Inside McGill Inside My Head

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« La demande était pas mal corpo au début », se remémore Alain Farah en riant. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Alain Farah ne fait pas tellement dans le corpo. Le professeur Farah enseigne au Département de langue et littérature françaises de McGill. Il est également l’auteur de Pourquoi Bologne, roman paru en français en 2013, puis en anglais en 2015 sous le titre Ravenscrag. Dans un véritable maelström, le livre raconte l’histoire hachurée d’un certain Alain Farah, auteur qui travaille à McGill en 1962 et en 2012. Dans certains passages de l’œuvre situés tantôt en 1962, tantôt en 2012, le personnage, visiblement mal en point, déambule sur le campus de l’Université.

Il était donc tout naturel, curieusement, que McGill demande au professeur Farah de réaliser une visite guidée de l’Université en vidéo pour La Fabrique culturelle, plateforme Web de diffusion culturelle de Télé‑Québec pour laquelle McGill produit du contenu. Parce que, malgré notre petit côté corpo, nous aimons bien nous amuser de temps en temps!

Réalisé par Alain Farah et François Blouin, cinéaste et photographe, le court métrage Inside McGill Inside My Head convie le spectateur à une visite guidée du campus tel qu’il existe, comme le laisse entendre le titre… dans la tête d’Alain Farah. Peut-être.

McGill fascine… et fait peur

« Ce n’est pas vraiment McGill, ce n’est pas vraiment moi, dit Farah. C’est McGill comme lieu d’étrangeté qu’on ne connaît pas. Pour moi, comme pour beaucoup de francophones, McGill est très impressionnante, très épeurante. Mais il y a aussi une vraie magie, une atmosphère, qui est dans les lieux et dans les bâtiments, qui est difficile à expliquer et qu’on voulait capturer. »

C’est cette magie singulière habitant les bâtiments, les corridors et les tunnels de McGill qu’Alain Farah et François Blouin ont photographiée pendant deux jours. Par la suite, le réalisateur François Blouin a décidé de faire un photomontage vidéo.


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« J’avais juste le goût de ne pas faire de sons, explique François Blouin. On a travaillé à partir de la forme du photoroman parce qu’on voulait entrer en dialogue avec les œuvres qui sont nos modèles. Et, en particulier, rendre hommage au cinéaste Chris Marker et à la nouvelle vague du cinéma français. »

Les deux camarades évoquent diverses références visuelles en parlant de la vidéo, notamment du plan inspiré de la scène de Sueurs froides, de Hitchcock, où Kim Novak se tient sous le séquoia. Ils espèrent que cette collaboration débouchera dans un proche avenir sur un long métrage inspiré du roman d’Alain Farah, Pourquoi Bologne. La réalisation de cette capsule vidéo les a aidés à préciser leur démarche en prévision du long métrage. Le produit final répond visiblement à leurs attentes, et ils sont impatients de voir comment il sera accueilli.

« Y’a plus rien à effacer », conclut François Blouin, à la fois soulagé et satisfait.