Marie Leconte

B.A. Linguistique, Université de Montréal

D.E.S.S. Traduction, Université Concordia

M.A. Traductologie, Université Concordia

Ph.D. Études anglaises, Université de Montréal

Stage postdoctoral, Littératures de langue française, traduction et création, Université McGill

 

La thèse de doctorat de Marie Leconte porte sur la littérature anglophone de Montréal, sa traduction en français et son évolution moderne dans la sphère des lettres québécoises. Pour son mémoire de maîtrise, elle a traduit en français une douzaine de poèmes d’A. M. Klein, grand poète juif montréalais du milieu du vingtième siècle. Dans les deux cas, il s’agit de recherches interdisciplinaires qui allient les études littéraires, la traductologie et la linguistique avec les courants socioculturels et historiques de Montréal.

La littérature contemporaine au Québec est fortement entremêlée aux enjeux socioculturels et sociopolitiques causés par l’enchevêtrement de la culture dans la langue (tout autant que de la langue dans la culture). Plus habituellement envisagé du point de la littérature québécoise depuis la Révolution tranquille, ce rapprochement culturel et politique peut, depuis peu, se targuer d’une affiliation plutôt paradoxale, celle avec une littérature mineure de langue anglaise.

Le projet de recherche de Marie Leconte au sein du CRIEM s’articule autour de l’évolution de la littérature anglo-québécoise à Montréal et les tensions politiques et linguistiques qui l’ont influencée. L’étude se fera à l’aide des archives complètes de la Quebec Writers’ Federation (QWF), organisme créé au milieu des années 1990 suivant la fusion de deux autres organismes tenus par des acteurs littéraires anglophones montréalais. Les archives de cet organisme regorgent d’informations pertinentes pour une recherche qui vise à mieux comprendre les circonstances de l’apparition et de l’épanouissement de cette littérature. L’échange entamé par la QWF avec les structures québécoises institutionnelles, culturelles et gouvernementales avait comme ambition la reconnaissance de la présence des écrits et des auteur(e)s de langue anglaise dans la sphère culturelle québécoise. Ce projet permettra d’éclairer les différentes étapes d’une institutionnalisation qui s’est développée à Montréal en parallèle à celle de la littérature québécoise.

Cartographier l’histoire de cette littérature anglophone en s’appuyant sur le parcours d’une initiative collective, devenu organisme culturel, dans l’espace culturel, institutionnel et politique francophone montréalais se veut un projet qui s’insère parfaitement dans l’axe « langue, appartenance et plurilinguisme » du CRIEM. Les enjeux culturel, politique et économique de la langue sont reflétés non seulement dans les œuvres de cette littérature, mais plus concrètement dans le développement de son institutionnalisation. Bien que l’expression de l’identité se fait par l’intermédiaire de la langue, elle ne s’y résume pas uniquement. En revanche, son choix a une incidence non négligeable sur la façon dont nous interprétons l’appartenance de celui ou celle (ou de l’organisme) qui l’emploie. Il s’agit dans ce projet d’observer la façon dont s’est développée (et se développe toujours) cette littérature anglophone dans l’espace culturel montréalais francophone en tenant compte de l’évolution des relations tisser au travers le temps par la QWF avec les entités littéraires, médiatiques, gouvernementales et institutionnelles locales et provinciales.

Le deuxième axe de recherche dans lequel s’insère son projet est celui de la « Culture numérique, art, littérature et performance ». Les archives de la QWF sont importantes et leur forme, fragile et inaccessible pour la majorité des personnes qui pourraient vouloir les consulter. Marie a comme objectif de développer de concert avec des experts leur accessibilité. Il s’agira ici de trouver non seulement un espace numérique où les héberger, mais aussi d’élaborer la meilleure façon de les mettre en valeur. Dans le même esprit que la recherche décrite plus haut, elle tient à ce que ces archives soient présentées dans le contexte sociohistorique montréalais de leur apparition afin de voir comment elles « [contribuent] à solidifier ou éroder les frontières entre les communautés linguistiques et ethno-raciales. » À cette fin, elle élaborera une catégorisation du matériel archivé en fonction d’un objectif à déterminer à l’aide d’experts du domaine des archives, mais aussi de personnes plus directement impliquées dans les enjeux sociaux les entourant.

Terreau fertile pour les enjeux linguistiques québécois, Montréal est l’endroit témoin par excellence des fluctuations des tensions avec la langue anglaise au fil du temps. Non seulement le choix d'une langue par rapport à une autre incline-t-il le contenu de ce qui est exprimé, mais la prémisse du choix a également un impact . Reconnaître ceci est primordial. Lorsqu'elle est comprise comme une pratique de communication interculturelle, la traduction est chargée de beaucoup plus de sens. Sans une compréhension complète de chaque côté, l'information est presque toujours appréhendée avec un seul d'entre eux en tête, celui qui reçoit. Pour cette raison, les résultats seront publiés en français et en anglais. L’objectif de chaque texte sera d’aborder le biais inhérent contenu dans et à travers les deux langues entourant l’émergence et le développement d’une littérature anglophone au Québec et l'évolution de son institutionnalisation.

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