70 ans: Travailler pour un monde plus juste, d'hier à aujourd'hui.

Une série d’activités organisées par le Centre sur les droits de la personne et le pluralisme juridique souligne les 70 ans de la Déclaration universelle des droits de l’homme, et autant d’années de leadership à la Faculté dans la lutte pour créer un monde meilleur.

Cet article a précédemment été publié dans la revue des diplômé.e.s de la Faculté de droit, Focus Law | Droit, édition automne 2018.

La « Magna Carta de l’humanité ». Voici comment Mme Eleanor Roosevelt qualifia l’ébauche de la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée le 10 décembre 1948 par l’Assemblée générale des Nations unies, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

« Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde », ce document, devenu un pilier du droit international, perpétue encore aujourd’hui un idéal commun à atteindre pour tous les peuples.

Par un clin d’œil du destin, l’Université McGill a joué un rôle clé dans son élaboration. C’est en effet l’avocat John P. Humphrey, alors professeur à la Faculté de droit, qui fut recruté en 1946 pour rédiger l’ébauche du plan directeur de 400 pages qui a servi de fondement à la Déclaration. « Il y aura paix sur la Terre quand les droits de tous seront respectés », croyait ce juriste qui œuvra ensuite pendant 20 ans à l’Organisation des Nations Unies avant de revenir enseigner le droit à McGill.

« Bien que l’humanité ait fait beaucoup de chemin depuis l’adoption de la Déclaration, notamment en ce qui a trait aux droits des femmes et des minorités, les droits et libertés fondamentales de quatre milliards de personnes sur Terre demeurent menacés, » commente la professeure Nandini Ramanujam, directrice exécutive du Centre sur les droits de la personne et le pluralisme juridique.

Reconnaissant que les idées et la prise d’action concrète dans le monde sont indissociables, le Centre se veut une plateforme de partage de connaissances sur la recherche, l’élaboration de politiques et la prise d’action en matière de droits de la personne et de pluralisme juridique. Il favorise la recherche et l’innovation en regroupant sous son égide un vaste éventail d’acteurs en droits de la personne, et ses ressources permettent une étude critique des impacts du droit sur des enjeux d’actualité cruciaux.

Par exemple, puisque leurs impacts peuvent être dévastateurs, la montée des inégalités sociales et du populisme sont deux thèmes particulièrement pressants à l’heure actuelle. Les droits des migrants sont sur la table de travail des chercheurs, aux côtés d’un éventail d’autres questions dont la diversité montre l’universalité de la mission du Centre : droits des personnes handicapées, justice économique, discrimination, santé, enfants et conflits, etc. Le Centre et la Faculté de droit sont aussi très engagés dans le proces- sus de réconciliation avec les peuples autochtones, un enjeu majeur en matière de respect des droits de la personne au Canada.

Depuis sa création en 2005, le Centre offre aux étudiants en droit des stages en droit de la personne aux quatre coins du globe, accueille des jeunes chercheurs invités, et organise des conférences prestigieuses. Ces événements permettent de rassembler une mul- titude d’acteurs engagés à protéger et à promouvoir la diversité dans les droits de la personne dans le monde. Cet automne, le juriste britannique Philippe Sands a exploré les origines du génocide et des crimes contre l’humanité. En novembre 2018, l’Américain Philip Alston donnait la conférence annuelle John Humphrey.

Ces conférences, de même que l’ensemble des activités du Centre, visent à promouvoir le dialogue sur des défis pressants partout autour du globe. Dans ce domaine du droit en perpétuelle mouvance, de nombreux professeurs de la Faculté de droit sont des figures renommées sur la scène internationale, se distinguant tant par leur leadership intellectuel que leur implication dans la communauté.

« La relève est aussi vitale pour poursuivre notre travail dans les années à venir », ajoute Nandini Ramanujam, soulignant l’arrivée à la Faculté du jeune professeur Jonas-Sébastien Beaudry, spécia- liste en droits des personnes handicapées, et l’importance des travaux effectués chaque année par de jeunes chercheurs, des étudiants en droit et des stagiaires.

« Les droits de la personne ne doivent pas être une tour d’ivoire, tout le monde doit travailler ensemble à leur protection », déclare-t-elle, avant de conclure en invoquant un précepte cher à Amartya Sen, philosophe indien et lauréat du prix Nobel d’économie : « Et bien que le monde ne sera probablement jamais parfait, c’est notre devoir de participer à l’éradication des formes d’injustice extrême dans le monde. »