Axes de recherche-action

Les recherches menées au CRIEM et les activités qui s'y tiennent s’arriment à un ou plusieurs des six axes de recherche-action suivants :

Codirecteurs d'axe : Erin Hurley et Will Straw (en sabbatique en 2018-2019)

La place qu’occupe la culture à Montréal est déterminée par au moins trois facteurs : (a) la réputation qu’a acquis Montréal à titre de ville qui se distingue par sa promotion d’une offre soutenue en termes de divertissement et de manifestations culturelles ; (b) des programmes axés sur l’innovation et qui accentuent l’interaction entre les développements technologiques et les expérimentations artistiques (jeux vidéo, éclairages et projections, arts du cirque, etc.) ; (c) des doctrines socio-politiques qui soulignent le rôle de la culture dans le maintien des langues et l'expression de la diversité culturelle. Les travaux de cet axe de recherche-action s’intéressent d’abord à la rencontre entre les formes culturelles traditionnelles (musique, littérature, arts visuels, performance, etc.) et les plateformes et les réseaux numériques dans lesquels elles sont de plus en plus intégrées. Nous étudierons également comment les formes culturelles, les événements et les institutions contribuent à solidifier ou éroder les frontières entre les communautés linguistiques et ethno-raciales. Enfin, nous examinerons la capacité des expressions culturelles de Montréal à produire des cartographies ou des portraits de la ville et à entremêler les différentes voix, perspectives et histoires de ses populations.

Directeur d'axe : Wim Remysen

La langue est depuis longtemps au cœur des débats sociaux et politiques à Montréal, surtout depuis la Révolution tranquille. Parfois décrite comme une ville divisée, constituée de plusieurs solitudes, Montréal a aussi été perçue comme un champ de bataille important, où se joue l’avenir du français. Montréal est en effet la ville d’accueil de la plupart des immigrant·e·s du Québec et la ville natale d’une importante population anglophone. Cet axe de recherche-action étudie comment la langue évolue, participe aux transformations de la vie montréalaise et lui donne forme, de nos jours comme par le passé. La question de la langue est abordée aussi bien à travers la vie politique (que l’on pense notamment aux enjeux de citoyenneté et d’appartenance) que dans les manifestations culturelles, l’économie et les interactions en milieu de travail, dans la vie quotidienne ou au cours d’initiatives collectives. De nouvelles manières de conceptualiser la langue permettent d’instaurer de nouvelles façons de l’étudier comme outil démographique, politique et idéologique, en plus d’aider à comprendre la croissance du bilinguisme et du plurilinguisme chez les Montréalais·es.

Directeur d'axe : Richard Shearmur

L’économie – c’est-à-dire non seulement les systèmes mis en place par la société pour produire et distribuer les biens et les services, mais aussi le statut accordé à ceux et celles qui participent à ce système ainsi que la distribution de la valeur créée – se transforme. Depuis une quinzaine d’années les choix technologiques (téléphonie mobile, automatisation…) et politiques (mondialisation, austérité...) font que beaucoup d’emplois sont menacés, que le travail est souvent morcelé en petits contrats précaires (‘gigs’), et que l’on peut se coordonner et travailler dans une multitude de lieux différents. Montréal, une ville dont l’économie reposait sur des secteurs lourds (transports, manufacturier) et qui demeure une ville où la technique et la création matérielle sont structurantes, voit donc muter son économie. Mais c’est aussi une ville à forte tradition sociale et d’entre-aide : une multitude d’organisations - communautaires, municipales, de quartier ou du monde des affaires - se mobilise afin de maîtriser ces mutations et d’en tirer le meilleur pour les Montréalais·es. Nous examinerons dans cet axe les répercussions spatiales, personnelles et communautaires de ces changements à Montréal, et travaillerons avec les organisations et innovateurs sociaux afin de mieux comprendre comment infléchir ces changements pour le bien de tous les Montréalais·es.

Directeur d'axe : Juan Torres

Montréal est une ville où la diversité se manifeste sur différentes formes de mobilité. On observe par exemple des trajectoires résidentielles complexes comme celles des familles avec enfants ou des nouveaux arrivants, articulant quartiers centraux et zones périphériques ; en ce qui concerne la mobilité quotidienne, Montréal est également le cadre d’une grande diversité de comportements, tributaires d’une offre en transport en pleine mutation, mais aussi, plus profondément, de transformations spatiales significatives : revitalisation de quartiers centraux, requalification d’espaces publics, réfection d’infrastructures majeures, etc. L’axe « Mobilité, aménagement et environnement » constitue une occasion de réflexion et de recherche sur les processus contemporains qui donnent forme à l’espace urbain, à différentes échelles, et en portant une attention particulière aux relations entre ces processus et les pratiques de mobilité des résident·e·s, y compris les plus jeunes.

Codirecteurs d'axe : Hoi Kong et Kevin Manaugh

Cet axe de recherche se concentre sur les instances administratives et légales qui permettent à la fois aux villes d’attendre un haut degré d’autonomie dans la gestion des affaires courantes et qui stimulent la participation des citoyen·ne·s et des parties prenantes à la gouvernance et aux débats. Les projets de recherche menés dans le cadre de cet axe se rapportent aux mécanismes formels et informels de gouvernance, établissent des comparaisons avec d’autres systèmes de juridiction et supposent la collaboration entre les institutions académiques, gouvernementales et des acteurs de la société civile.

Codirecteurs d'axe : Annick Germain et Frédéric Dejean

L’immigration est une composante essentielle de la réalité montréalaise et cette composante est appelée à croître et se diversifier encore davantage (pays de naissance, types de statut, mobilités professionnelles et spatiales, etc.), rendant sa compréhension toujours plus complexe. Comment les immigrant·e·s en prenant leur place dans la ville, contribuent-ils à la transformer? Comment les mécanismes d’inclusion fonctionnent-ils à Montréal? Comment innover en matière d’accueil? Ces questions supposent des approches larges considérant de multiples dimensions, du logement aux lieux de culte, en passant par l’emploi et invitent à porter notre regard sur l’ensemble des Montréalais·es car tous sont parties prenantes dans les processus d’inclusion.

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