La douleur chronique module le système immunitaire

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Cynthia Lee, McGill Salle de presse

L’épigénétique pourrait nous rapprocher de traitements plus efficaces contre la douleur chronique

La douleur chronique pourrait reprogrammer le fonctionnement des gènes dans le système immunitaire. C’est ce qui ressort d’une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université McGill et publiée dans Scientific Reports.

« Nous avons constaté que la douleur chronique modifiait le marquage de l’ADN non seulement dans le cerveau, mais également dans les lymphocytes T, type de globule blanc qui joue un rôle essentiel dans l’immunité, explique Moshe Szyf, professeur à la Faculté de médecine de l’Université McGill. Nos observations témoignent des effets dévastateurs de la douleur chronique sur des composantes importantes de l’organisme, comme le système immunitaire », précise-t-il.

La douleur chronique – une douleur qui persiste pendant au moins six mois – est l’une des causes d’invalidité les plus répandues dans le monde. Malgré la quête acharnée de nouvelles stratégies thérapeutiques, le soulagement de la douleur chronique continue de nous échapper.

Études menées chez le rat

L’équipe, entièrement mcgilloise, a examiné de l’ADN provenant du cerveau et de globules blancs de rats à l’aide d’une méthode permettant de cartographier l’ADN marqué par une substance chimique appelée groupement méthyle. « Les groupements méthyles jouent un rôle de premier plan dans la régulation du fonctionnement des gènes », explique Laura Stone, coauteure de l’étude, professeure à la Faculté de médecine dentaire et chercheuse au Centre de recherche sur la douleur Alan-Edwards. Ce type de marquage chimique relève de l’épigénétique, discipline en plein essor qui s’intéresse aux modifications pouvant stimuler ou inhiber un gène et, ce faisant, reprogrammer son fonctionnement.

« Nous avons constaté avec étonnement que des centaines, voire des milliers, de gènes différents portaient la marque de la douleur chronique. C’est énorme!, ajoute le Pr Szyf. Nous pouvons maintenant explorer les répercussions de la douleur chronique sur des composantes de l’organisme qui ne sont pas normalement associées à la douleur. »


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Cibles éventuelles pour de nouveaux antidouleurs

Ces observations pourraient ouvrir de nouvelles avenues pour le diagnostic et le traitement de la douleur chronique chez l’être humain, avancent les chercheurs, puisque certains des gènes marqués par la douleur chronique pourraient devenir des cibles pour les médicaments.


L’étude « Overlapping signatures of chronic pain in the DNA methylation landscape of prefrontal cortex and peripheral T cells », par Renaud Massart, Sergiy Dymov, Magali Millecamps, Matthew Suderman, Stéphanie Grégoire, Kevin Koenigs, Sebastian Alvarado, Maral Tajerian, Laura Stone et Moshe Szyf, a été publiée dans Scientific Reports. DOI : 10.1038/srep19615

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