Rencontrez la Pre Samira Rahimi, professeure adjointe au Département de médecine de famille

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Publié: 31mar2020

Rencontrez la Pre Samira Rahimi, professeure adjointe au Département de médecine de famille

La Pre Samira Abbasgholizadeh-Rahimi est une force qu‘on ne peut arrêter et qui est motivée par une chose : avoir un impact positif sur le système de santé tant au Canada qu‘à l‘étranger.

La Pre Rahimi apporte une expérience multidisciplinaire à son travail, ayant complété ses études doctorales en génie industriel et des systèmes, avec un accent sur les systèmes de soins de santé, au Département de génie mécanique de l‘Université Laval. Elle a ensuite poursuivi sa formation postdoctorale au Département de médecine familiale et de médecine d‘urgence de la même université. Elle a rejoint le Département de médecine de famille de l‘Université McGill en janvier 2019, où elle concentre ses efforts sur l‘utilisation de technologies innovantes et l‘intelligence artificielle (IA) analytique dans les soins primaires. S‘attaquant à de nombreux projets simultanément, la Pre Rahimi travaille comme scientifique affiliée à l‘Institut Lady Davis pour la recherche médicale de l‘Hôpital général juif et a reçu de nombreuses subventions pour ses projets.

« Les soins primaires ne se limitent pas à un seul contexte de spécialité, on s‘attaque à diverses maladies », déclare la Pre Rahimi en évoquant les origines de son intérêt pour la médecine de famille et les soins primaires. Elle croit fermement à l‘importance des soins centrés sur le patient et d’une participation significative des patients et des cliniciens à la recherche. « Les soins centrés sur le patient sont extrêmement importants. J’espère faciliter les soins primaires centrés sur le patient en utilisant une technologie innovante et l’IA. »

La Pre Rahimi veut mettre l’ingénierie au service du système de santé, en utilisant l‘IA. Pour le dire simplement, elle explique que « l‘intelligence artificielle est une branche de l‘ingénierie et de l‘informatique qui essaie à la fois de comprendre l‘intelligence et de construire des systèmes intelligents ». Ces systèmes sont essentiellement construits sous forme de programmes logiciels, sur différentes plateformes telles que des pages web, des applications mobiles ou différents appareils. La Pre Rahimi explique que les soins de première ligne sont le domaine qui a le plus besoin de l‘IA, car celle-ci peut faciliter le processus de prise de décision qui se déroule dans le bureau d‘un médecin de famille.

Cette année, la Pre Rahimi a reçu une subvention de projet de 100 000 $ des Instituts de recherche en santé du Canada pour son projet international « Xi-Care : eXplainable intelligent system for Cardiovascular disease management among women in primary care ». Dans le cadre de ce projet, la Pre Rahimi et son équipe travaillent sur l‘élaboration d‘un système intelligent pour la détection précoce des maladies cardiovasculaires chez les femmes dans le cadre des soins de première ligne. «Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de décès dans le monde et la deuxième au Canada. Des études montrent que les femmes ont tendance à recevoir un diagnostic de maladies cardiovasculaires 10 ans plus tard que les hommes, et qu’elles sont moins susceptibles de recevoir un traitement préventif ou des conseils ». La Pre Rahimi explique que selon une étude publiée dans l’American Journal of Cardiology, seulement 22 % des professionnels en soins de première ligne se sentaient bien préparés à évaluer et à gérer les maladies cardiovasculaires chez les femmes. Elle souligne le besoin évident d’un système d’aide à la décision pour aider les professionnels en soins de première ligne à détecter et à gérer les maladies cardiovasculaires chez les femmes.« Xi-Care réunit à la fois la médecine de précision et la médecine personnalisée, afin d’autonomiser à la fois les cliniciens et les femmes à risque de maladies cardiovasculaires grâce à un système d’aide à la décision explicable et transparente basé sur l’IA.» La Pre Rahimi croit en l‘importance de combiner les données internationales. Elle collabore avec des chercheurs canadiens, iraniens, américains et espagnols pour ce projet. « Ce projet est particulièrement important pour moi, car j‘ai perdu des proches à cause d‘une maladie cardiovasculaire. J‘espère pouvoir faire une différence dans la détection précoce et la prévention de ces maladies. »

Parmi ses autres projets, la Pre Rahimi a obtenu une subvention de 6 000 francs suisses (environ 8 800 dollars canadiens) du programme de la Brocher Foundation de la Suisse pour le projet « AI-COVID19 ». Dans l‘espoir que son initiative aidera les gens en cette période de crise, la Pre Rahimi collabore avec des cliniciens et des chercheurs de différents continents de mieux éclairer la prochaine phase du combat contre la COVID-19. « Dans cet effort, nous espérons contribuer à la gestion de la COVID-19 et être en mesure de mieux informer les praticiens de soins primaires dans cette urgence de santé publique ». La Pre Rahimi prépare un atelier avec les données qu‘elle reçoit de plusieurs chercheurs du Canada, la Chine, de l‘Iran, de l‘Espagne, de la Turquie, des États-Unis et de la Suisse. L‘Organisation mondiale de la santé participe également à ce projet.

Soucieuse d‘avoir un impact positif à l‘échelle locale et nationale, mais aussi internationale, la Pre Rahimi a lancé en 2016 des ateliers annuels de prise de décision partagée à l‘Université des sciences médicales de Tabriz, en Iran. « J‘ai l‘occasion d‘aller en Iran chaque année et de former des professionnels de la santé iraniens sur les soins centrés sur le patient et la prise de décision partagée. » Elle reste passionnée et optimiste quant à ce qu’on peut accomplir en travaillant ensemble. « Je suis passionnée par mes recherches multidisciplinaires et je m’engage à contribuer à l’amélioration des systèmes de santé au Québec, au Canada et dans le monde. »


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