Thème 1 : Rôle du système immunitaire dans la douleur chronique

Thème 1 : Rôle du système immunitaire dans la douleur chronique

La douleur chronique est un trouble sensoriel pouvant résulter d’une infection, d’une blessure, d’un cancer ou encore de certaines maladies métaboliques ou neurodégénératives. Elle entraîne des répercussions considérables sur la qualité de vie des personnes qui en souffrent. Pendant plusieurs décennies, on s’est principalement intéressé aux neurones pour expliquer la physiopathologie de la douleur chronique. Cependant, au cours des vingt dernières années, de nombreuses études ont mis en évidence d’importantes interactions neuro-immunes sous-jacentes. Le dialogue entre le système immunitaire et le système nerveux s’établit à plusieurs niveaux et met en jeu différents types de cellules non neuronales et de substances d’origine immunitaire, qui contribuent à la pathogenèse de la douleur chronique. L’axe principal de notre programme de recherche est l’étude de l’étiologie immunitaire de la douleur chronique par l’exploration des interactions entre les neurones lésés et les cellules gliales, immunitaires et endothéliales environnantes dans le développement et le maintien des comportements douloureux anormaux. Nous nous intéressons également à la façon dont certains facteurs systémiques présents dans le sang peuvent influer sur le fonctionnement du système nerveux périphérique (SNP) et du système nerveux central (SNC), et ainsi contribuer aux comportements douloureux anormaux.


Thème 2 : Mécanismes moléculaires et cellulaires de la neuropathie périphérique auto-immune

Thème 2 : Mécanismes moléculaires et cellulaires de la neuropathie périphérique auto-immune

Les neuropathies périphériques auto-immunes, comme le syndrome de Guillain-Barré (SGB) et la polyradiculoneuropathie inflammatoire démyélinisante chronique (PIDC), sont des maladies invalidantes qui entraînent des déficits moteurs et sensoriels. La douleur chronique en constitue l’une des complications persistantes. Bien qu’une étiologie environnementale, telle qu’une infection, une lésion ou un stress, soit suspectée, les mécanismes sous-jacents demeurent mal compris. La surexpression du facteur de costimulation B7.2 des lymphocytes T nous a permis de mettre au point un modèle de souris qui développe spontanément des troubles neurologiques auto-immuns. Nous avons également découvert que, dans ce contexte génétique, toute lésion physique d’un nerf peut déclencher une neuropathie périphérique auto-immune dans d’autres nerfs non lésés avant l’apparition spontanée de la maladie. Nous utilisons cet outil unique pour élucider les mécanismes moléculaires et cellulaires à l’origine du déclenchement et de la progression de la maladie, ainsi que de la guérison. Nous souhaitons définir les facteurs déterminants qui relient les déclencheurs environnementaux à la survenue du SGB et de la PIDC. Nous nous attendons à ce que les résultats ouvrent la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques.


Thème 3 : Contribution de l’inflammation systémique à la douleur chronique associée au vieillissement

Thème 3 : Contribution de l’inflammation systémique à la douleur chronique associée au vieillissement

 

La douleur chronique augmente avec l’âge. Malheureusement, elle est souvent négligée, mal diagnostiquée et prise en charge de manière inadéquate. Par conséquent, elle entraîne de graves répercussions sur la santé, l’autonomie et la qualité de vie des personnes âgées. Le système immunitaire change au fil du temps, et le processus normal de vieillissement s’accompagne d’une inflammation systémique de faible intensité appelée « Inflammaging », considérée comme un facteur de risque pour nombreuses maladies chroniques liées à l’âge. Toutefois, son rôle dans le changement du comportement de la douleur chez les personnes âgées demeure inconnu. Notre objectif est de déterminer s’il y a un lien entre le développement de l’inflammaging et le changement du comportement de la douleur chez la souris tout au long de la vie, et si l’inflammaging a un effet direct sur le changement du comportement de la douleur liée au vieillissement. Nous souhaitons par ailleurs recueillir des données probantes chez des souris âgées indiquant qu’une réduction de l’inflammaging par un mode de vie sain pourrait améliorer l’expérience de la douleur chez les âgées. Nous pensons que l’étude proposée nous permettra de mieux comprendre la douleur chronique au cours du processus de vieillissement. Elle nous donnera également des pistes pour aider les personnes âgées à mieux gérer leur douleur chronique et à en atténuer les désagréments, notamment grâce à la promotion d’un mode de vie sain. Nous voulons offrir à nos parents et à nos grands-parents une meilleure qualité de vie.


techniques dans le laboratoire

Techniques et approches

Modèles d’animaux

  • Douleur neuropathique associée à une lésion (souris, rat)
  • Modèle de souris de dysfonction de l’articulation temporo-mandibulaire
  • Douleur neuropathique diabétique (rat)
  • Douleur inflammatoire (souris, rat)
  • Modèle de souris de neuropathie périphérique auto-immune
  • Modèle de souris de comportement douloureux anormal induit par un régime alimentaire

Tests comportementaux

  • Test de Von Frey
  • Test à l’acétone
  • Test de la plaque chauffante/test plantaire
  • Test du rotarod

 

Pharmacologie in vivo

  • Administration de médicaments par voie intrapéritonéale, intraveineuse, intrathécale ou sous-cutanée, ou par gavage oral
  • Validation de cibles médicamenteuses à l’aide de modèles murins 

Immunohistochimie

  • Microscopie à fluorescence standard
  • Microscopie confocale
  • Analyse d’images à l’aide de logiciels spécialisés

 

Analyses cellulaires, moléculaires et biochimiques à partir de tissus

  • Cytométrie de flux
  • PCR en temps réel
  • Transfert de Western
  • Méthode ELISA
  • Test Luminex

Expériences in vitro

  • Culture primaire de cellules
  • Tri cellulaire