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Y a-t-il de la vie sur Mars?

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La découverte de microbes dans le permafrost se reproduisant à -15 °C, la température la plus basse connue pour une croissance bactérienne, offre des indices quant à la possibilité de vie sur Mars
Publié: 22 Mai 2013

La tempĂ©rature dans le permafrost de l’île Ellesmere du Haut-Arctique canadien est presque aussi froide que celle de la surface de Mars. Par consĂ©quent, la dĂ©couverte rĂ©cente par une Ă©quipe de scientifiques dirigĂ©e par l’UniversitĂ© McGill d’une bactĂ©rie capable de prolifĂ©rer Ă  -15 ÂşC, la tempĂ©rature la plus basse connue pour une croissance bactĂ©rienne, est passionnante. Cette bactĂ©rie offre des indices sur certaines des conditions prĂ©alables nĂ©cessaires Ă  la vie microbienne sur Ă  la fois Enceladus, une lune de Saturne, et Mars, oĂą l’on pense que des tempĂ©ratures très basses semblables existent en eau saumâtre

L’équipe de chercheurs, dirigĂ©e par le professeur Lyle Whyte et la boursière postdoctorale Nadia Mykytczuk, faisant tous deux partie du DĂ©partement des sciences des ressources naturelles de l’UniversitĂ© McGill, ont dĂ©couvert le Planococcus halocryophilus OR1 après avoir Ă©tudiĂ© environ 200 microbes du Haut-Arctique pour trouver les microorganismes les mieux adaptĂ©s aux conditions extrĂŞmes du permafrost de l’Arctique.

« Nous croyons que cette bactĂ©rie vit dans des veines très minces d’eau très salĂ©e prĂ©sentes dans le permafrost congelĂ© de l’île Ellesmere, explique Whyte. Le sel dans les veines de saumure du permafrost empĂŞche la congĂ©lation de l’eau aux tempĂ©ratures ambiantes du permafrost (~-16 ÂşC), et il en rĂ©sulte un milieu habitable mais très hostile. Ce n’est pas un endroit oĂą il est facile de survivre, mais cet organisme est capable de rester actif (c.‑à‑d. de respirer) dans le permafrost sous des tempĂ©ratures d’au moins ‑ 25 ÂşC. Â»

Pour comprendre comment cela est possible, Mykytczuk, Whyte et leurs collègues ont Ă©tudiĂ© la sĂ©quence gĂ©nomique et d’autres traits molĂ©culaires du P. halocryophilus OR1. Les chercheurs ont dĂ©couvert que la bactĂ©rie s’adapte au milieu salĂ© extrĂŞmement froid dans lequel elle est prĂ©sente grâce Ă  des modifications importantes de sa fonction et de sa structure cellulaire et des quantitĂ©s Ă©levĂ©es de protĂ©ines adaptĂ©es au froid. En particulier, des changements ont Ă©tĂ© constatĂ©s dans les membranes qui l’enveloppent et la protègent du milieu hostile dans lequel elle vit.

Ce microbe du permafrost présente une séquence génomique inhabituelle sous d’autres aspects. Il semble posséder à l’intérieur de sa cellule bactérienne des niveaux élevés de composés servant en quelque sorte d’antigel moléculaire, qui l’empêche de se congeler, tout en protégeant en même temps la cellule contre le milieu extérieur très salé.

Les chercheurs pensent que de tels microbes peuvent toutefois être nuisibles dans des milieux extrêmement froids tels que le Haut-Arctique en produisant une augmentation des émissions de dioxyde de carbone lors du dégel du permafrost, et contribuer ainsi au réchauffement planétaire.

Whyte est enchantĂ© de la dĂ©couverte et explique en faisant un clin d’œil : « Je ne suis pas peu fier de ce microbe. Il vient du Haut-Arctique canadien et c’est notre champion des basses tempĂ©ratures. Or, ce que nous allons apprendre Ă  son sujet pourrait nous en dire long sur la façon dont une vie microbienne semblable peut exister ailleurs dans le système solaire. Â»

Cette recherche a Ă©tĂ© subventionnĂ©e par : le Programme de formation en astrobiologie canadienne du Programme FONCER du Conseil de recherche en sciences naturelles et en gĂ©nie du Canada, l’Agence spatiale canadienne, le Programme du plateau continental polaire, le Programme des chaires de recherche du Canada, la Fondation canadienne pour l’innovation.

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