Le Canada lance un programme de dépistage sérologique pour mieux gérer la COVID-19

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Des experts de l’Université McGill joueront un rôle clé dans un groupe de travail pancanadien chargé d’évaluer l’immunité au SARS-CoV-2
Publié: 23avr.2020

Le gouvernement du Canada lance un groupe de travail qui sera chargé de mesurer l’étendue de l’infection à coronavirus au pays et de recueillir rapidement l’information nécessaire à la prise en charge de la pandémie et à un retour au travail sécuritaire. 

Pour aller chercher cette information cruciale, le Groupe de travail sur l’immunité à la COVID-19 pourra compter sur des experts des universités et des hôpitaux canadiens, qui travailleront en étroite collaboration avec les autorités sanitaires des provinces et des territoires. 

Grâce à de simples analyses sanguines, le groupe de travail recherchera des anticorps dirigés contre le coronavirus dans des échantillons représentatifs de la population. Les données de cette vaste initiative échelonnée sur deux ans détermineront le degré d’immunité de la population générale et de populations prioritaires, notamment les travailleurs de la santé. 

Rôles clés 

Le Dr  David  Naylor, président émérite de l’Université de Toronto et professeur de médecine dans cet établissement, et la Dre  Catherine  Hankins, professeure de santé publique et populationnelle à l’Université McGill, coprésideront l’équipe de direction du groupe de travail. 

L’Agence de la santé publique du Canada a également prévu la constitution d’un secrétariat externe, responsable de la mise en œuvre des décisions de l’équipe de direction et de l’établissement de partenariats à l’étranger. Ce secrétariat sera dirigé par le Dr  Timothy  Evans, directeur de l’École de santé des populations et de santé mondiale à l’Université McGill. Comme de nombreuses personnes exposées au SARS-CoV-2, coronavirus qui cause la COVID19, sont exemptes de symptômes, les scientifiques n’ont pu observer que « la partie visible de l’iceberg » jusqu’à maintenant, c’est-à-dire les personnes qui ont des symptômes et doivent recevoir des soins. « Toutes les personnes infectées, mais dont les symptômes étaient si légers qu’elles n’ont pas subi de test, passent sous le radar, précise le Dr  Evans. Le dépistage sérologique nous donnera une idée de leur nombre et de leur lieu de résidence. » 

 

La partie cachée de l’iceberg 

« C’est important, parce que si la partie cachée de l’iceberg est très large – c’est-à-dire s’il y a des signes d’infection chez de nombreuses personnes – le virus pourrait avoir plus de mal à circuler lors des prochaines vagues de la pandémie. » 

La connaissance du degré d’immunité que confère l’infection peut se révéler fort utile pour orienter les décideurs, qui devront sécuriser les lieux de travail lors de la reprise de la vie économique. 

« En sachant combien de personnes au Canada ont été infectées et sont donc déjà immunisées en partie contre le virus, les décideurs pourront s’appuyer sur la science pour déterminer quand et comment assouplir les mesures d’éloignement physique qui freinent l’activité économique », explique la Dre  Hankins. 

Une bonne évaluation du risque dans la population générale et certains sous-groupes pourrait nous permettre, une fois passé le premier pic de la COVID-19, d’exercer une surveillance ciblée afin de tuer dans l’œuf les éclosions avant qu’elles se transforment en épidémies. Si on a une bonne idée du degré d’immunité, on pourrait également riposter aux prochaines vagues par des interventions plus douces pour la vie sociale et économique. 

Le Canada travaillera de concert avec d’autres pays pour élaborer des protocoles de surveillance sérologique par l’entremise de réseaux constitués sous les auspices de l’Organisation mondiale de la Santé et du Wellcome Trust. 

L’équipe de direction du groupe de travail comprendra des représentants des agences clés du gouvernement du Canada et de plusieurs ministères de la Santé provinciaux ainsi que des experts en sérosurveillance, en immunologie, en maladies infectieuses, en santé publique et en médecine. 

 « En investissant dès aujourd’hui en recherche, le Canada sera mieux outillé dans les mois à venir, souligne la ministre de la Santé, Patty  Hajdu. « Certains des plus grands experts et chercheurs en santé du Canada vont nous aider à mettre en place les bonnes mesures sanitaires pour la suite des choses. Ils nous aideront aussi à épauler les travailleurs essentiels en fonction des données probantes et de l’exposition au virus, et à planifier l’arrivée d’un vaccin. » 

 

Mobilisation pancanadienne 

Le groupe de travail mobilisera des chercheurs de partout au pays dans le but de générer le plus rapidement possible des données probantes qui orienteront la prise en charge de la pandémie. « Nous espérons ardemment pouvoir lancer notre première étude en mai prochain », déclare le Dr  Evans. 

« Il y a au pays une grande capacité de mobilisation scientifique, et cette vaste collaboration pancanadienne, qui nous aidera à remettre nos vies personnelle et professionnelle sur les rails, le montre bien », fait observer Suzanne  Fortier, principale de l’Université McGill. « Notre université se réjouit de faire partie du groupe de travail et de s’être vu confier le soutien de son secrétariat. Nous ne ménagerons aucun effort pour aider le Dr  Evans et ses collègues à mener à bien cette initiative cruciale, déployée en réponse à une urgence sans précédent. » 

Le Dr  Timothy  Evans s’est joint à l’Université McGill en septembre  2019 à titre de vice-doyen et premier directeur de l’École de santé des populations et de santé mondiale, vouée à l’amélioration de la santé des populations et à la réduction des inégalités en santé au Québec, au Canada et dans le monde. 


Pour en savoir davantage sur l’offensive des chercheurs de l’Université McGill contre la COVID-19, rendez-vous à https://dossiers.mcgill.ca/fr/comprendre-et-combattre-la-covid-19/

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