Aucun espace sûr pour 12 espèces océaniques clés sur la côte ouest de l'Amérique du Nord

Nouvelles

Les changements induits par le climat mettent en danger l'avenir des écosystèmes côtiers
Publié: 28juil2022

Ceux qui ont grandi en écoutant Trouver Nemo ne seront pas surpris d’apprendre que la côte ouest de l’Amérique du Nord a sa propre autoroute sous-marine : l’écosystème marin du courant de la Californie. Cet écosystème s’étend de l’extrême sud de la Californie jusqu’à l’État de Washington. Des courants ascendants saisonniers d’eau froide riche en nutriments soutiennent un grand réseau alimentaire composé de krill, de calmars, de poissons et d’oiseaux et mammifères marins. Toutefois, les changements climatiques modifient le pH, la température et le taux d’oxygène de l’océan, ce qui transforme l’écosystème marin du courant de Californie, et pas pour le mieux. 

Selon une nouvelle étude dirigée par Jennifer Sunday, professeure de biologie à l’Université McGill, et par la professeure Terrie Klinger du Washington Ocean Acidification Center du EarthLab de l’Université d’État du Washington, au cours des 80 prochaines années, les changements climatiques auront une incidence considérable sur douze espèces qui sont importantes sur le plan économique et culturel et qui vivent dans l’écosystème marin du courant de Californie. C’est dans la partie nord de cette région et dans les zones côtières qu’il y aura la plus forte réponse aux conditions océaniques changeantes. La région pourrait connaître une perte substantielle du couvert de varech, une baisse du taux de survie des oursins rouges, des crabes dormeurs et des couteaux, ainsi qu’une perte d’habitat aérobie pour l’anchois et la crevette rose d’Alaska.  

Les effets des changements climatiques, un problème complexe 

L’évaluation simultanée des effets biologiques de plusieurs variables environnementales a permis de mettre au jour la complexité de la recherche sur la sensibilité climatique. Par exemple, bien que certains changements environnementaux prévus stimulent le métabolisme des espèces et augmentent leur consommation de ressources et leur croissance, des changements associés à d’autres variables, ou aux mêmes variables, pourraient faire diminuer les taux de survie. En outre, les augmentations d’ordre physiologique (comme la taille, la consommation de ressources ou la motilité) ne sont pas toujours bénéfiques, particulièrement quand les ressources – comme la nourriture et l’oxygène dans l’eau – sont limitées.  

Parmi tous les effets des changements climatiques modélisés, l’acidification des océans était associée, chez certaines espèces, à la baisse la plus importante des taux biologiques individuels, alors que chez d’autres espèces, elle était associée à la plus importante augmentation de ces taux. Ce résultat démontre qu’il est nécessaire de continuer la recherche et la surveillance pour recueillir des renseignements exacts et concrets. 

La modélisation, un outil essentiel à la protection des écosystèmes côtiers 

L’investissement dans des modèles de prédiction et dans la mise en œuvre de stratégies d’adaptation seront de plus en plus importants pour la protection de nos écosystèmes, des cultures côtières et des moyens de subsistance de la région. En outre, on relèvera des problèmes semblables chez des espèces qui n’ont pas été étudiées pour cette recherche, et l’arrivée d’espèces envahissantes, les éclosions de maladies et des changements quant à l’approvisionnement en nutriments compliqueront les réponses.  

Les sensibilités des espèces auront fort probablement des conséquences socioéconomiques qui se feront sentir tout le long de la côte ouest, mais qui ne toucheront sans doute pas également les gens et les endroits. Comme la région est très productive et soutient la pêche et les moyens de subsistance de dizaines de millions d’habitants de la côte ouest, la capacité de prédire les changements auprès de populations de diverses espèces permettrait de faire la lumière sur les répercussions économiques possibles et les mesures d’adaptation optimales. 
 
« Il est temps d’accélérer la prise de mesures fondées sur la science », affirme Jennifer Sunday, professeure adjointe au Département de biologie de l’Université McGill et auteure principale de l’article. La Pre Sunday fait ainsi écho aux messages de la récente Conférence sur les océans 2022 de l’ONU et de l’événement du Washington Ocean Acidification Center qui s’est déroulé parallèlement. « En tablant sur l’information scientifique, des modèles de prédiction et des outils de suivi pour prendre des décisions à l’échelle locale et régionale, nous favoriserons la gestion des ressources de la mer et nous contribuerons au bien-être humain, à l’heure où la vie marine de qui nous dépendons fait face à des changements inévitables. » 

Pour lire l'article:

« Biological sensitivities to high-resolution climate change projections in the California current marine ecosystem », par Jennifer Sunday et coll., a été publié dans Global Change Biology.

http://doi.org/10.1111/gcb.16317


L’Université McGill

Fondée en 1821, à Montréal, au Québec, l’Université McGill figure au premier rang des universités canadiennes offrant des programmes de médecine et de doctorat et se classe parmi les meilleures universités au Canada et dans le monde. Institution d’enseignement supérieur de renommée mondiale, l’Université McGill exerce ses activités de recherche dans trois campus, 11 facultés et 13 écoles professionnelles; elle compte 300 programmes d’études et au-delà de 39 000 étudiants, dont plus de 10 400 aux cycles supérieurs. Elle accueille des étudiants originaires de plus de 150 pays, ses 12 000 étudiants internationaux représentant 30 % de sa population étudiante. Au-delà de la moitié des étudiants de l’Université McGill ont une langue maternelle autre que l’anglais, et environ 20 % sont francophones.

Coordonnées

Contact: 
Katherine Gombay
Organisation: 
Service de relations avec les médias
Courriel: 
katherine.gombay [at] mcgill.ca
Téléphone au bureau: 
Téléphone cellulaire: 
514-717-2289
Back to top