Les oiseaux plus futés en ville qu’à la campagne

Nouvelles

Par Cynthia Lee, McGill Salle de Presse

Plus habiles pour résoudre des problèmes, les oiseaux urbains s’en sortent mieux

Les oiseaux sont plus futés en milieu urbain qu’en milieu rural.

Mais pourquoi donc? Parce qu’ils ont dû s’adapter à l’environnement urbain et, pour ce faire, mieux exploiter de nouvelles ressources, explique une équipe entièrement constituée de chercheurs de l’Université McGill.

Cette étude est la toute première à mettre en lumière de nettes différences cognitives entre les oiseaux des zones urbaines et rurales. Les chercheurs ont observé des différences fondamentales dans la résolution de problèmes (par exemple, ouvrir un tiroir pour y prendre de la nourriture) et le tempérament (les oiseaux sont plus téméraires en ville qu’à la campagne).

Pour comparer les deux groupes d’oiseaux, l’équipe a analysé non seulement l’apprentissage par association, mais également la créativité dans la résolution de problèmes. On estime en effet que pour les animaux sauvages, la créativité est plus utile concrètement que l’apprentissage par association.


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Chez l’espèce étudiée, le Sporophile de la Barbade, « nous avons constaté avec étonnement que les oiseaux urbains étaient non seulement plus créatifs que leurs homologues ruraux pour régler des problèmes, mais possédaient aussi un meilleur système immunitaire », explique Jean‑Nicolas Audet, doctorant au Département de biologie et auteur principal de l’étude publiée dans la revue Behavioral Ecology.

« Comme les spécimens urbains étaient plus habiles dans la résolution de problèmes, nous nous attendions à ce que, pour compenser, ils aient un moins bon système immunitaire, tout simplement parce que, comme on dit, on ne peut pas tout avoir (en fait, ce sont là deux caractéristiques importantes). Il semble que dans ce cas-ci, les oiseaux urbains gagnent sur tous les plans. »

Espèce originaire de la Barbade

L’étude a été menée à l’Institut Bellairs de McGill, situé à la Barbade, sur des Sporophiles de la Barbade capturés dans diverses parties de cette île des Antilles. « La présence humaine est très variable à la Barbade. Certaines zones sont fortement développées, alors que d’autres sont pour ainsi dire à l’état sauvage. L’environnement se prête donc très bien à l’étude des effets de l’urbanisation, précise M. Audet.

L’article « The town bird and the country bird: problem solving and immunocompetence vary with urbanization », par Jean‑Nicolas Audet, Simon Ducatez et Louis Lefebvre, a été publié dans Behavioral Ecology, http://doi.org/10.1093/beheco/arv201.

Ces travaux ont été financés grâce à une subvention de recherche pour étudiants de l’Animal Behavior Society, à une bourse de recherche pour étudiants de la Société des ornithologistes du Canada, à une bourse de recherche doctorale du Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies (J.‑N. A.), à une bourse de recherche postdoctorale de la Fondation Fyssen (S. D.) et à une subvention à la découverte du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) (L. L.).

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