Créer du capital social dans un monde post-COVID

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Pour beaucoup d’entre nous, l’été est synonyme de réjouissances et de renouveau. Les journées sont plus longues, le soleil plus radieux. Les apprenantes et apprenants se réjouissent de voir se terminer une autre année d’études, et d’autant plus si elle se solde par un diplôme… Félicitations à tous ceux et celles qui marquent des jalons, petits ou grands!

Alors que nous poursuivons notre transition vers un monde « post-COVID », nous assistons à une renaissance de la vie « en personne », pour le meilleur – et parfois pour le pire! Ce rapprochement des êtres humains nous amène à penser non seulement à la santé et à la reprise économique, mais aussi au « capital social ». Ce concept, qui renvoie au contrat social ainsi qu’à la cohésion et aux réseaux interpersonnels, a gagné en popularité au cours du dernier siècle. Selon certains, Lyda J. Hanifan a été la première à y faire explicitement référence, en 1916, pour souligner l’importance de la cohésion et des réseaux sociaux : « L’individu est socialement impuissant s’il est seul. S’il entre en contact avec son voisin, et celui-ci avec d’autres voisins, il y aura une accumulation de capital social [...] La communauté en tant que tout bénéficiera de la coopération de toutes ses parties. »1

Aujourd’hui, la notion de de capital social s’appuie sur les travaux de nombreux sociologues et politologues tels Durkheim, Weber et Bourdieu – sans oublier Robert Putnam, qui a inventé l’expression « seul au bowling » pour déplorer, à tort ou à raison, le déclin du capital social à la fin du xxe siècle.

Le capital social, en soi, n’est pas une panacée. En fait, il peut même renforcer des structures et des groupes intrinsèquement inéquitables ou exclusifs. Toutefois, à son meilleur, il constitue l’une des assises de la démocratie libérale et de la dignité de la personne humaine. 

Aujourd’hui, le capital social mutuellement bénéfique semble difficile à construire et à maintenir face aux forces puissantes qui en sapent les fondements. La guerre, la violence, l’extrémisme, la concurrence effrénée pour des ressources toujours plus rares, les pandémies, et même le télétravail, ce cheval de Troie des temps modernes, tout cela peut miner la cohésion et les réseaux sociaux.

Cela rend le travail de l’École d’éducation permanente de l’Université McGill d’autant plus crucial. Dans notre établissement d’enseignement, nous bâtissons et reconstruisons chaque jour le capital social tant par l’entremise de nos étudiantes et étudiants et par le partage des connaissances que par la création qui se fait au sein du corps professoral et du personnel. Lors de la récente collation des grades, je me suis sentie en communion avec tous ces jeunes venus recevoir leur diplôme sous le regard attendri de leurs proches, et je me faisais la réflexion que c’est nous toutes et tous qui profitons de cette communauté d’apprentissage. Autre exemple de création de capital social : lorsque nous nous serrons les coudes pour aider ceux et celles qui sont dans le besoin, comme les populations déplacées ou arrivant comme réfugiées d’Ukraine et d’autres régions déchirées par la guerre, ou encore les sans-abri et autres personnes défavorisées plus près de chez nous.

Mois national de l’histoire autochtone au Canada, l’École d’éducation permanente travaille, avec son Initiative de relations avec les Autochtones, à faire progresser étape par étape la réponse aux appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation en sensibilisant les gens et en perfectionnant nos connaissances au contact de nos partenaires. Cela aussi contribue à la construction du capital social, une apprenante, un collègue, une communauté à la fois.

 


1Hanifan, L. J. (1916). The Rural School Community Centre. Annals of the American Academy of Political and Social Sciences 67, 130-38, p. 130.

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