La Pre Alayne Adams parle de son parcours et de son rôle en tant que directrice du programme de santé mondiale

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Publié: 31mai2021

La Pre Alayne Adams, directrice du programme de santé mondiale et professeure agrégée au Département de médecine de famille, a grandi dans une petite ville du Nouveau-Brunswick où « tout semblait possible ». Le parcours éducatif de la Pre Adams reflète sa passion pour l’interconnexion des disciplines. Elle a obtenu son diplôme de premier cycle en philosophie politique et en économie du développement tout en suivant autant de cours facultatifs en littérature anglaise et en histoire de l’art que son programme le permettait. Après avoir obtenu son diplôme, elle a quitté le Canada pour faire partie d’une avant-garde de bénévoles soutenant le déploiement du système d’écoles secondaires communautaires du Botswana. « Ces années ont été très formatrices, car elles ont exigé de l’ingéniosité et de la patience. Elles m’ont permis d’avoir un apprentissage pratique de la complexité, de la culture et de la communauté », se souvient-elle. Titulaire d’une bourse du Commonwealth, elle a obtenu une maîtrise en nutrition humaine à la London School of Tropical Hygiene and Tropical Medicine, ainsi qu’un doctorat en santé publique. Elle a ensuite poursuivi ses travaux postdoctoraux à la T.H. Chan School of Public Health de l’Université Harvard.

La Pre Adams connaît l’importance de la solidarité mondiale depuis son plus jeune âge, puisque ses parents étaient des membres fondateurs d’Amnesty International au Canada. « Tout au long de mon enfance, d’anciens prisonniers d’opinion passaient par notre maison, partageant des histoires remarquables de résistance et de persécution », dit-elle.  « Après avoir obtenu mon diplôme de premier cycle, j’avais désespérément envie de me joindre au vrai monde de la majorité mondiale. Mes expériences vécues au Botswana et au Mali ont été fondamentales dans l’élaboration de mes intérêts professionnels pour les déterminants sociaux des inégalités en matière de santé. C’est ce qui a orienté mes études supérieures et mes recherches dans cette direction. » La Pre Adams relate que son séjour à Harvard a été particulièrement influent, compte tenu du fait qu’elle était en compagnie de chercheurs aux premières lignes de la santé mondiale.

Le premier emploi universitaire de la Pre Adams était à la Mailman School of Public Health de l’Université Columbia. « Je jonglais avec trois jeunes enfants, un penchant pour la course à pied de compétition et un portfolio de recherche mondial », partage la Pre Adams. « Un déménagement à Genève m’a donné l’occasion de redéfinir la notion d’équilibre. J’ai alors assumé le rôle de directeur général de l’Initiative conjointe d’apprentissage sur les enfants et le VIH/sida. » Cette initiative indépendante et limitée dans le temps a mobilisé plus de 200 dirigeants politiques, praticiens, leaders communautaires et érudits de plus d’une douzaine de pays. Fondée sur des données probantes, l’initiative a permis de mener des efforts de plaidoyer afin d’améliorer le bien-être des enfants, des familles et des communautés touchés par le VIH et le sida.

De 2010 à 2016, la Pre Adams a vécu à Dhaka, au Bangladesh, où elle a occupé le poste de chercheuse sociale principale au Centre international de recherche sur les maladies diarrhéiques, Bangladesh (icddr, b), un centre international de recherche sur la santé des populations. « J’ai commencé à travailler au Bangladesh à la suggestion de mon superviseur, Lincoln Chen, dont les liens avec l’Université BRAC et l’icddr, b remontaient à la guerre de libération », partage-t-elle. « Au cours de ma carrière, j’ai vu le pays croître et se développer de manière étonnante, allant d’améliorations remarquables en matière d’éducation et d’indicateur de santé à des taux d’urbanisation qui ont placé le pays en tête des classements mondiaux en termes d’embouteillages et de mauvaise qualité de l’air. » En 2004, la Pre Adams a participé à la cofondation de la James P. Grant School of Public Health à l’Université BRAC de Dhaka et a conçu et coordonné les cours de base du programme de maîtrise en santé publique.

La Pre Adams s’est jointe au Département de médecine de famille de McGill en 2019 à titre de professeure agrégée et est également devenue directrice du programme de santé mondiale. « Je me sens privilégiée d’assumer ce rôle et j’espère faire participer les cliniciens, les étudiants et le corps professoral dans la sphère de la santé mondiale. Nous vivons une époque extraordinaire où les valeurs et les solutions de la santé mondiale sont d’autant plus poignantes et importantes. C’est une occasion à saisir », partage-t-elle. « J’ai été attirée par ce département en raison de l’étendue des disciplines de son corps professoral et de sa préoccupation commune pour l’équité et l’engagement des patients et des communautés dans les soins de santé primaires. Depuis mon adhésion, j’ai étudié les croisements entre la littérature d’aspect mondial concernant les facteurs sociaux de l’équité en matière de santé et les systèmes de santé réactifs ainsi que les défis relevant de l’accès aux soins de santé dans la ville multiculturelle de Montréal. »

Dans le cadre d’un partenariat entre l’École de santé des populations et de santé mondiale et le programme de santé mondiale du Département de médecine de famille, une série de conférences et d’ateliers mensuels sur la prestation de soins primaires mondiaux a été lancée en janvier 2021. La série vise à inciter le corps professoral et les étudiants des départements respectifs, ainsi que la communauté de McGill et de Montréal dans un discours critique sur les innovations locales et mondiales en matière de prestation de soins de santé primaires. La série de webinaires invite les conférenciers à partager leurs expériences tandis que les ateliers permettent d’avoir des discussions informelles guidées autour des thèmes des webinaires et de lectures présélectionnées. Le dernier webinaire de la série aura lieu le 2 juin et consistera en une discussion sur l’adaptabilité des modèles de soins de santé publique dans une perspective humanitaire et de recherche ethnographique. L’atelier passera en revue les thèmes émergeant de la série et engagera les participants dans des discussions sur la manière d’aller de l’avant.

« La force organisationnelle derrière la série est Brianna Cheng, dont le talent, l’énergie et l’engagement sont inégalés », déclare la Pre Adams. « Alors que nous peaufinons la stratégie du Département en matière de santé mondiale, il est essentiel de rester pertinent et de collaborer au sein de McGill et au-delà. L’occasion de s’associer avec l’École de santé des populations et de santé mondiale nous permet de réunir nos professeurs dans le but de renforcer les liens dans nos programmes de recherche et d’enseignement respectifs. Les étudiants et les cliniciens ont également apprécié la possibilité de réfléchir et d’apprendre auprès d’experts du Département et d’ailleurs. » Cette série a reçu un écho très positif. Son succès met en évidence la nécessité des initiatives de partage des connaissances et l’importance des principes de soins de santé primaires dans la lutte contre les disparités sanitaires exposées et amplifiées par la pandémie. Les enregistrements et les résumés sont disponibles sur le site Web du Département de médecine de famille.

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