Un professeur salué pour avoir fait connaître l’histoire du Canada

Le professeur d’histoire Allan Greer reçoit une médaille de la Société royale du Canada pour son travail qui donne vie à l’histoire canadienne, et la fait connaître à un public international

Le Canada est reconnu dans le monde pour ses magnifiques lacs, ses habitants amicaux et son climat généralement glacial. En revanche, son histoire, fascinante et captivante, n’intéresse souvent que ses citoyens.

Heureusement, grâce à Allan Greer, professeur au Département d’histoire et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l’Amérique du Nord coloniale, cette perception est en train de changer. Le travail du professeur Greer dans ce domaine est l’une des raisons pour lesquelles la Société royale du Canada lui a décerné la Médaille J.-B.-Tyrrell en histoire de 2020. Créée en 1927, cette médaille est remise tous les deux ans.

« C’est vraiment le summum d’obtenir cette récompense de la Société royale; je suis profondément reconnaissant de recevoir cet honneur, a confié le professeur Greer. En plus, ça me donne l’occasion de dire à tout le monde que, contrairement à ce qu’on peut croire, l’histoire de ce pays est vraiment intéressante, particulièrement les siècles avant sa réorganisation en l’État-nation du Canada. C’est un récit principalement autochtone, en partie colonial et entièrement fascinant. »

« Je félicite le professeur Greer pour cette médaille, a déclaré Martha Crago, vice-principale (recherche et innovation). Sa carrière a aidé à faire un pont entre les deux célèbres solitudes du Canada et, en ces temps d’incertitude, cette habileté est plus précieuse que jamais. Son érudition est un exemple pour les autres historiens et elle profite à tous. »

Depuis le début de sa carrière, Allan Greer est fasciné par les racines coloniales du Canada, en particulier par l’histoire de la Nouvelle-France. En 1985, il a publié Habitants, marchands et seigneurs : La société rurale du bas Richelieu 1740-1840, un ouvrage qui explore les caractéristiques de la population paysanne au temps de la colonie. Ce livre primé – et encore publié – a transformé le domaine, brisant les stéréotypes tenaces sur les habitants supposément rétrogrades du Québec « traditionnel ».

Allan Greer a également mené des recherches approfondies sur l’histoire des Autochtones. Publiée en 2005, sa monographie Catherine Tekakwitha et les jésuites, La rencontre de deux mondes, raconte la vie et la légende d’une figure mystique qui est devenue la première sainte autochtone. Mohawk Saint a reçu un accueil favorable de la part des historiens des États-Unis, d’Amérique latine et d’Europe. Gagnant de trois prix, le livre coïncide avec la présence accrue du professeur Greer dans les milieux de l’histoire à l’international, comme en témoignent la bourse Guggenheim qu’il a reçue et sa nomination à l’Institut d’études avancées de Paris.

Son dernier livre, Property and Dispossession: Natives, Empires and Land in Early Modern North America, traite de l’appropriation des terres autochtones par les colons du fait du colonialisme. Dans cet ouvrage, le professeur Greer s’intéresse aux seigneuries de la Nouvelle-France, aux cantons de la Nouvelle-Angleterre et aux haciendas du Mexique en relation avec les régimes de propriété des peuples autochtones auxquels ces colonies faisaient face. Selon Jeremy Adelman, historien de l’Université Princeton : « Dans ce livre extraordinaire, Allan Greer donne le ton pour des débats mondiaux sur l’histoire du colonialisme. »

Le professeur Greer a comblé des fossés et brisé des obstacles, notamment celui de la langue. Indispensables de l’enseignement de l’histoire dans les universités francophones, ses ouvrages ont été traduits en français . Son livre Habitants et patriotes (1997) examine l’origine de la rébellion de 1837 et a été décrit comme un incontournable.

La transmission du savoir à un nouveau public et l’élimination d’obstacles à la compréhension sont sans contredit des réalisations dignes de récompense, et la carrière d’Allan Greer est ponctuée de nombreuses autres distinctions. Cette récente marque de reconnaissance de la Société royale du Canada le place parmi le groupe illustre des précédents lauréats et permet à sa vision du Canada de perdurer pour les générations à venir.

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