Année polaire internationale : des chercheurs de McGill ciblent les changements climatiques

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Les communautés polaires sont les premières à être témoins des répercussions du changement climatique, et celles du Canada ne font pas exception à cette règle. Dans la région de la Plaine Old Crow, située au nord du territoire du Yukon, la Première nation des Gwitchin Vuntut a fait appel à un groupe formé de sept chercheurs afin de mesurer les effets du changement climatique sur la zone humide qu’ils occupent, laquelle est reconnue internationalement comme un milieu à protéger. Parmi ces chercheurs, se trouve Murray M. Humphries, professeur adjoint au Département des ressources naturelles de McGill et membre du Centre d’études sur la nutrition et l’environnement des peuples autochtones de l’Université (CINE).

« Je suis ravi de participer à un projet dont la direction est prise en charge par la communauté », a mentionné le biologiste de la faune, qui se penchera sur l’habitat et la migration des populations de rats musqués et d’orignaux. Le projet Yeendoo Nanh Nakhweenjit K’atr’ahanahtyaa – Changement environnemental et utilisation traditionnelle de la Plaine Old Crow au Canada septentrional s’échelonnera sur cinq ans et sera mené sous la supervision du Programme de l’Année polaire internationale. Il portera principalement sur les changements subis par le milieu physique, la végétation, la faune et la population ainsi que sur leur adaptation au bouleversement climatique.

Les membres de la Première nation des Gwitchin Vuntut ont indiqué que la Plaine Old Crow fait face à des changements majeurs à l’égard des conditions d’enneigement, de la température, des précipitations, de l’hydrologie, de la végétation, de la préservation des lacs et des rivières, ainsi que de la diversité et de la répartition de la faune. Le professeur Humphries souhaite étudier les modifications relatives au nombre et à la répartition de rats musqués au cours des deux dernières décennies, compte tenu de la diminution de cette population. La fluctuation du niveau d’eau alliée à l’abondance et la répartition de la végétation aquatique privilégiée par ces animaux – deux facteurs tributaires du changement climatique – sont reconnues comme des causes importantes et déterminantes de la situation qui prévaut.

Le scientifique cherchera également à savoir quelles sont les raisons qui expliquent l’invasion du territoire par les orignaux, en étudiant le lien entre l’occupation de leur habitat et le changement du microclimat, de l’hydrologie, de la répartition des arbustes, ainsi que le moment et l’étendue spatiale de leur migration. Des colliers GPS reliés par satellite seront utilisés pour recueillir des données durant une période de deux ans.

L’Université McGill effectue actuellement des recherches d’envergure internationale sur les changements climatiques et autres préoccupations touchant le Grand Nord canadien, entre autre à la Station de recherche arctique de McGill (MARS) au Nunavut, qui sert à la fois à McGill et à des institutions comme la NASA et le Musée canadien de la nature pour explorer la glaciologie, les changements climatiques, le pergélisol, l’hydrologie, la géologie, la géomorphologie, la limnologie, les analogues planétaires et la microbiologie.

L’Année polaire internationale se poursuit officiellement jusqu’en 2009. Le Conseil international pour la science et l’Organisation météorologique mondiale parrainent ce programme scientifique international, dont les travaux de recherche se dérouleront en Arctique et en Antarctique.

Internet : L’Année polaire internationale

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