transmission qui lui sont propres.

Le roman féminin africain des années 2000 : une géocritique des espaces fictionnels (FRQSC, 2016-2019)

Chercheur : Mbaye Diouf (McGill)

Cette recherche explore les potentialités géocritiques des romans africains écrits par des femmes et publiés à partir des années 2000. Elle étudie les romans de la Camerounaise Léonora Miano, la Gabonaise Bessora et la Sénégalaise Fatou Diome; elle s'appuie théoriquement et méthodologiquement sur les travaux fondateurs de Bertrand Westphal sur la notion de « géocritique ».

Ma recherche vise à démontrer que, dans un contexte postcolonial marqué par une intensification de la migration des populations, la circulation internationale des auteurs et le renouvellement des catégories esthétiques, la génération actuelle de romancières africaines construit un nouvel imaginaire de l'espace qui resémantise les territoires textuels à travers des langages littéraires nouveaux et personnalisés.

Ce travail se donne donc pour objectifs de dépasser l'interprétation féministe qui prédomine largement encore dans l'étude des textes des romancières africaines; d'inaugurer un nouveau champ de recherche en littérature africaine francophone relié à la géocritique; de partager et d'associer les étudiant(e)s de mes cours et séminaires aux activités de ma recherche; et enfin d'animer dans les trois années à venir une série de discussions scientifiques autour de cette problématique à travers l'organisation d'un colloque à l'Université McGill en avril 2016, la participation aux deux colloques de la FCSH à Ryerson University (mai 2017) et à l'Université de Regina (mai 2018), et à celui de l'APELA en France (Metz, mars 2019). Je publierai aussi trois articles dans les Actes du colloque de McGill et dans les numéros 10 (2018) et 11 (2019) des Cahiers du GRELCEF.

Éditer et interpréter les lettres de Saint-Denys Garneau (CRSH, 2017-2022)

Chercheur: Michel Biron (McGill)

Ce programme de recherche vise dans un premier temps à produire une édition complète des quelque 550 lettres du poète Saint-Denys Garneau, dont environ 130 sont partiellement ou entièrement inédites. La publication en un seul volume de l’ensemble des lettres connues de Garneau contribuera à mieux faire connaître une des correspondances les plus originales et les plus significatives dans l’histoire de la littérature québécoise. À travers la figure singulière de Garneau épistolier, ce programme vise aussi, dans un deuxième temps, à proposer une étude de la poétique épistolaire de Garneau. Il s’agira du premier ouvrage consacré entièrement à la correspondance du poète.

Malgré le nombre élevé d’études consacrées à l’auteur de Regards et Jeux dans l’espace et malgré l’importance de sa correspondance au sein de son œuvre, il n’existe à ce jour aucune édition fiable de ses lettres et celles-ci n’ont fait l’objet que de quelques travaux épars. Or la découverte récente de nombreuses lettres inédites, dans la foulée des recherches que j’ai menées lorsque je préparais la biographie de Garneau (parue en 2015), justifie qu’on s’intéresse aujourd’hui plus spécifiquement à l’épistolier remarquable qu’il a été. Ces lettres inédites contredisent l’image austère qu’on s’est longtemps faite de Saint-Denys Garneau. Elles révèlent de façon plus explicite ce qui apparaissait ici et là dans les lettres déjà publiées : on y trouve une liberté de ton qu’on ne rencontre à un tel degré ni dans le journal de Garneau ni dans ses poèmes – ni non plus dans la plupart des correspondances d’écrivains canadiens-français de la même époque.

Cette édition critique sera publiée aux Presses de l’Université de Montréal et permettra de réunir en un seul volume l’ensemble de la correspondance de Garneau. La version électronique contiendra en outre les lettres écrites à Garneau qu’il aura été possible de retrouver. Ces lettres ont une valeur à la fois littéraire, historique et sociologique, car elles montrent ce que Saint-Denys Garneau et ses amis intellectuels (Jean Le Moyne, Robert Élie, entre autres), liés à l’importante revue catholique La Relève, se permettent d’écrire dans l’espace semi-privé qu’est l’échange épistolier. Parce qu’elle est toujours un texte adressé à quelqu’un (parfois à quelques-uns), la lettre familière fournit à Garneau une manière d’exister socialement comme écrivain, lui qui résiste tant à l’expérience de la publication. Cette configuration épistolaire particulièrement décisive dans l’évolution du poète sera à la base d’un essai qui, partant des lettres de Garneau, visera à relire toute son œuvre.

 

Équipes de recherches et travaux d'équipes subventionnés

TSAR — Groupe de recherche Travaux sur les arts du roman (CRSH, 2013-2019 / FRQSC, 2018-2022)

Chercheure principale: Isabelle Daunais (McGill)

Cochercheurs: Michel Biron (McGill), Anna Berman (McGill), Katerine Gosselin (UQAR), Allan Hepburn (McGill) et Peter Sabor (McGill)

Collaboratrice: Cecilia Benaglia (Université de San Diego)

Les travaux du groupe ont pour but de définir les thèmes, les formes et les enjeux d'une histoire du roman telle qu'elle peut être pensée et racontée depuis la conscience qu'en ont les romanciers. Alors que l'histoire du roman est traditionnellement abordée comme un sous-ensemble de l'histoire littéraire générale – et par là soumise à un récit évolutif «commun» –, nous nous proposons de voir comment il est possible, à partir des réflexions que les romanciers ont eux-mêmes livrées sur la continuité et la transmission de la forme romanesque, de penser l'histoire du roman comme celle d'un art distinct, dont l'évolution suit une logique, un rythme et des modes de transmission qui lui sont propres.

Plus spécifiquemment, les travaux visent à repenser les formes et les moyens de l'histoire littéraire, dont les modèles sont presque toujours englobants (tous les genres, tous les aspects, tous les moments) et articulés à des événements externes (d'ordre institutionnel ou social), en accordant une place beaucoup plus grande et jusqu'à présent inédite à la réflexion des praticiens, et en théorisant cette réflexion. Ils visent également à comprendre, par cette approche «interne» de son histoire et de sa mémoire, la spécificité du roman, qui constitue une des formes majeures de la pensée occidentale (en tant que mode de représentation et d'exploration du réel et forme d'hypothèse sur le monde et l'existence), dans l'ensemble des genres littéraires et des arts.

Site du TSAR

Éléments pour une contre-histoire des politiques de la littérature depuis 1968 (CRSH, 2014-2019)

Chercheur principal: Jean-François Hamel (UQAM)

Cochercheur: Alain Farah (McGill)

Ce projet cherche à contredire l'historiographie courante qui stipule que les années 1980 sonneraient le glas du nouage séculaire de la littérature française et des politiques d'émancipation. Cette doxa, qui structure la périodisation dominante de la littérature contemporaine, soutient que les écrivains d'aujourd'hui ont rompu avec la posture critique qui a marqué la littérature française du dernier siècle. Au confluent de l'histoire culturelle et de la sociocritique, ce programme d’une durée de cinq ans entend plutôt démontrer la persistance d'un imaginaire de la contestation radicale associé à la littérature française contemporaine, dont la scène originaire ou le souvenir fondateur, plutôt que la Grande Guerre, la Révolution d'Octobre ou la Résistance, sont les « années 68 ». Notre enquête vise donc à produire une contre-histoire des politiques de la littérature, opérant sur trois strates discursives : le discours tenu par les écrivains sur leur pratique et leur conception de la littérature ; la critique et la théorie de la littérature qui contribuent à définir la portée politique de la littérature ; l'essai politique à forte intertextualité littéraire, qui convoque des oeuvres d'aujourd'hui ou d'hier dans une critique des mécanismes de domination et d'aliénation. 

Jeux et enjeux de la parole des femmes : l'énonciation féminine en question, XVe-XVIIIe siècles (CRSH, 2018-2021)

Chercheure principale: Diane Desrosiers (McGill)

Cochercheures: Renée-Claude Breitenstein (Université Brock), Louise Frappier (Université d'Ottawa), Kim Gladu (UQAR), Roxane Roy (UQAR).

Description à venir.

 

Centres de recherche

Centre de recherche interdisciplinaire en études montréalaises

Directeur: Pascal Brissette

La trentaine de chercheurs associés au CRIEM (au DLLF:  Catherine Leclerc et Gillian Lane-Mercier) couvrent différents secteurs de recherche : économie et territoire; santé et environnement; langue, culture et imaginaires; gouvernance et institutions; appartenance et diversité.

Pour en savoir sur le CRIEM, les recherches qui s'y font et les chercheurs associés, visitez son site.

Centre interuniversitaire de recherche sur la modernité — XVIe-XVIIIe siècles

Directeur: Pascal Bastien (UQAM)

Cochercheurs: Catherine Broué (UQAR), Roxanne Roy (UQAR), Luc Vaillancourt (UQAC), Éric Van der Schueren (Laval), Sébastien Charles (Sherbrooke), Thierry Belleguic (Laval), Sylviane Charles (UQTR), Christian Leduc (Montréal), Pascal Bastien (UQAM), Laurent Turcot (UQTR), Frédéric Charbonneau (McGill), Genevieve Lafrance (UQAM), Lucie Desjardins (UQAM), Daniel Dumouchel (Montréal), Claude La Charité (UQAR), Nicholas Dion (UQTR).