Montréal à belles dents

À la découverte d’une scène culinaire mondialement célèbre

New York est la ville qui ne dort jamais et Montréal, celle où il y a toujours du nouveau au menu.

La métropole de la Belle Province est réputée pour sa cuisine… et avec raison! Offrant bien plus que la poutine, le smoked meat et les bagels (même si ces mets valent le détour), la scène culinaire de Montréal est originale, accessible et d’une diversité infinie.

Plus de 120 cultures influencent l’offre culinaire de Montréal, qui comprend de tout, des mets profondément ancrés dans la culture québécoise à la haute gastronomie des quatre coins du monde : portugaise, mexicaine, haïtienne, syrienne, singapourienne, vietnamienne, caribéenne… et toute autre cuisine qui pourrait vous faire envie. En parallèle, les aliments locaux de production durable occupent une place croissante et sont de plus en plus prisés – et c’est aussi vrai au service de restauration de McGill.

Une riche culture culinaire

L’une des meilleures façons de goûter aux diverses saveurs de Montréal? Une visite guidée à pied, comme on en offre dans quelques quartiers historiques de la ville.

Colin Rier a quitté Cambridge, en Ontario, pour venir étudier l’histoire de l’alimentation à McGill. Il est guide de visites culinaires au musée du Montréal juif, une institution ayant pour mission de mettre en valeur la culture juive. Cette culture florissante aux racines profondes a d’ailleurs contribué à former l’identité culinaire de la ville.

« Dans le Mile-End et sur le Plateau, il y a une très forte concentration de restaurants juifs et on peut en faire le tour à pied en quelques heures à peine, explique-t-il. La qualité et la singularité de la cuisine juive sont incroyables ici, même en comparaison avec New York. À la fin de la visite, les participants sont enchantés de découvrir la scène culinaire montréalaise et son histoire. J’adore leur donner cet enthousiasme! »

Maintenant à sa dernière année à McGill, Colin Rier a toujours été passionné par la nourriture, d’aussi loin qu’il se souvienne. En plus de ses études et de son travail de guide, il est aussi gérant d’un restaurant couru au centre-ville et il rédige des chroniques culinaires pour Time Out. Selon lui, l’une des plus grandes particularités de sa ville d’adoption, c’est l’abondance de restaurants de qualité abordables.

Des repas à petit budget

« Une grande partie de la scène culinaire de Montréal s’adressait à l’origine à la classe ouvrière, qui voulait des repas rapides, remarque l’étudiant. Il y a autant de restaurants de fine cuisine que de bistros modestes servant de copieux repas français, où plat principal, dessert et demi-bouteille de vin reviennent à 40 dollars seulement. »

A food truck at Olympic Stadium / Food truck aux jardineries du Stade Olympique

Une autre façon de bien manger à faible coût : courir les innombrables festivals culinaires estivaux de Montréal. Parmi les plus populaires, mentionnons les Premiers Vendredis, le plus important festival de camions-restaurants au Canada, qui a lieu au Stade olympique le premier vendredi de chaque mois, de mai à octobre. Beau temps, mauvais temps, les gourmets affluent et font la file pour se régaler de dimsums, de guedilles au homard ou de poutines garnies, à bien moindre prix qu’un repas au restaurant.

Colin Rier recommande également de visiter l’une des centaines de cabanes à sucre de la ville durant la saison des sucres; c’est l’endroit par excellence pour goûter la crème de la gastronomie québécoise sans se ruiner. « Les cabanes à sucre offrent sans conteste l’une des meilleures expériences culinaires d’ici, confie-t-il. Elles débordent d’histoire, et elles proposent des quantités astronomiques de nourriture réconfortante pour deux fois rien. »

Des produits locaux

Comme le prouve la tradition de longue date des cabanes à sucre, la cuisine du terroir fait partie de la culture gastronomique de Montréal depuis longtemps. La ville accueille quantité de marchés, plusieurs ouverts toute l’année, où producteurs agricoles et artisans de la région se réunissent pour offrir une impressionnante variété de produits et de fruits et légumes de saison tout frais.

Situé dans le quartier de la Petite-Italie, le marché Jean-Talon est l’un des carrefours alimentaires les plus fréquentés de la ville. Sept jours sur sept, on trouve dans ce marché à ciel ouvert des fruits et légumes biologiques, des fromages artisanaux, de la viande séchée, des produits de la mer durables, des sucreries à l’érable, des cidres du verger et plus encore. En faisant le tour des étals, on se renseigne en plus sur la provenance des aliments et on apprend à connaître les producteurs du coin.

« Pour les Montréalais, c’est important de manger local et bio », observe Élise Guerrero, étudiante de deuxième année à McGill, qui fait une majeure en sécurité alimentaire mondiale. « Il y a beaucoup de fermes à 45 minutes de la ville, ce qui facilite les achats locaux et la relation avec les producteurs de la campagne. »

Des solutions durables

Élise Guerrero est coprésidente du Club de permaculture de McGill, au campus Macdonald, qui vise à faire connaître la permaculture aux étudiants et à la collectivité. Le club a un jardin où les étudiants bénévoles plantent des arbres et font pousser quelques tomates, pommes et petits fruits. Il organise aussi des ateliers et des événements avec des conférenciers invités, dans le but d’informer le public sur la culture d’aliments locaux et durables.

En juin dernier, Élise Guerrero a participé au lancement du Carrefour alimentaire régénérateur du campus Macdonald, un grand projet regroupant le Club de permaculture, l’Association d’apiculture de McGill et d’autres initiatives liées à l’alimentation sur le campus et aux alentours. L’étudiante explique que le projet a pour mission de « favoriser le travail en synergie de tous ces groupes et l’échange de connaissances, d’outils et de ressources pour trouver de nouvelles solutions d’alimentation durable. »

Grâce aux étudiants comme Élise Guerrero qui se consacrent à la transformation du système alimentaire à l’échelle locale et mondiale, le mouvement montréalais pour l’alimentation durable gagne en puissance chaque jour. « Vous voulez faire changer le système? Venez nous aider – c’est ce qu’on est en train de faire. Nous avons déjà tout plein d’initiatives; ce qu’il nous faut maintenant, c’est plus de monde et plus d’idées pour les faire avancer. »

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