Une avenue thérapeutique prometteuse dans la dépression

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La découverte d’une protéine clé pourrait conduire à la mise au point d’antidépresseurs plus efficaces
Publié: 15avr.2020

Trouble mental fréquent, la dépression est l’une des principales causes d’invalidité dans le monde. Le traitement de première intention des épisodes dépressifs caractérisés d’intensité modérée à grave repose sur les antidépresseurs. Bien que ces agents soient efficaces, 40 % seulement des patients répondent au premier antidépresseur prescrit. Selon un article paru récemment dans la revue Nature Communication, une protéine nommée « GPR56 » serait vraisemblablement en jeu dans les mécanismes biologiques de la dépression et l’effet des antidépresseurs. Or, l’équipe de chercheurs dirigée par l’Université McGill voit dans cette protéine une cible possible de nouveaux antidépresseurs.

Dans le cadre de cette étude dirigée par le Dr Gustavo Turecki, de l’Université McGill et de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, un consortium international de chercheurs et de cliniciens a étudié les changements de l’activité des gènes dans le sang de plus de 400 patients qui prenaient des antidépresseurs. Les résultats ont montré clairement une variation notable du taux de GPR56 chez les sujets qui répondaient au traitement, mais non chez ceux qui n’y répondaient pas ou recevaient un placebo. Cette découverte est d’autant plus intéressante que la GPR56 pourrait constituer un biomarqueur facile à mesurer de la réponse aux antidépresseurs.

Une simple prise de sang

Grâce à des études menées chez la souris et à l’examen de tissus cérébraux humains provenant de la Banque de cerveaux Douglas – Bell Canada, les chercheurs ont constaté que la GPR56, décelable par une simple analyse sanguine, était associée à des changements biologiques dans le système nerveux central. En effet, ils ont observé une variation de la GPR56 chez des sujets en dépression et constaté que les antidépresseurs agissaient sur cette protéine, tant dans le sang que dans le cerveau. Les changements étaient particulièrement marqués dans le cortex préfrontal, haut lieu des émotions et des fonctions cognitives dans le cerveau.

« La découverte de stratégies thérapeutiques n’est pas chose simple, et la GPR56 est une excellente cible pour la mise au point de nouveaux antidépresseurs, souligne Gustavo Turecki. Nous espérons pouvoir soulager les personnes aux prises avec ce grand problème de santé mentale, souvent chronique et si étroitement lié à un risque de dépendance et à une augmentation du risque de suicide. »

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Cette étude a été financée par une chaire de recherche du Canada de niveau 1, le Prix de chercheur émérite NARSAD, les Instituts de recherche en santé du Canada, le Fonds de recherche du Québec – Santé et le programme intégré de découverte CAN-BIND, mené en partenariat avec l’Institut ontarien du cerveau, organisme à but non lucratif indépendant qui soutient financièrement le programme CAN-BIND et est lui-même financé en partie par le gouvernement de l’Ontario.

L’article « GPR56/ADGRG1 is associated with response to antidepressant treatment », par Belzeaux, R., Gorgievski, V., Fiori, L. M. et coll., a été publié dans Nature Communications : https://doi.org/10.1038/s41467-020-15423-5.

L’Université McGill

Fondée en 1821 à Montréal, au Québec, l’Université McGill figure au premier rang des universités canadiennes offrant des programmes de médecine et de doctorat. Année après année, elle se classe parmi les meilleures universités au Canada et dans le monde. Établissement d’enseignement supérieur renommé partout dans le monde, l’Université McGill exerce ses activités de recherche dans deux campus, 11 facultés et 13 écoles professionnelles; elle compte 300 programmes d’études et au-delà de 40 000 étudiants, dont plus de 10 200 aux cycles supérieurs. Elle accueille des étudiants originaires de plus de 150 pays, ses 12 800 étudiants internationaux représentant 31 % de sa population étudiante. Au-delà de la moitié des étudiants de l’Université McGill ont une langue maternelle autre que l’anglais, et environ 19 % sont francophones.

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