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2021 : Éclosion de chenilles spongieuses

5 paires de points bleus suivis de 6 paires de points rouges

 

Une éclosion de spongieuse provoque une importante défoliation

Par Jacquie Bede
Département des Sciences végétales, Université McGill

 

En vous promenant à l’Arboretum ces derniers jours, vous avez sans doute remarqué de nombreuses feuilles au sol et un bruit ressemblant à de la pluie : c’est le résultat de la présence d’une multitude de chenilles spongieuses. Il s’agit cette année d’une importante éclosion qui provoque une dévastation significative : cette chenille vorace se nourrit des feuilles d’arbres, en particulier le chêne, le mélèze, le pommier, le tremble et le bouleau, mais ne dédaigne pas d’autres essences quand sa nourriture préférée se fait rare.

La destruction des feuilles réduit la capacité de photosynthèse de l’arbre. Rappelons que la photosynthèse est une série de réactions biochimiques qui permettent à l’arbre d’accumuler des réserves sous forme de glucides (sucres) en vue de passer l’hiver et de produire de nouvelles feuilles l’année suivante. Bien que la défoliation ne tue pas l’arbre, s’il ne réussit pas à faire des réserves suffisantes, il risque d’être affaibli, ce qui le rend vulnérable aux maladies et autres aléas. Nous testons présentement l’aspersion de jeunes arbres avec le bio insecticide Btk pour réduire leur défoliation.

Les chenilles se remarquent facilement, surtout aux stades matures. En partant de la tête, on voit sur leur dos cinq paires de points bleus (un de chaque côté), puis six paires de taches rouge vif. Au niveau des taches, les flancs portent des touffes de poils appelés setae. Bien que ces chenilles ne soient pas « toxiques », le contact de la peau avec ces setae peut provoquer une irritation et une éruption cutanée.

Il existe en Amérique du Nord deux types étroitement apparentés de spongieuse (Lymantria dispar), qui peuvent détruire de larges superficies de forêts. L’information à leur sujet n’est pas toujours très claire et peut porter à confusion. Retenons que l’une des sous-espèces, la spongieuse européenne (Lymantria dispar dispar), a été introduite en Amérique du Nord il y a environ 150 ans pour la production de soie. Cette initiative a échoué, mais des insectes se sont échappés et ont survécu. La sous-espèce Lymantria dispar asiatica a été introduite à plusieurs occasions sans doute par bateau. Ces deux sous-espèces exotiques sont considérées comme invasives en Amérique du Nord car elles y trouvent naturellement peu de prédateurs ou de parasitoïdes.

Comment expliquer l’éclosion de cette année (2021)? Les éclosions d’insectes surviennent régulièrement. Les insectes sont présents en tout temps mais, régulièrement, les conditions deviennent idéales pour l’éclosion de l’une ou l’autre espèce. De plus, en tant qu’espèce invasive, la spongieuse compte peu de prédateurs naturels. Les oiseaux s’en nourrissent à l’occasion, mais tendent à les éviter à cause des setae. Notons que certains parasitoïdes ou virus peuvent infecter cet insecte. C’est toutefois en hiver quand la température chute sous -25oC que sa survie est la plus menacée. Les températures clémentes de l’hiver dernier ont donc favorisé l’éclosion massive qu’on connaît. Qui se plaindra du froid, en sachant cela!

 

Cycle de vie de la spongieuse

 

Contrôle de la spongieuse :

https://www.canr.msu.edu/ipm/Invasive_species/Gypsy-Moth/

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1802979/epidemie-arbre-insecte-forets-feuilles-defoliation

https://www.cbc.ca/news/canada/ottawa/gypsy-moth-infestation-invasive-species-burlap-soapy-water-solution-1.6035662

https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/conseils-pour-controle-parasites/spongieuse.html

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