L'histoire
L’Arboretum Morgan est situé sur des terres qui, historiquement, ont servi de lieu de transit et de passage à de nombreux peuples autochtones, notamment les Haudenosaunee. À l’instar de la plupart des forêts anciennes du Canada, les terres qui composent l’Arboretum Morgan ont probablement été déboisées peu après la colonisation et transformées en terres agricoles.
En 1941, la possibilité d’un rachat de ces terres par l’Université McGill a été envisagée à l’initiative de Cleveland Morgan (petit-neveu du fondateur des grands magasins Morgan, Henry Morgan), qui était un horticulteur et botaniste amateur de renom. Achevé en 1945 grâce au soutien de J.W. McConnell et du gouvernement du Québec, le contrat de vente stipulait que le terrain devait être préservé pendant au moins 100 ans en tant qu’arboretum, afin de « faciliter l’enseignement, l’étude et la recherche sur les problèmes sylvicoles et arboricoles, en vue, entre autres, du développement de pratiques forestières plus scientifiques et plus rentables ».
Le premier directeur de l’Arboretum Morgan fut le Dr W.H. Brittain, doyen de la faculté d’agriculture et vice-recteur du Macdonald College de 1934 à 1955. Le Dr Brittain était professeur d’entomologie, mais il consacra la fin de sa carrière à l’étude des arbres, s’intéressant tout particulièrement aux espèces de betula, ou bouleaux. En 1952, il a présidé à la création de la Morgan Arboretum Woodland Development Association (MAWDA), une association caritative enregistrée destinée à faciliter les dons par le biais d’adhésions, qui continue à ce jour de financer le fonctionnement et l’entretien de l’arboretum.
Robert « Bob » Watson fut embauché comme contremaître en 1948 ; il vivait sur la propriété avec sa femme Nellie et leur famille qui s’agrandissait. Brittain, Bob et Nellie ont planté des centaines d’arbres entre 1948 et 1955, reboisant ainsi de vastes étendues de la propriété. Grâce à l’embauche en 1955 du Dr A.R.C. Jones, forestier expérimenté, ce dernier et Brittain ont pu créer un département permanent de gestion des terrains boisés au sein de la Faculté d’agriculture de l’Université McGill. Le professeur Dan MacArthur, chercheur de renom, a rejoint l’équipe en tant que conservateur en 1963.


Le site abrite une multitude d’environnements microbiotiques, avec des types de sols variés, des reliefs diversifiés et des éléments naturels tels que des étangs et des champs. Le projet de renaturalisation mené par le personnel de l’Arboretum visait à recréer un environnement historiquement emblématique de l’écosystème des basses terres du Saint-Laurent. Conformément à son statut d’arboretum, cette plantation a été complétée par des collections d’essences d’arbres uniques et exotiques provenant du monde entier.
En tant que forêt de démonstration, l’Arboretum s’est engagé dans un certain nombre d’activités sylvicoles pour assurer sa propre subsistance et servir d’exemple aux petits propriétaires fonciers souhaitant gérer leurs bois de manière durable. Depuis 1949, l’Arboretum produit du sirop d’érable à partir de son vaste érablière et propose au public des visites pédagogiques sur le processus de fabrication du sirop. De plus, l’Arboretum a exploité pendant de nombreuses années une pépinière et une plantation d’arbres de Noël, tout en vendant du bois de chauffage coupé dans ses propres bois.




À la fin des années 1960, la mission de l’Arboretum Morgan a commencé à évoluer, reflétant un changement culturel plus large en faveur de l’écologie et du développement durable. Alors que le personnel et les enseignants de l’Arboretum continuaient à gérer la pépinière, remportant des prix pour leur gestion exceptionnelle jusque dans les années 1970 et 1980, il est progressivement apparu que la plus grande force de l’Arboretum résidait dans son rôle de lieu dédié à l’éducation à l’environnement et à la sensibilisation. Pendant plusieurs années, au cours des années 70 et 80, l’Arboretum a reçu des subventions du ministère des Terres et des Forêts du Québec pour mettre en place des programmes d’éducation à l’environnement pendant les mois d’été, permettant ainsi d’accueillir 10 000 enfants chaque année.


Le Dr Jim Fyles et le Dr Benoît Côté ont rejoint le corps enseignant en 1988 et ont ensuite occupé successivement le poste de directeur de l’Arboretum. John Watson — qui est littéralement né sur le terrain de l’Arboretum Morgan — a occupé le poste de contremaître depuis le départ à la retraite de son père, Bob Watson, en 1972, jusqu’à son propre départ à la retraite en 2015.
La COVID-19 a fortement perturbé le fonctionnement de l’Arboretum. D’une part, les actions de sensibilisation du public et les programmes éducatifs ont été suspendus, remettant en question l’avenir de l’un des piliers fondamentaux de l’Arboretum. D’autre part, les adhésions ont explosé, les moments privilégiés passés dans la nature étant devenus une nouvelle priorité pour les habitants de la région. Depuis lors, les activités de sensibilisation et d’éducation ont été progressivement remises en place, bien que le nombre d’adhésions, dont dépend le financement de l’Arboretum, soit revenu à son niveau d’avant la pandémie.
Aujourd’hui, la mission de l’Arboretum Morgan repose sur quatre axes : l’éducation, les loisirs, la conservation et la recherche. Les visiteurs peuvent profiter des mêmes sentiers de randonnée, de ski et de raquettes que la communauté locale apprécie depuis 80 ans. Les événements et les visites guidées offrent aux apprenants de tous âges et de tous niveaux une éducation scientifique de grande qualité et un bol d’air frais. Les enseignants et les étudiants du campus Macdonald et d’ailleurs utilisent l’Arboretum pour l’enseignement et la recherche dans divers domaines tels que la sylviculture, l’écologie, la biologie, la chimie et bien d’autres encore, illustrant ainsi une vision globale de l’importance de notre forêt.
Les installations



