L’accessibilité

Sur cette page :
Rendre l’éducation accessible
Hausser les droits de scolarité de façon responsable
Accroître l’aide financière aux étudiants | Il nous faut plus de diplômés
Nous dirigeons-nous peu à peu vers le modèle américain en matière de droits de scolarité?


Rendre l’éducation accessible

McGill est une institution d’élite — il faut avoir de très bonnes notes pour y étudier. Néanmoins, tout candidat admissible souhaitant y accéder doit pouvoir le faire sans se soucier de ce qu’il lui en coûtera.

À McGill, nous avons augmenté substantiellement le montant consacré à l’aide étudiante. Ainsi, en 2012-2013, nous entendons affecter 25,1 M$ à ce chapitre — soit près de six fois les sommes dépensées en 2006-2007, ce qui avait déjà fait une grande différence.

À McGill, nous croyons que l’excellence et l’accessibilité peuvent — et doivent — coexister.

La hausse des droits de scolarité ne va-t-elle pas créer d’obstacles financiers à l’éducation?

Pas si nous faisons les choses correctement — en nous assurant que la hausse s’accompagne d’une augmentation de l’aide financière aux étudiants qui en ont besoin. De fait, la plupart des études rigoureuses révèlent que l’accès à l’université a peu de rapport avec les droits de scolarité — les obstacles sociaux jouent un rôle beaucoup plus déterminant que les facteurs financiers.

« Les différences dans les facteurs à long terme comme les notes aux tests normalisés de lecture et les notes scolaires obtenues à 15 ans, l’influence des parents et la qualité de l’école secondaire expliquent 84 pour cent de l’écart [entre les taux d’inscription à l’université entre les étudiants les moins bien et les plus nantis]. En revanche, seulement 12 pour cent de l’écart est relié aux contraintes financières. »

— Marc Frenette, Pourquoi les jeunes provenant de familles à plus faible revenu sont-ils moins susceptibles de fréquenter l’université?, Statistique Canada, 2007, page 4.

Le véritable coût des études universitaires comprend également l’abandon d’un emploi à temps plein, les frais de subsistance, l’achat de livres, etc. C’est pourquoi une aide financière généreuse est essentielle. Pour les étudiants à faible revenu résidents du Québec, les droits de scolarité sont gratuits — parce que le gouvernement les finance par l’entremise de subventions.

Les droits de scolarité peu élevés ne sont-ils pas plus équitables? 

Pour examiner la question sous un angle différent, les droits de scolarité peu élevés peuvent être vus comme une injustice sociale. Les étudiants universitaires viennent généralement de familles aisées et leur éducation leur apporte des avantages financiers. Au lieu de leur demander de payer leur juste part, ce sont les impôts de tout le monde — peu importe que le revenu du ménage soit de 20 000 ou de 20 000 000 $ —, qui financent leurs études.

Comment pouvons-nous alors améliorer l’accès à l’université?

Nous devons pour cela nous attaquer aux véritables obstacles — les antécédents familiaux, les attentes des parents et de la société, le niveau de scolarité familial, ainsi que les résultats scolaires au secondaire — et convaincre les étudiants à faible revenu qu’ils peuvent réussir à l’université. En 3e secondaire, de nombreux étudiants savent déjà s’ils entreprendront ou non une formation universitaire.

« En résumé, tout le travail de recherche que nous avons réalisé jusqu’ici nous a amenés à conclure qu’une politique efficace d’amélioration de l’accès aux études postsecondaires doit reposer sur ces trois piliers  :

  1. meilleure sensibilisation ou préparation des élèves aux études postsecondaires, bien avant qu’ils aient à prendre cette décision dans la dernière année du secondaire;
  2. meilleure efficacité des programmes d’aide financière aux études;
  3. meilleurs programmes de soutien (autre que financier) aux étudiants, lorsqu’ils sont inscrits dans un programme d’études postsecondaires. »

— Le prix du savoir, 4e édition, Fondation canadienne des bourses d’études du millénaire, 2009, page 210, traduction libre.

Qu’en est-il de l’aide aux étudiants? Les Québécois veulent que les études universitaires soient abordables.

Nous souhaitons également que l’éducation soit abordable. Toute hausse des droits de scolarité doit s’accompagner d’une hausse de l’aide financière aux étudiants afin que l’université soit accessible à tous.

Pour réussir, les étudiants ont également besoin d’aide financière et d’autres formes de soutien. Un financement plus généreux rehaussera l’aide étudiante et assurera une éducation de grande qualité qui permettra aux diplômés de s’adapter à un marché du travail en constante évolution.

En dépit de la politique des faibles droits de scolarité en vigueur depuis des années, le Québec se classe au septième rang au Canada quant au pourcentage de jeunes diplômés universitaires.

S’il est vrai que le sous-financement chronique nous empêche d’offrir aux étudiants toute l’aide dont ils ont besoin pour entreprendre leurs études et les terminer, la hausse des droits de scolarité annoncée par le gouvernement du Québec en 2012 nous aurait néanmoins permis de souffler un peu. Au Québec, 25 % des fonds provenant de la hausse récente des droits de scolarité sont consacrés à l’aide financière aux étudiants québécois. À McGill, 30 % du montant net issu de la hausse des droits de scolarité est consacré à l’aide étudiante1. La hausse des droits de scolarité et les sommes supplémentaires qu’elle aurait permis d’injecter dans les programmes d’aide étudiante auraient pu changer la donne. L’abolition de cette hausse nuit à notre capacité d’aider nos étudiants et nous ramène à la case départ : universités sous-financées et aide financière insuffisante.

Nous faut-il réellement plus de diplômés universitaires?

La croissance de l’emploi pour les diplômés universitaires au Canada est nettement supérieure à celle de tout autre niveau de formation2, et ce, en dépit d’une conjoncture économique difficile.

De juillet 2008 à juillet 2012, 700 000 nouveaux emplois nets ont été créés pour les diplômés universitaires comparativement à 320 000 pour les diplômés des collèges. Pendant cette même période, 640 000 emplois n’exigeant pas de formation postsecondaire ont été supprimés3.

Le gouvernement canadien ne prévoit aucun ralentissement de cette tendance dans un proche avenir et estime qu’au cours de la prochaine décennie, 75 % des nouveaux emplois exigeront une éducation postsecondaire. D’ici 2020, quelque deux millions d’emplois seront créés pour les diplômés universitaires.

Les emplois de l’avenir exigeront des compétences de pointe et la capacité de s’adapter rapidement aux changements. Les sociétés qui veulent s’assurer d’une position concurrentielle dans l’économie du savoir du 21e siècle — la Chine, l’Inde, les pays scandinaves et autres — ne ménagent aucun effort pour augmenter leur taux de diplomation universitaire. Le Québec devra faire de même, à défaut de quoi il accusera un retard considérable.

La hausse des droits de scolarité nous rapproche-t-elle d’un modèle américain inabordable?

Personne ne propose d’adopter le modèle américain. La position adoptée depuis longtemps par la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) et McGill fait valoir que les universités et la société québécoises auraient intérêt à ajuster les droits de scolarité afin qu’ils se situent dans la moyenne canadienne.

Toutes les décisions relatives aux droits de scolarité seront prises dans les limites de ce qui est jugé acceptable par les citoyens et le gouvernement du Québec, et de ce que les étudiants acceptent et sont capables de payer.


1. McGill consacre à l’aide étudiante 30 % du montant net issu de la hausse des droits de scolarité provenant des étudiants de l’extérieur de la province et des étudiants étrangers, et 5 % du montant net issu de la hausse des droits de scolarité provenant des étudiants du Québec; 25 % étant déjà consacrés au programme québécois d’aide financière aux études.

2. http://www.aucc.ca/fr/media-room/news-and-commentary/nous-avons-besoin-d...

3. http://www.aucc.ca/wp-content/uploads/2012/09/faits-saillants-la-rentree...