Une subvention Alliance pour un professeur de McGill et une entreprise canadienne de fusion

Ce projet de trois ans financé en partie par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) permettra à l’entreprise canadienne de démontrer l’utilisation de l’énergie de fusion dans un contexte commercial pour développer une source illimitée d’énergie verte
Image par General Fusion.

L’Université McGill et General Fusion ont annoncé aujourd’hui qu’elles ont reçu une subvention Alliance du CRSNG pour l’étude et l’atténuation des instabilités hydrodynamiques en fusion à cible magnétisée. La subvention totalise 240 000 $; General Fusion fournira 120 000 $ de plus étalés sur trois ans. Le partenariat s’appuie sur 10 ans de collaboration entre les deux organisations pour faire avancer l’énergie produite par la fusion.

L’énergie produite par la fusion fait depuis longtemps l’objet de recherches approfondies en tant que source potentielle d’énergie verte sans émissions de gaz à effet de serre (GES) qui serait alimentée par un carburant dérivé en partie d’eau salée. Puisque la production et la consommation d’énergie représentent 78 % des émissions mondiales de GES (selon Ressources naturelles Canada), trouver des sources d’énergie carboneutres est un grand chantier pour tous les pays. l’énergie produite par la fusion fonctionne essentiellement comme le soleil : elle fusionne les atomes légers pour créer des atomes lourds en libérant une immense énergie.

« Cette subvention montre toute l’importance de nos chercheurs pour les entreprises qui comptent sur nous pour trouver des solutions à des problèmes complexes, explique le professeur Sylvain Coulombe, vice-principal adjoint en innovation et partenariats à l’Université McGill. Elle nous permet aussi de participer à la recherche en énergie renouvelable, une mission critique non seulement pour McGill, mais pour le monde entier. »

Pour générer ce type d’énergie particulier, General Fusion développe une technologie de fusion à cible magnétisée. Cette méthode a pour but de faciliter la commercialisation de l’énergie de fusion sans recourir aux aimants géants ou aux lasers habituellement nécessaires. On emploie des pistons pour comprimer le plasma dans une cavité de métal liquide et lui faire atteindre la température et la densité nécessaires à la fusion des atomes.

« La capacité de générer de l’énergie de fusion va changer la répartition actuelle des sources d’énergie dans le monde et jouera un rôle important pour réduire les émissions de GES, explique le directeur de General Fusion, Christofer Mowry. General Fusion s’allie depuis longtemps au milieu universitaire pour faire avancer la recherche dans le domaine. Le partenariat avec l’Université McGill est une preuve de nos valeurs communes et de notre volonté de faire advenir l’énergie verte dans notre monde. »

L’entreprise est entrée en collaboration avec le professeur Jovan Nedić de l’Université McGill à cause de l’expertise de ce dernier en hydrodynamiques et en écoulement des liquides sous une extrême pression. L’étude du professeur Nedić surveillera les signes de macro-instabilité, comme des jets ou des gouttes qui pourraient pénétrer le plasma à différentes étapes de la compression. À l’aide d’expériences en laboratoire et de modèles mathématiques basés sur la dynamique des fluides, on étudiera les mouvements à la surface du liquide et les moyens d’empêcher la formation ou l’expansion de jets.

« L’énergie de fusion fait rêver depuis des décennies, ajoute le professeur Jovan Nedić, de la Faculté de génie de l’Université McGill. Je suis confiant qu’on arrivera à se rapprocher de cette réalité grâce à ce partenariat. »

« L’expertise du professeur Nedić et de son équipe nous aidera à intégrer les systèmes de compression et de plasma dans notre prototype de centrale à fusion contrôlée, explique Michael Delage, directeur de la technologie chez General Fusion. C’est la prochaine grande étape pour rendre l’énergie produite par la fusion exploitable dans le monde. »

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