Contamination aux BPCs chez les orques islandaises : une question de diète

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La prédiction des risques de santé associés aux BPCs pourrait dépendre des variations individuelles dans leurs régimes alimentaires
Publié: 3juin2021

Image caption: Ces orques semblent être en bonne santé; pourtant, une étude vient de révéler que certaines d’entre elles présentent des taux de contamination aux BPC extrêmement élevés. Les taux constatés chez les orques les plus contaminées étaient 300 fois supérieurs aux taux relevés chez les orques les moins contaminées. Cet écart est principalement dû aux habitudes alimentaires de ces mammifères. PHOTO : Filipa Samarra - Icelandic Orca Project

Une étude récente menée par l’Université McGill fait état de concentrations très élevées de BPCs (biphényles polychlorés) dans la graisse de certaines orques d’Islande. Toutefois, il semble que d’autres orques de la même population présentent des niveaux de BPCs bien inférieurs. Leur niveau de contamination dépend principalement de leur régime alimentaire.

Les BPCs ont été interdits il y a plusieurs décennies en raison de leurs effets néfastes sur la santé des humains et de la faune. Cela dit, une fois dans l’environnement, ces produits chimiques industriels se dégradent très lentement, si bien qu’ils continuent de s’accumuler dans le corps des mammifères marins.

Les chercheurs ont analysé des échantillons de peau et de graisse prélevés sur 50 orques d’Islande et ont constaté des écarts importants dans les concentrations et les profils de contaminants au sein d’une même population. On retrouve des concentrations de BPCs en moyenne neuf fois plus élevées dans la graisse des orques ayant une alimentation composée de mammifères marins (comme des phoques ou des marsouins) et de poissons (surtout des harengs) que dans la graisse des individus se nourrissant principalement de poissons. Ces résultats inattendus contredisent les conclusions d’une recherche précédente qui avaient révélé des taux de BPCs relativement faibles chez les orques d’Islande. Selon les chercheurs, pour évaluer l’état des populations d’orques, il faudrait désormais tenir compte d’un facteur négligé jusqu’à présent : la variation individuelle des sources de nourriture susceptibles d’accroître l’exposition aux BPC pour certains individus, et donc les risques pour leur santé.

Dépassement des seuils de toxicité connus

« Les orques sont les prédateurs marins les plus féroces, et comme elles se trouvent tout en haut du réseau alimentaire, elles comptent parmi les animaux les plus contaminés de la planète », explique Melissa McKinney, professeure adjointe au Département des sciences des ressources naturelles de McGill, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les perturbations écologiques et les agresseurs environnementaux et auteure en chef de l’étude publiée récemment dans Environmental Science and Technology. « Les concentrations de BPC découvertes chez les orques ayant une alimentation mixte dépassent tous les seuils de toxicité connus et risquent fort d’avoir des répercussions sur leurs systèmes immunitaire et reproducteur. »

« Nous allons maintenant déterminer dans la proportion de mammifères marins intégrée le régime des orques d’Islande et d’autres régions de l’Atlantique Nord », ajoute Anaïs Remili, auteure principale de l’étude et doctorante au Département des sciences des ressources naturelles de McGill. « Nous allons également répertorier les contaminants trouvés dans des orques à travers l’océan Atlantique; nous pourrons ainsi évaluer les risques pour la santé et participer à la protection des orques. »

 

L’article « Individual Prey Specialization Drives PCBs in Icelandic Killer Whales », par Anaïs Remili et coll., a été publié dans Environmental Science and Technology.

DOI:https://doi.org/10.1021/acs.est.0c08563

La recherche a été financée par le Programme des chaires de recherche du Canada, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), la Division de l’écotoxicologie et de la santé de la faune d’Environnement et Changement climatique Canada et la bourse postdoctorale START du Fonds de recherche islandais.

 


L’Université McGill

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