Experts : Plan pour une économie verte au Québec

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Publié: 20nov2020

Québec a confirmé lundi les grandes lignes de son «plan vert» de 6,7 milliards $, sur cinq ans, dont la mesure phare est l’interruption des ventes de nouveaux véhicules à essence en 2035, dans le but de voir 1,5 million de véhicules électriques sur nos routes. Le premier ministre François Legault a présenté lui-même ce plan, le 16 novembre dernier, en compagnie du ministre de l’Environnement, Benoît Charrette. (L’Actualité)

Voici des experts de l’Université McGill qui peuvent s’exprimer à ce sujet :

Chris Barrington-Leigh, professeur agrégé, Institut de recherche sur les politiques sociales et de santé et École de l'environnement Bieler

« Toute personne ayant une compréhension intermédiaire de la durabilité pourrait vous dire que cette politique pose des problèmes notables. Les objectifs et les subventions tape-à-l'œil sont la façon dont le Canada a effectivement ignoré le climat pendant des décennies. En revanche, le Québec a la possibilité de mettre en place des alternatives équitables, efficaces et positives ».

Chris Barrington-Leigh est un professeur agrégé nommé conjointement à l'Institut de recherche sur les politiques sociales et de santé et à l'École de l'environnement Bieler et membre associé du Département d'économie. Ses recherches utilisent des rapports sur le bien-être subjectif pour aborder l'importance relative des aspects sociaux et communautaires de la vie par rapport à la consommation matérielle.

chris.barrington-leigh [at] mcgill.ca (anglais, français)

Jeffrey Bergthorson, professeur agrégé et boursier Panda en génie et conception durables, Département de génie mécanique

« Notre transition vers une société à faible émission de carbone, alimentée par de l'électricité renouvelable, apportera des avantages économiques et environnementaux importants au Québec et au Canada. Une société à faible teneur en carbone nécessite des carburants sans carbone pour les transports lourds, la production d'électricité à distance et le stockage saisonnier de l'énergie. Nous devons examiner toutes les options, de l'hydrogène à l'ammoniac, en passant par l'utilisation de métaux, dont l'aluminium et le fer, comme combustibles recyclables ».

Jeffrey Bergthorson est professeur agrégé et boursier en génie et conception durables au sein du Département de génie mécanique. Son programme de recherche vise à développer et à valider des modèles pour les propriétés de combustion des combustibles alternatifs et durables (bio-dérivés) par une approche complémentaire de modélisation expérimentale, informatique et analytique.

jeff.bergthorson [at] mcgill.ca (anglais)

Kirk H. Bevan, professeur agrégé, Département de génie des matériaux

« Ce plan est un bon début, mais il doit être accompagné du développement du Québec en tant que puissance économique dans la production et l'utilisation d'énergie durable (par exemple en matière d'exportations technologiques), ainsi que d'un rôle de leader mondial dans tous les aspects de la recherche et du développement des technologies d'énergie durable. Idéalement, notre industrie d'exportation de technologies énergétiques devrait être aussi puissante que notre industrie aérospatiale d'ici 20 ans. C'est vers cela que se dirige l'économie mondiale, et nous devons être à l'avant-garde ».

Kirk H. Bevan est professeur agrégé au Département de génie des matériaux. Ses recherches portent sur la modélisation assistée par ordinateur, les matériaux électroniques, l'énergie, les nanomatériaux et la science des surfaces.

kirk.bevan [at] mcgill.ca (anglais)

Sylvain Coulombe, professeur titulaire et boursier Gerald Hatch, Département de génie chimique

« Le plan d'économie verte du Québec est un pas important dans la bonne direction. Peut-être pas assez ambitieux, mais pragmatique et évolutif. L'électrification massive de l'économie doit être considérée et communiquée aux Québécois comme un écho des grands projets hydroélectriques de la période des années 1960 à 1980. Ces projets ont mobilisé et galvanisé toute la province, nous ont rendus fiers, et ont créé une expertise et des technologies qui sont exportées partout dans le monde ».

Sylvain Coulombe est professeur titulaire et boursier Gerald Hatch au Département de génie chimique et vice-principal adjoint des innovations et partenariats au sein du Bureau de la vice-principale (recherche et innovation). Ses recherches portent sur l'utilisation des matériaux avancés pour la production d'énergie, la conversion de l'énergie électrique en énergie chimique, le développement de l'économie circulaire et l'ingénierie des plasmas.

sylvain.coulombe [at] mcgill.ca (anglais, français)

George Demopoulos, professeur Gerald Hatch et directeur, Département de génie des matériaux

« Le plan annoncé par le gouvernement du Québec vise à concilier l'impératif de protection du climat avec une économie forte. Il vise à capitaliser sur l'hydroélectricité du Québec pour devenir une économie basée sur les énergies vertes. Ce mouvement accéléré vers l'électrification des transports et le développement ciblé du secteur industriel des batteries est très opportun. L'hydrogène vert offre une autre perspective intéressante. Dans l'ensemble, ce plan vers une économie plus verte vise une économie durable avec une forte capacité de recherche et d'innovation – la voie assurée pour une société avancée et prospère ».

George Demopoulos est professeur Gerald Hatch et directeur du Département de génie des matériaux. Ses recherches se concentrent sur le traitement hydrothermique des matériaux inorganiques, comprenant à la fois des procédés hydrométallurgiques et le traitement chimique aqueux des matériaux avancés.

george.demopoulos [at] mcgill.ca (anglais, français)

Dror Etzion, professeur agrégé, Faculté de gestion Desautels

« Le plan d'économie verte du Québec est à la fois étroit et peu inspirant. Il est étroit parce qu'il se concentre principalement sur le transport, ignorant pratiquement les autres secteurs émetteurs de gaz à effet de serre tels que les bâtiments, l'agriculture et le secteur manufacturier. Il est peu inspirant parce qu'il imagine un avenir en matière de transport qui n'est pas meilleur que celui que nous connaissons présentement. Une province centrée sur l'automobile, avec des embouteillages interminables, une rage routière agonisante et un développement tentaculaire, c'est lamentable, et le vivre à travers le pare-brise d'une voiture électrique n'est pas assez satisfaisant pour le rendre agréable. Il est temps d'intégrer les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre à des politiques globales et stimulantes qui favoriseront l'innovation et amélioreront la qualité de vie des Québécois ».

Dror Etzion est professeur agrégé de stratégie et d'organisation à la Faculté de gestion Desautels et membre associé de l'École de l'environnement Bieler. Ses travaux suggèrent que la gestion de la durabilité par des initiatives locales, transparentes et émergentes augmente le recrutement de diverses parties prenantes, favorise la créativité et produit des résultats percutants.

dror.etzion [at] mcgill.ca (anglais, hébreu)

Raynald Gauvin, professeur titulaire, Département de génie des matériaux

« Le Québec a tout ce qu'il faut pour favoriser l'énergie verte. Le passage aux véhicules électriques permettra de réduire considérablement la consommation de pétrole au Québec. Nous avons tous les minéraux nécessaires pour fabriquer les batteries au lithium-ion utilisées dans les véhicules électriques. En partant des mines jusqu'aux usines de batteries du Québec, nous pouvons créer une économie forte en énergie verte. De plus, ces batteries sont nécessaires pour stocker l'électricité produite par les cellules solaires et les éoliennes, ce qui sera important dans les pays où l'électricité est produite par le charbon ou le pétrole. Aller de l'avant avec une industrie québécoise des batteries forte est clairement la voie à suivre ».

Raynald Gauvin est professeur titulaire au Département de génie des matériaux, où il est titulaire de la chaire Henry Birks en métallurgie. Ses recherches portent notamment sur la mise au point de nouvelles méthodes pour caractériser la microstructure des matériaux à l'aide de la microscopie électronique à balayage à haute résolution, de la microanalyse par rayons X et la méthode de simulation Monte Carlo.

raynald.gauvin [at] mcgill.ca (anglais, français, espagnol)

Sébastien Jodoin, professeur adjoint, Faculté de droit

« Le plan pour une économie verte est une opportunité manquée pour le Québec. Pour faire sa part dans la lutte aux changements climatiques et respecter les droits humains de ces citoyens, le Québec doit se doter de mesures plus ambitieuses pour amorcer une transition plus rapide vers la carboneutralité ».

Sébastien Jodoin est un professeur adjoint au sein de la Faculté de droit et membre associé de l’École de l’environnement Bieler. Il est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en droits de la personne et environnement. Sa recherche porte sur les solutions que peuvent apporter le droit et la politique publique aux problèmes environnementaux et sociaux qui transcendent plusieurs domaines et niveaux de gouvernance.

sebastien.jodoin [at] mcgill.ca (anglais, français)

Nicolas Kosoy, professeur agrégé, Département des sciences des ressources naturelles

« Le plan pour une économie verte du Québec se concentre presque entièrement sur l'électrification et l'extension du réseau électrique aux communautés mal desservies, alors qu'il ne s'attaque pas à la réduction si nécessaire de la demande. De plus, les impacts lointains de l'électrification, tels que la pollution due à l'extraction du lithium, ne sont même pas pris en compte. La province mérite un plan économique qui garantisse les besoins humains fondamentaux à long terme et évite les solutions technologiques telles que l'hydrogène vert. Cela ne fait que renforcer l'idée que nous pouvons constamment accroître notre approvisionnement en énergie, comme si l'exploitation de sources d'énergie renouvelables n'avait aucun impact environnemental et social ».

Nicolas Kosoy est professeur agrégé au Département des sciences des ressources naturelles. Ses recherches actuelles se concentrent sur les interactions entre le climat, l'énergie et la gouvernance de l'utilisation des terres, y compris l'analyse des paiements pour les services écosystémiques (PSE), ainsi que sur les modèles économiques alternatifs et les valeurs plurielles qui caractérisent la recherche sur la décroissance.

nicolas.kosoy [at] mcgill.ca (anglais, espagnol)

Audrey Moores, professeure agrégée, Département de chimie

« Le plan vert du gouvernement du Québec est une avancée incontestable, qui s’appuie sur une force de la belle province : son important parc hydroélectrique. Mais le développement durable est bien plus vaste que la seule problématique de l’émission du CO2 et que le sujet des transports. En particulier, la problématique des déchets, de la pollution, et de l’utilisation intelligente de la biomasse sont les grandes oubliées de l’annonce du 16 novembre ».

Audrey Moores est professeure agrégée au Département de chimie. Experte de premier plan dans le domaine de la catalyse utilisant des nanomatériaux à base de métaux, d'oxydes métalliques et de biomasse, avec un intérêt particulier pour les processus durables et l'utilisation de matières premières abondantes en terre, elle a été titulaire de la chaire de recherche du Canada en chimie verte de 2007 à 2017.

audrey.moores [at] mcgill.ca (anglais, français)

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