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La recherche au front des soins contre le cancer

Des boursiers du RCR se penchent sur de nouvelles façons d’améliorer la prestation de soins de santé  

L’automne dernier, le RCR a remis six bourses d’un total de 550,000 $ dans le cadre du programme Cancer, qualité et innovation. En forgeant des partenariats à travers les hôpitaux du RCR servant à examiner les problématiques pressantes, les équipes des projets visent à créer un impact sur les soins contre le cancer en ayant recours à des solutions à l’échelle du réseau. Trois projets ont été mentionnés dans l’édition du printemps 2015 de la parution Actualités du RCR (disponible en ligne au mcgill.ca/rcr-rcn). Les trois derniers projets, présentés ici, visent les barrières entravant la distribution optimale de soins et de services de soutien aux patients.

Un traitement plus rapide pour les patients atteints d’un cancer œsophago-gastrique

Selon l’intuition du chirurgien Lorenzo Ferri, resserrer la coordination est la meilleure façon d’améliorer les soins aux patients atteints d’un cancer œsophago-gastrique, et il espère que cela améliorera aussi le taux de survie.

« Malheureusement, les cancers de l’estomac et de l’œsophage sont parmi les plus agressifs que nous traitons »,  explique le Dr Ferri. « Ils sont également parmi les cancers les plus symptomatiques. Les difficultés à manger reliées à ces types de cancer interfèrent avec notre capacité à les traiter de façon efficace. Un de nos objectifs principaux est de raccourcir le délai entre le diagnostic et l’initiation du traitement. »

Pour y arriver, le Dr Ferri, l’investigateur principal de l’Initiative STOP-Cancer (acronyme anglophone qui veut dire uniformiser la trajectoire des patients atteints d’un cancer œsophago-gastrique), veut d’abord mettre en place un navigateur, une personne-ressource dédiée à aider les patients à naviguer le système de soins de santé; et ensuite, inciter les médecins et les professionnels alliés de la santé à discuter ensemble et travailler sur le même niveau. 

Les changements apportés au flux de patients auront un énorme impact sur les patients, mais surtout sur ceux qui proviennent d’en dehors de la ville. « Ils sont seulement ici pendant une journée ou deux, donc on coordonne leur gastroscopie, leur échographie endoscopique, leur tomodensitométrie et toutes les visites avec les chirurgiens, oncologues et radio-oncologues au cours d’une période de 24 heures », explique le Dr Ferri. « On est ainsi en mesure de déterminer quel sera le plan de traitement spécifique à suivre à la fin d’une période de 24 heures. Le traitement est alors administré au sein d’un hôpital plus près de leur lieu de résidence, si possible. »

Les aspects de qualité de vie, du niveau d’anxiété et de la durée de la période selon laquelle les patients progressent à travers le système de santé sont en cours d’évaluation par l’équipe STOP-Cancer, basée au Centre universitaire de santé McGill (CUSM), dans le but de les améliorer. « Nous recevons environ 250 patients par année atteints d’un cancer de l’estomac ou de l’œsophage; il s’agit du plus important programme au Canada », dit le Dr Ferri. « Le programme existe depuis six mois et nous avons déjà 120 personnes d’impliquées dans l’étude. »

Équipe CUSM-HGJ-CHSM : Dr Lorenzo Ferri dirigera une équipe dont les membres incluent Dr Thierry Alcindor, Dr Gad Friedman, Dr Gaetano Morelli et Dr Kevin Waschke.

Dresser la nouvelle norme pour les survivants

« Les soins de survie représentent tout un défi », explique Rosana Faria, une psychologue du Centre hospitalier de St. Mary. « Les patients se sentent laissés à eux-mêmes avec très peu de ressources pour acquérir les nouvelles compétences nécessaires à la gestion de leur nouvel “état normal”. » Les patients atteints du cancer ont presque besoin du même délai de récupération que la durée de leur traitement, mais ils sont rarement guidés de façon adéquate au cours de la phase post-traitement. Faria et son équipe se penchent présentement sur diverses solutions dans le cadre d’un projet innovateur de recherche participative intitulé Regarder vers l’avant.

L’équipe de recherche Regarder vers l’avant est composée de cinq patients qui en sont à la phase de survie de leur expérience du cancer et sept professionnels alliés de la santé du Centre hospitalier de St. Mary et du CUSM. « La voix des patients aura la même portée que les professionnels en ce qui a trait à leurs opinions, évaluations et propositions », explique Faria. Ensemble, l’équipe doit concevoir et produire un programme d’intervention basée sur l’expérience à l’intention des patients achevant leur traitement. Le programme sera ensuite piloté au sein des cliniques d’oncologie de St. Mary et du CUSM.

La méthode choisie pour recueillir les données est également participative. Les groupes de discussion et la séance de conception avec les patients et les professionnels alliés de la santé ont contribués à déterminer les informations que les patients préfèrent et dont ils ont besoin. Parmi les priorités, on retrouve la récupération physique, les changements émotionnels et le retour au travail. Les modes de livraison tels que des réunions avec les professionnels de la santé, des sites internet et des vidéos ont également fait l’objet de discussions.

Relier les survivants aux services communautaires est une autre partie importante du projet. « Nous allons créer une liste des ressources disponibles qui ont été évaluées par nos patients collaborateurs », explique Faria. De plus, les survivants d’expérience partageront certains aspects spécifiques de leur parcours post-traitement, comme l’exercice — un changement de mode de vie difficile — afin d’aider les survivants plus récents à trouver des astuces pour adopter les nouveaux comportements.

Équipe CHSM-CUSM : Mme Rosana Faria dirigera une équipe dont les membres incluent Dr Tarek Hijal, Dre Susan Law, Mme Manon Allard, Dre Joan Zidulka, Dr Sergio Faria, Mme Lisa Kathryn Goldenberg, Dr Marc David, Dr George Michaels, Dre Laurie Hendren, Danielle Potas, Monique Ferland et Givette Volet.

Les lignes directrices du cancer de la prostate et le casse-tête de la gestion de cette maladie

Est-ce que la gestion de plus en plus complexe du cancer de la prostate résistante à la castration (CPRC) rend l’adhésion aux lignes directrices cliniques plus difficile? C’est ceci que la Dre Alice Dragomir, une chercheuse dans le domaine de l’économie de la santé et de la recherche évaluative, tente d’investiguer. Son étude de deux ans vise à comprendre jusqu’à quel point c’est le cas et quels sont les effets sur les issues cliniques.

« Le problème avec cette phase tardive du cancer de la prostate est qu’elle est très complexe et en constante évolution à cause du nombre élevé de médicaments maintenant utilisés pour traiter ce type de cancer », explique la Dre Dragomir. « En 2013, de nouvelles lignes directrices cliniques canadiennes ont été émises pour la gestion du cancer de la prostate résistante à la castration, donc nous voulions évaluer la qualité des soins reçus en mesurant l’adhésion à ces lignes directrices. »

L’équipe se penche sur les dossiers médicaux d’environ 500 patients atteints du CPRC au CUSM et à l’Hôpital général juif (HGJ). L’évaluation préliminaire des données du CUSM indique qu’en effet, les patients ne reçoivent pas toujours le traitement selon la séquence recommandée par les lignes directrices. Le travail est à poursuivre afin d’expliquer les différences observées.

« Par exemple, les lignes directrices cliniques stipulent que les patients symptomatiques doivent seulement recevoir de l’abiratérone [médicament contre le CPRC] à la suite du docétaxel (médicament de chimiothérapie); toutefois certains patients le reçoivent avant le docétaxel. »

Les préférences des médecins pour certains médicaments et les régimes d’assurances privées des patients qui permettent différentes séquences de traitement viennent aussi compliquer la gestion de cette maladie, en plus de l’introduction de nouveaux médicaments qui ne figurent pas encore sur la liste provinciale. La Dre Dragomir et son équipe examinent également ces facteurs pour voir s’ils mènent à des inégalités en matière d’accès aux soins.

Équipe CUSM-HGJ : Dre Alice Dragomir dirigera une équipe dont les membres incluent Dr Franck Bladou, Dr Fabio Cury, Mme Olga Guerra, Dr Wassim Kassouf et Dre Marie Vanhuyse.

 

 

 

 

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