Création de la chaire d'éthique, de médias et de communications

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Création aujourd’hui du nouveau titulaire de la chaire d’éthique, de médias et de communications. Le comité de sélection présidé par M.Claude Ryan est à la recherche d’un candidat hors du commun pour une mission unique.

Depuis l’avènement d’Internet, tout un chacun ou presque peut diffuser ses propres nouvelles et mettre ses portails en ligne. D’où l’importance croissante de la déontologie s’appliquant à ce nouveau moyen de communication. Qui se chargera de définir et d’appliquer les règles du journalisme en ligne? Le public pourra-t-il faire la différence entre le contenu éditorial et la publicité? Qu’adviendra-t-il du droit à la vie privée et des droits de la personne? Ce sont précisément à ces problématiques que s’attaquera le futur titulaire de la chaire Beaverbrook d’éthique, de médias et de communications, dont la nomination a été annoncée aujourd’hui par l’Université McGill et Timothy Aitken, président de la Beaverbrook Canadian Foundation. "Cette chaire, pierre angulaire d’un nouveau centre interdisciplinaire, se penchera sur ces problématiques pour examiner la profonde influence culturelle des médias et partant, l’éthique dont elles doivent s’inspirer", a souligné M. Aitken.

Petit-fils de Lord Beaverbrook, célèbre homme d’état, homme d’affaires et magnat de la presse, Timothy Aitken est venu spécialement de New York, où il vit, pour assister à la conférence de presse de McGill. "Pour certaines personnes, une chaire d’éthique, de médias et de communications peut sembler un oxymoron, ce qui n’est pas sans traduire un malaise social important que la Beaverbrook Canadian Foundation souhaite ici dissiper", fait-il remarquer. "La personne à qui cette chaire sera confiée devra avoir la stature et l’envergure voulues pour dépasser ces intérêts".

Diplômé de McGill, qui a consacré 15 ans de sa vie aux médias, puisqu’il a été journaliste et a administré une société de télévision en Grande-Bretagne, Timothy Aitken espère que le titulaire de la chaire sera "à la fois controversé et intéressant". "Nous avons une liberté inimaginable grâce au pouvoir des communications, mais sommes par ailleurs confrontés à de terribles abus. Notre société a besoin de leadership intellectuel pour se pencher sur les différentes problématiques de manière objective et pour nous aider à interpréter leur évolution. Puisque les médias modèlent la manière dont les sociétés se perçoivent, nous pensons, et la majorité sera sans doute d’accord avec nous, qu’au XXIe siècle, l’éthique doit servir de point de référence critique." M. Aitken a décrit son grand-père, qui l’a élevé, comme quelqu’un qui inspirait autrui et qui avait beaucoup d’affinités avec les jeunes. "Il ne m’a autorisé à quitter l’école que lorsque j’ai promis de m’inscrire dans une université canadienne", évoque M. Aitken. "C’est pourquoi je suis venu à McGill." Le principal, M. Bernard Shapiro, a exprimé la gratitude de l’Université à la Beaverbrook Canadian Foundation pour sa générosité. M. Shapiro a fait remarquer que cette initiative aurait une dimension nationale et internationale et une influence qu’il souhaitait planétaire.

"Les domaines les plus préoccupants se chevauchent et sont de plus en plus universels. Il s’agit par conséquent d’une approche unique à un défi extrêmement complexe", a déclaré le principal. "Grâce à la diversité des atouts de McGill, nous pensons que la chaire Beaverbrook d’éthique, de médias et de communications sera un puissant élément catalyseur."

Selon M. Shapiro, "L’intérêt très vivace que témoignent de nombreux professeurs est révélateur de l’ampleur et de l’importance de cette initiative. McGill compte en son sein des spécialistes, comme Margaret Somerville et Sunny Handa en droit, Katherine Young en études religieuses, Michael Hallett en philosophie, Will Straw en communications, Andrew Large en bibliothéconomie et sciences de l’information, Frances Westley en gestion, etc., qui apporteront une contribution utile à ce nouveau domaine interdisciplinaire. De plus, la collaboration d’au moins quatre facultés différentes (arts, droit, gestion et études religieuses) permettra à la chaire Beaverbrook d’éthique, de médias et de communications d’obtenir l’attention et l’appui qu’elle mérite."

Lord Beaverbrook, de son nom William Maxwell Aitken, a grandi au Nouveau-Brunswick et a fait carrière dans les affaires à Montréal avant de s’installer en Grande-Bretagne et d’y devenir député. Il a été fait chevalier en 1911 et pair en 1917, puis s’est lancé dans le journalisme en faisant l’acquisition de Daily Express et du Evening Standard. Il a également fondé le Sunday Express. Ministre de la production aérospatiale pendant la Deuxième Guerre mondiale, il a littéralement galvanisé l’industrie aérospatiale. Membre influent du cabinet de Winston Churchill pendant la guerre, Lord Beaverbrook a lié des liens très personnels avec Churchill. Après la guerre, il abandonne la politique pour rédiger ses mémoires et des biographies de ses amis les plus influents et s’occuper de ses journaux. À sa mort en 1964, le Daily Express était le journal dont la diffusion était la plus importante du monde (4,5 millions de personnes par jour).

La Beaverbrook Canadian Foundation a été créée par Lord Beaverbrook en 1960 en vertu d’une Loi du Parlement canadien.