L’adaptation aux changements climatiques

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Les pays riches s'adaptent de mieux en mieux. C'est ce que montrent de nouvelles façons de mesurer le processus d’adaptation développées à McGill.

Nous savons tous que le climat change, mais comment pouvons-nous nous préparer de la meilleure façon possible à affronter certains des changements qui nous attendent? Les villes côtières devraient-elles modifier leurs codes du bâtiment pour tenir compte de l’augmentation du niveau de la mer? Devrions-nous affecter plus de ressources à la plantation d’arbres pour réduire les îlots de chaleur urbains? Ces exemples d’initiatives locales peuvent faire une différence en matière d’adaptation aux changements climatiques. 

Bien sûr, l’adaptation au changement climatique constitue pour la communauté internationale une préoccupation croissante. D’ailleurs, l’un des aspects principaux à surveiller après la Conférence de Paris organisée dans le cadre de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) sera la façon dont les promesses en matière d’adaptation seront consolidées dans le cadre de l’accord visant l’après 2015.

Mais comment savoir ce qui fonctionne?

Comme le domaine est tellement nouveau (les scientifiques et les décideurs mettent à l’essai diverses initiatives d’adaptation au changement climatique depuis seulement dix ans environ), il est difficile de se faire une idée précise du degré de réussite de ces initiatives à l’échelle mondiale.

Une équipe de chercheurs dirigée par l’Université McGill, le Consortium de recherche sur le suivi de l’adaptation au changement climatique (TRAC3), veut trouver de nouvelles façons de mesurer le processus d’adaptation aux changements climatiques dans le monde. Leur but est de recueillir l’information qui aidera les scientifiques et les décideurs politiques partout dans le monde dans l’élaboration de politiques et la mise sur pied d’initiatives visant à réduire la vulnérabilité aux conséquences du changement climatique.

Surveillance des phénomènes météorologiques extrêmes et adaptation des codes du bâtiment

Dans leur plus récente étude, publiée cette semaine dans Nature Climate Change, les chercheurs ont comparé les données des deux séries de rapports nationaux sur l’adaptation au changement climatique préparés par 41 pays de l’Annexe I de la CCNUCC. Ces pays représentent essentiellement les pollueurs les plus importants et les plus riches du monde. On note cependant de bonnes nouvelles, car les chercheurs ont constaté qu’entre 2010 et 2014, ces pays ont accompli d’importants progrès en matière d’adaptation :

  • On note une augmentation globale de 87 % des initiatives d’adaptation aux changements climatiques signalées par ces nations.
  • Les augmentations les plus marquées relevaient de la réglementation : modifications aux codes du bâtiment (139 %); contrôle et surveillance de phénomènes tels que les vagues de chaleur ou les risques associés aux phénomènes météorologiques extrêmes (114 %); et campagne de vulgarisation et de sensibilisation du public (101 %).
  • Le plus grand nombre d’initiatives dans ces pays à revenu élevé touchent les secteurs de l’environnement, de l’eau et de l’agriculture.

Les politiques d’adaptation continuent toutefois de négliger les plus vulnérables

Les chercheurs ont également constaté que :

  • Les plus vulnérables continuent d’être exposés à des risques. Aucun progrès n’a été réalisé afin de permettre de répondre aux besoins des plus vulnérables aux conséquences du changement climatique ‒ par exemple les personnes à faible revenu, les personnes âgées et les communautés autochtones. Cette situation est particulièrement inquiétante, car même dans des pays riches comme le Canada, les effets du changement climatique ne seront pas ressentis de la même façon par les divers segments de la société, et ceux qui sont déjà vulnérables seront davantage touchés par ce phénomène.
  • Certaines politiques sur le changement climatique peuvent être réduites à néant. On a pu constater que certaines politiques sur l’adaptation ont été réduites à néant dans certains pays au cours de cette période. L’expérience de pays comme l’Australie et la Slovénie a permis de constater que la stabilité des institutions et des politiques sur l’adaptation dépend de la volonté politique à l’échelon national. Un changement de gouvernement après une élection, par exemple, peut faire en sorte que des pays considérés comme des leaders soient désormais à la traîne ou vice versa, et ce, très rapidement.

« Il est essentiel de savoir reconnaître ces tendances et ces lacunes pour être en mesure de prendre des décisions éclairées sur l’utilisation des investissements et d’autres ressources à consacrer au climat, de sorte que l’on puisse réduire au minimum la vulnérabilité », affirme Alexandra Lesnikowski, auteure principale de la lettre publiée cette semaine et membre du Climate Change Adaptation Research Group à McGill.

La version intégrale de l’article d’Alexandra Lesnikowski et coll. publié dans Nature Climate Change se trouve ici

Cette étude a été financée par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.

Pour en savoir plus sur les initiatives axées sur le changement climatique mises sur pied dans de nombreuses villes au Canada et à l’étranger, visitez le :

  

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