Des ennuis dentaires?

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Des spécialistes de la médecine dentaire se réunissent à McGill pour analyser l'effet des dents manquantes et des implants sur la santé

Les Canadiens sont trop nombreux à avoir perdu leurs dents. C'est la raison pour laquelle environ 175 dentistes, étudiants en médecine dentaire et techniciens dentaires se réuniront à l'Université McGill du 24 au 25 mai pour s'instruire sur les derniers faits connus sur les dents manquantes et leurs effets délétères sur la santé.

Un atelier qui aura lieu le 24 mai à 8 h 15 présente un intérêt tout particulier, "The World Without Teeth: Who Are the Patients and Where do They Live?". Un autre atelier convivial pour les journalistes portera sur les avantages des prothèses implantées par opposition aux dentiers classiques : "Are Mandibular 2-Implant Overdentures Better Than Conventional Dentures?" Prévu à 11 h 15 le 24 mai, cet atelier sera donné par la coorganisatrice de la conférence, Jocelyne Feine, directrice des études supérieures en sciences dentaires à McGill (faculté de médecine dentaire). Au cours de cet atelier, Mme Feine analysera les résultats de deux récents essais cliniques, qui ont révélé que les prothèses implantées sont remarquablement plus efficaces pour promouvoir un bon état de santé général que les dentiers classiques. Parmi les personnes âgées qui se sont prêtées aux essais de Mme Feine, deux douzaines seront là pour des entrevues à 13 h 00 au Cercle universitaire (3450, rue McTavish).

Le manque d'argent équivaut souvent à l'absence de dents

Mme Feine affirme que la perte des dents, que l'on appelle cliniquement l'édentation, affecte particulièrement les personnes âgées à faible revenu. Selon les dernières statistiques dont on dispose, plus de la moitié des Canadiens de 65 ans et plus n'avaient plus aucune de leurs dents en 1988. Même si la situation s'est quelque peu redressée depuis, 58 pour cent des Québécois de plus de 65 ans n'ont toujours pas de dents. Pire, les Québécois des couches socio-économiques les plus basses ont six fois plus de chances de ne pas avoir de dents que ceux qui ont un revenu plus élevé. « Étant donné que la population du Canada vieillit », met en garde Mme Feine, « la forte demande de soins par des personnes édentées persistera pendant des décennies ». De plus, la perte des dents ne touche pas que les personnes âgées. Vingt-cinq pour cent des jeunes Québécois dont le revenu annuel est inférieur à 24 000 $ n'ont plus aucune de leurs vraies dents. Quel que soit l'âge, déclare Mme Feine, « La perte des dents a de profonds effets délétères sur le régime et la santé».

Mme Feine et 13 autres conférenciers traiteront des sujets suivants :

  • Façon dont les gens qui ont moins de dents évitent les aliments difficiles à mâcher.
  • Façon dont une mastication réduite empêche les gens de consommer la quantité voulue de fruits, de légumes, de viande et de pain.
  • Façon dont les personnes édentées consomment plus de graisses et ont un taux de cholestérol plus élevé.
  • Lien que les études ont établi entre la perte des dents et les maladies systémiques chez les personnes âgées.
  • Façon dont les dents manquantes peuvent détériorer l'état de santé général et causer une mort prématurée.
  • Façon dont les sujets qui ont des prothèses implantées souffrent nettement moins de troubles gastro-intestinaux et ont une meilleure nutrition que ceux qui portent des dentiers.

Les ateliers auront lieu de 8 h à 17 h le 24 mai et de 9 h à 13 h le 25 mai. Les conférences se dérouleront dans la salle Moyse du pavillon des arts (853, rue Sherbrooke O). Tous les journalistes sont les bienvenus et n'ont qu'à téléphoner à Sylvain-Jacques Desjardins à 514-398-6752.