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Des scientifiques découvrent que les cellules immunitaires ont le « sens du toucher »

Ce nouveau constat pourrait mener à de meilleurs traitements contre les maladies auto-immunes et le cancer
Cells under a microscope
Image par Getty Images.
Publié: 17 August 2026

Une étude dirigée par l’Université McGill a permis de révéler une propriété jusqu’ici inconnue des lymphocytes T qui pourrait modifier notre compréhension du développement de l’immunité à long terme.

Les scientifiques ont longtemps cru que les lymphocytes T résidents mémoires – qui demeurent dans les tissus après la disparition d’une infection et réagissent rapidement si la menace réapparaît – étaient principalement influencés par des signaux biochimiques.

De nouveaux résultats publiés dans Nature Immunology remettent en question cette théorie. L’étude donne à penser que les lymphocytes T peuvent détecter la rigidité des tissus environnants et que ce sont ces signaux qui déterminent s’ils deviendront ou non des cellules mémoires à longue durée de vie. Les chercheurs avancent que l’adaptation aux forces mécaniques plus importantes présentes dans les tissus pourrait être nécessaire à la survie à long terme des lymphocytes T mémoires.

« Cette découverte fondamentale et prometteuse nous amène à revoir notre conception des cellules immunitaires, explique Judith Mandl, autrice principale de l’étude et professeure au Département de physiologie de l’Université McGill. Ces résultats semblent indiquer que les cellules T peuvent “percevoir” leur environnement et s’adapter à celui-ci, ce qui signifie que les propriétés physiques de leur milieu jouent un rôle actif dans leur comportement. »

Cette découverte est le fruit d’une collaboration entre des chercheurs du Département de physiologie de l’Université McGill, du Centre Alan-Edwards de recherche sur la douleur, du Département de génie biologique, du Centre universitaire de santé McGill, ainsi que d’établissements partenaires aux Pays-Bas et aux États-Unis.

Nouvelles pistes de recherche

Ces résultats pourraient éventuellement mener à de nouvelles méthodes de traitement des maladies auto-immunes, des allergies et du rejet de greffe, soit des situations où les lymphocytes T peuvent s’attaquer par erreur à des tissus sains.

Les auteurs soulignent que ces résultats pourraient également faire avancer la recherche sur le cancer.

« Les cellules immunitaires ont souvent du mal à pénétrer dans les tumeurs en raison de leur densité. Une meilleure compréhension de l’adaptation des lymphocytes T à ces milieux pourrait permettre aux scientifiques de concevoir des immunothérapies contre le cancer capables de mieux atteindre et attaquer les tumeurs », explique Judith Mandl.

Une expérience révélatrice

Pour déterminer la réaction des lymphocytes T à leur environnement, l’équipe de recherche a placé des cellules immunitaires humaines et murines dans des gels de collagène conçus pour reproduire des tissus de rigidité variable. Plus le gel était rigide, plus les cellules étaient susceptibles d’acquérir des caractéristiques semblables à celles des lymphocytes T résidents mémoires, associés à une protection immunitaire durable.

Les chercheurs doivent maintenant identifier le capteur moléculaire qui permet aux lymphocytes T de percevoir leur environnement et de transformer une force physique en changement biologique.

L’étude

L’article « Mechanosensing by T cells promotes a tissue-resident memory transcriptional program », par Jérémy Postat, Judith Mandl et coll., a été publié dans Nature Immunology.

L’étude a été financée par le programme scientifique Frontières humaines, les Instituts de recherche en santé du Canada, la Fondation canadienne pour l’innovation, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada et les National Institutes of Health des États-Unis.

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