Lysandre Champagne obtient une bourse du CRSH

Nouvelles

Publié: 21sep2019

Le CRIEM félicite chaleureusement Lysandre Champagne, lauréate de la bourse doctorale BMO pour l'année universitaire 2019-2020, pour l'obtention d'une bourse de doctorat du CRSH! Elle poursuit présentement un projet de recherche intitulé « Les rapports de genre dans la scène musicale montréalaise émergente » au Département de sociologie de l'Université McGill, sous la supervision de Jan Doering.

 

Description du projet

Dans le contexte de l’industrie culturelle du XXIe siècle, les nouveaux modes de production et diffusion soutenus par les nouveaux médias ont profondément transformé le travail musical : carrière par projet, fragmentation stylistique, intensification des pôles d’innovation et démocratisation des instruments de production (Coulangeon ; 2009, Jouvenet ; 2007, Menger ; 2002). Les nécessités de développer un réseau professionnel, d’appartenir à une scène capable de se tailler une place sur le marché et d’acquérir des compétences « para-artistiques » s’inscrivent en amont des exigences techniques et savoir-faire. Mis à part les études de Buscatto en France, les rapports de genre le cadre du travail artistique demeurent peu observés, négligeant des terrains de luttes contemporaines pourtant révélateurs de transformations globales. Ainsi, ce projet de recherche doctoral s’applique à l’étude des travailleuses d’un monde professionnel caractérisé par les impératifs d’innovation, de production de soi et d’appartenance, c’est-à-dire : la scène musicale émergente montréalaise. 

L’objectif de cette recherche réside dans la monstration 1) des stratégies adoptées par les musiciennes afin d’intégrer la scène montréalaise 2) de la cartographie du cadre organisationnel et institutionnel de ce monde du travail 3) le double principe sexué de la qualification et de la hiérarchisation en milieu artistique.

Sur le plan théorique, la contribution de cette recherche est double : elle permet d’élargir la réflexion de la coexistence des exploitations (Delphy ; 2015) à une forme organisationnelle atypique du travail, et de questionner les rapports de genre à l’intérieur du « système d’innovation organisationnel » que représente le travail musicien (Menger ; 2003). Sur le plan social, cette étude a le bénéfice de montrer les pratiques des musiciennes en lien avec le cadre institutionnel (la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec, etc.) et de répondre aux récentes mobilisations des femmes en musique.