Groupes environnementaux : au-delà de la conservation

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Une nouvelle étude s’intéresse au rôle des ONG en politique environnementale mondiale
Publié: 17juin2020

Bien que les organisations non gouvernementales (ONG) soient devenues des acteurs importants en politique environnementale mondiale, nous n’avons pas un portrait clair de ce domaine. Une nouvelle étude révèle que les groupes environnementaux concentrent de plus en plus leurs actions de revendication sur la politique liée aux changements climatiques et à la justice environnementale. Leur façon de travailler est en grande partie déterminée par les inégalités régionales en matière de ressources humaines et financières.

Pour comprendre les actions et la motivation de ces groupes, des chercheurs de l’Université McGill, de l’Université de Géorgie et du Leibniz Centre for Tropical Marine Research ont analysé des données provenant de 679 ONG environnementales de partout dans le monde. Ils ont ensuite publié leurs conclusions dans la revue PLOS ONE.

On croit généralement que ces organisations s’intéressent principalement à la protection et à la conservation de l’environnement. Toutefois, en examinant les énoncés de mission de ces groupes, les chercheurs ont découvert que l’importance de la politique climatique (engagements en matière de changements climatiques) et de la justice environnementale (respect de la nature et des droits de la personne) avait été nettement sous-estimée jusqu’ici. Ils ont calculé un indice de pouvoir pour les ONG en tenant compte de leurs ressources humaines et financières, et ont découvert que plus de 40 % des organisations les plus puissantes mettaient l’accent sur ces domaines dans le cadre de leur mission.

« Les organisations puissantes qui se préoccupent des questions climatiques sont plus nombreuses que celles qui s’intéressent à la perte de biodiversité ou à la dégradation des sols, affirme Klara Winkler, chercheuse postdoctorale à l’Université McGill. Certaines questions environnementales attirent davantage l’attention que d’autres, et il faut en être conscient, car ces autres questions risquent d’être négligées, voire oubliées. »

L’étude révèle aussi des inégalités régionales en matière de ressources humaines et financières. Les ONG environnementales d’Afrique et d’Océanie possèdent le plus petit nombre médian d’employés, et les ONG africaines ont les budgets annuels médians les plus faibles. Tandis que les organisations d’Amérique du Nord et d’Europe ont la capacité financière médiane la plus grande, celles d’Amérique latine et des Caraïbes ont le nombre médian d’employés le plus élevé.

D’après les chercheurs, ces différences sont probablement le reflet des coûts de main ‑d’œuvre et des flux financiers : les ONG environnementales de l’hémisphère sud emploient plus de gens avec moins d’argent, alors que celles de l’hémisphère nord gèrent plus d’argent, mais moins d’employés. Cette disparité indique également une division mondiale de la main-d’œuvre, selon laquelle les ONG du Nord jouent le rôle de donatrices ou de coordonnatrices pour des projets d’envergure, alors que les ONG du Sud font de la sous-traitance pour l’exécution.

« Grâce à cette étude, nous avons une idée de la mesure dans laquelle les ONG arrivent à défendre leurs programmes et à les mettre en œuvre sur le terrain. En sachant où se trouvent les disparités et les restrictions dans les régions, nous pourrons mieux comprendre les différences observées entre les politiques environnementales », précise le coauteur de l’étude Stefan Partelow, du Leibniz Centre for Tropical Marine Research, en Allemagne.

L’étude

L’article « Environmental Non-Governmental Organizations and Global Environmental Discourse », par Stefan Partelow, Klara Winkler et Gregory Thaler, a été publié dans la revue PLOS ONE.

DOI : https://doi.org/10.1371/journal.pone.0232945

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